chevron-down chevron-left chevron-right chevron-up home circle comment double-caret-left double-caret-right like like2 twitter epale-arrow-up text-bubble cloud stop caret-down caret-up caret-left caret-right file-text

EPALE

Plateforme électronique pour l'éducation et la formation des adultes en Europe

 
 

Blog

Le développement durable nécessite de nouvelles approches en matière d’éducation des adultes : un rôle pour les assemblées de citoyens

16/04/2019
by Camille POIRAUD
Langue: FR
Document available also in: EN PL HU RO DE

/epale/fr/file/citizens-initiativeCitizens initiative

Citizens initiative

[Traduction anglais-français : EPALE France

Auteur : Andrew McCoshan]

Le Dr Stephen Martin, membre du Fonds mondial pour la protection de la nature et conseiller auprès de la Commission nationale britannique pour l’UNESCO, explique pourquoi le changement climatique met au défi notre manière de résoudre les problèmes et se penche sur la façon dont les assemblées de citoyens peuvent nous aider à trouver les réponses.

 

L’éducation des adultes à la citoyenneté doit répondre à l’évolution rapide de la situation économique, politique, sociale, culturelle et écologique à l’échelle mondiale. La destruction de l’environnement et les diverses initiatives et actions menées par des individus, des communautés, des organisations et des mouvements tels que les jeunes « grévistes » pour le climat ou Extinction Rebellion, ont instauré un contexte d’urgence audacieux, propice à la redéfinition des secteurs de l’éducation des adultes à la citoyenneté et de l’apprentissage tout au long de la vie.

Toutes les tendances politiques s’emparent du débat sur la citoyenneté pour définir non seulement nos droits en tant que citoyens, mais, plus important encore, nos responsabilités en tant qu’acteurs du changement. Cette situation s’inscrit dans un contexte de baisse de la participation au processus démocratique, tant en Europe qu’aux États-Unis. Pourtant, nos systèmes politiques semblent incapables de répondre à l’échelle et à l’urgence de ce déficit démocratique et de la crise existentielle planétaire. 

 

Comment l’éducation des adultes devrait-elle répondre à ces enjeux ?

Les 17 objectifs de développement durable de l’ONU et les cibles connexes représentent une occasion sans précédent d’apprendre comment nous pouvons nous attaquer aux causes profondes du changement climatique, de la perte de biodiversité et de l’extrême pauvreté pour mettre le monde sur une voie plus durable. Et la mise en œuvre de ces actions est au cœur de la réforme de notre conception de la citoyenneté et de l’éducation. Mais comment les connaître et les mettre en pratique à l’âge adulte ?

/epale/fr/file/sustainable-development-goalsSustainable Development Goals

Sustainable Development Goals

Nous attendons tous que nos citoyens puissent avoir accès à l’eau potable, à un air pur ainsi qu’à des services d’éducation et de santé de qualité. Toutefois, je doute que tout cela fasse sens pour les adultes qui s’inscrivent à un cours d’appréciation des arts ou d’horticulture (ou, dans mon cas, qui sont aux prises avec l’italien ou avec leurs pas de danse de salon). En effet, nous constatons fréquemment que les questions de citoyenneté ont tendance à être mal accueillies lorsque nous les abordons dans le cadre d’activités de loisir.

Mais peu importe ce que nous pouvons ressentir face à ces questions existentielles du 21e siècle, l’humanité est de plus en plus confrontée, souvent sans même le savoir, à des problématiques complexes, des préoccupations telles que l’intolérance raciale et religieuse, la désinformation et les fausses nouvelles, la pollution de l’air, le terrorisme et l’aggravation des inégalités et de la pauvreté. De plus, lorsque, en tant que citoyens responsables, nous nous exprimons sur de tels enjeux par le vote, nous ne disposons que d’une compréhension relativement limitée de la façon dont ces questions contribuent à l’instabilité mondiale et dont elles peuvent être résolues.

 

Le développement durable a besoin de nouvelles approches

Bien que le concept de durabilité concerne l’ensemble de la biosphère, il se concentre surtout sur les modes de vie humains durables. Pour réussir à intégrer de telles habitudes, il est nécessaire que nous prenions tous tout un ensemble de décisions interdépendantes en matière d’alimentation, de logement, de moyens de subsistance, de santé, de transport, etc., dans un contexte où nos choix dans un domaine peuvent avoir des effets inattendus, peut-être même indésirables, sur les autres et sur notre environnement biophysique. Par exemple, choisir de travailler à domicile peut permettre d’économiser du carburant, mais peut aussi se traduire par une consommation encore plus importante en matière de chauffage. Pour être efficaces, nous devons donc apprendre à tenir compte de l’ensemble du système dans lequel nous vivons et pas uniquement de nos différentes activités, envisagées de manière séparée.

Le chemin vers la durabilité est un problème pernicieux (ou « wicked » en anglais) synonyme de complexité, d’incertitude, d’intervenants et de points de vue multiples, de valeurs contradictoires, d’objectifs difficilement identifiables et de terminologie ambiguë. En un mot, s’occuper de développement durable, c’est prendre en main un véritable capharnaüm, ce que la plupart des gens évitent, car ils se sentent mal équipés pour y faire face.

Les problèmes sanitaires, agricoles, financiers et écologiques auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés sont qualitativement différents des difficultés pour lesquelles les outils scientifiques, économiques, médicaux et politiques ainsi que les programmes éducatifs existants ont été conçus.

Et à défaut d’instruments adéquats, les apprenants confrontés à ces problèmes pernicieux risquent de se rabattre sur les mêmes vieilles boîtes à outils inappropriées et de récolter, au mieux, des résultats décevants. Ces approches concernent autant l’« identification » et l’« exploration » des problèmes que leur résolution.

 

Les assemblées de citoyens, des forums d’importance pour l’apprentissage des adultes

Comme beaucoup d’autres, il me semble que les apprenants ne peuvent faire face aux problèmes pernicieux de la durabilité sans apprendre à penser et à agir de manière systémique. Cette approche globale peut également être soutenue par le développement des assemblées de citoyens (une forme de démocratie délibérative), un outil pouvant appuyer la prise de décisions dans des domaines sociaux et environnementaux complexes.  

Une assemblée de citoyens : 

  • se compose de citoyens d’un État moderne qui se réunissent pour délibérer sur une ou plusieurs questions de portée nationale ;
  • est composée de membres choisis au hasard ;
  • utilise un échantillon représentatif de la population pour examiner les options qui s’offrent à l’État sur certaines questions complexes ;
  • propose des réponses à ces enjeux après avoir mené des débats rationnels et raisonnés et utilisé diverses méthodes d’enquête telles que l’interrogation directe d’experts.

Ces assemblées visent à rétablir la confiance dans le processus politique en s’appropriant directement la prise de décision et pourraient, si elles sont utilisées plus fréquemment et judicieusement, soutenir les citoyens qui souhaitent se positionner en tant qu’acteurs du changement. Elles pourraient également favoriser un apprentissage et une compréhension plus larges de la société civile fondés sur des preuves empiriques plutôt que sur des dogmes et des idéologies politiques.


Le Dr Stephen Martin est membre du Fonds mondial pour la protection de la nature et conseiller politique auprès de la Commission nationale britannique pour l’UNESCO. Il préside également Change Agents UK, et œuvre en tant que professeur honoraire à l’Université de Worcester et professeur invité en apprentissage de la durabilité à l’Université de l’Ouest de l’Angleterre.

 

Share on Facebook Share on Twitter Share on Google+ Share on LinkedIn