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Risques sociétaux associés aux programmes d'apprentissage en milieu de travail

17/07/2017
by Simon BROEK
Langue: FR
Document available also in: EN PL HU LV DE

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Work-based learning schemes risks

 

Au cours des dernières années, on a beaucoup insisté sur l'apprentissage en milieu de travail sous toutes ses formes, par le biais, notamment, de la formation, des stages et du bénévolat. Ces formes de développement des compétences sont considérées comme d'importants tremplins pour les jeunes et les personnes âgées souhaitant renouer avec le marché du travail et avec la société. Cet article de blog me donne l'occasion de discuter des résultats d'une étude réalisée par le Parlement européen, à laquelle j'ai eu l'opportunité de participer. J’ai été sollicité et mené la réflexion sur un aspect spécifique : les risques sociétaux liés à certains programmes d'apprentissage en milieu de travail.

Les jeunes qui intègrent le marché de l'emploi : des publics sensibles

Par rapport aux travailleurs adultes bien établis sur le marché du travail, les jeunes sont en effet plus sensibles à la conjoncture et aux crises économiques périodiques et ce pour plusieurs raisons, et notamment :

  • leur expérience professionnelle est insuffisante
  • leur éducation est parfois incomplète
  • ils bénéficient de contrats de travail plus précaires
  • lorsqu'il s'agit de chercher un emploi, leur réseau professionnel est limité
  • ils sont moins susceptibles de posséder les compétences recherchées par les employeurs.

Une fois diplômés, les jeunes qui ne sont pas en mesure d'opérer une transition rapide vers le marché du travail ont du mal à accumuler le capital humain, social et économique susceptible de les aider à progresser dans leur carrière. En restant en dehors du marché du travail (ou du système éducatif) de manière prolongée, ils augmentent leur risque d'exclusion sociale et économique.

Lorsqu'il s'agit d'intégrer le marché du travail, les jeunes défavorisés à de multiples égards, souffrant d'un handicap, ou simplement parce qu’ils sont des migrants ou ont un faible niveau d'éducation, sont confrontés à des difficultés particulières. C'est aussi la raison pour laquelle ils sont davantage exposés au risque d'exclusion sociale et économique.

L'apprentissage en milieu de travail est-il une solution ?

L'apprentissage en milieu de travail, et en particulier les contrats d'apprentissage, les stages, les formations et le bénévolat, peuvent contribuer à faciliter la transition entre l'école et le monde du travail. Concernant les compétences et les qualifications acquises et les résultats obtenus sur le plan professionnel, les études montrent que l'apprentissage en milieu de travail (que ce soit par le biais des contrats d'apprentissage, des stages, des formations et du bénévolat), constitue un tremplin qui facilite la transition entre l'école et le monde du travail.

Ces études montrent aussi que pour obtenir une meilleure qualité d'apprentissage en milieu de travail, il est préférable d'impliquer un tiers, en dehors de l'apprenant et de l'entreprise (lieu d'apprentissage). Cela peut être un prestataire EFP (généralement dans le cadre de l'apprentissage) ou le service public de l'emploi (certaines formes de stages). Il existe cependant de nombreux stages et programmes de bénévolat basés sur un accord contractuel entre le stagiaire/le bénévole et la société/organisation, dont l'organisation ne permet pas d'assurer une qualité optimale à la fois du « milieu de travail » et de l'apprentissage.

Le coût de l’acquisition de compétences passe du gouvernement aux employeurs et aux particuliers

Il est établi que ces programmes ne fonctionnent que si, à la base, les stagiaires et les volontaires y trouvent un bénéfice ; il faut aussi que ceux-ci soient capables de couvrir leurs dépenses courantes pendant qu’ils accomplissent un travail non rémunéré. Comme les stages sont généralement non rémunérés ou très peu payés, le coût de l’acquisition de compétences dans une profession particulière est externalisé et supporté non plus par le centre de formation mais par les employeurs, et, au final, par le particulier. Afin d’acquérir les compétences nécessaires pour entrer sur le marché du travail, le particulier est poussé à investir dans ces compétences parce qu’il n’y a pas d’autres moyens de les acquérir. Cet investissement signifie travailler dans l’entreprise, contribuer à la productivité et couvrir les dépenses courantes par d’autres moyens qu’un salaire. En ce qui concerne le volontariat, on constate un transfert similaire : le coût de l’acquisition de compétences au cours d’un stage est supporté par les particuliers parce que ne sont prévus ni dédommagement ni rémunération. 

L'apprentissage en milieu de travail accessible à tous ?

La prise en charge des coûts d'acquisition des compétences dépend du prix à payer : en effet, l'accès à l'acquisition de compétences est restreint pour les personnes issues de milieux économiquement défavorisés. Bien que l'acquisition de compétences par le biais des stages et des formations soit un bon tremplin pour trouver un emploi, les personnes dont les moyens financiers sont limités ont plus de difficultés à intégrer le marché du travail. Les personnes qui ont les moyens de prendre en charge leurs frais de subsistance sont plus à même d'accepter un travail bénévole et des stages et d'améliorer ainsi leur attrait face aux employeurs potentiels.

Alors que les systèmes éducatifs en Europe s'efforcent de promouvoir l'égalité d'accès à l'emploi, il n'en reste pas moins que ceux qui peuvent se permettre d'accepter des stages et des programmes de bénévolat sont mieux placés pour opérer la transition entre l'école et le monde du travail.

En conclusion, et cela vaut aussi bien pour les stages que pour le bénévolat, il est vrai que tant que les jeunes n’ont pas accès à ces formules sur un pied d’égalité (en raison de l'inégalité de revenus, les décideurs devraient réfléchir avant de recourir de manière systématique à cette solution lorsqu’il s’agit de lutter contre le chômage des jeunes et de faciliter la transition vers le marché du travail.

Ces risques sociétaux doivent être pris en considération dans le cadre de la réflexion sur les stages et les initiatives de bénévolat, comme celle récemment lancée par le Corps européen de solidarité.


Simon Broek a participé à plusieurs projets de recherche européens sur l'éducation, les questions du marché du travail et le secteur des assurances. Il a conseillé la Commission européenne, le Parlement européen et les agences européennes sur les questions liées aux politiques éducatives, à l'apprentissage tout au long de la vie et aux questions du marché du travail. Il est également le Principal associé au sein de Ockham Institute of Policy Support.

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  • Portrait de Joanna Kic-Drgas

    Tematy poruszone w artykule i komentarzu są bardzo aktualne. Uczenie oparte na pracy miało być przeciwwagą do teoretycznych rozważań, „możliwością” dla osób, które nie do końca radzą sobie z zagadnieniami teoretycznymi. Niemniej każde rozwiązanie niesie za sobą konsekwencje, jak np. te opisane w artykule. Ciekawym rozwiązaniem na poziomie studiów wyższych są studia dualne, które od wielu lat z powodzeniem funkcjonują w Niemczech i od kilku lat wprowadzane są także na uniwersytetach technicznych w Polsce a obejmują rozbudowane praktyki realizowane w ciągu całego roku bazujące na zasadzie uczenia się przez pracę (paralelnie z rozwojem wiedzy teoretycznej). 

  • Portrait de Maria Idźkowska

    Z zainteresowaniem przeczytałam artykuł dotyczący zagrożeń społecznych związanych z programami nauczania opartymi na pracy. Omówione w nim zostały wyniki badań przeprowadzonych w Parlamencie Europejskim w aspekcie zagrożeń społecznych związanych z niektórymi systemami nauczania opartymi na pracy. W sposób jednak dość ogólny sprecyzowano wnioski z tych badań, jak i w materiale zabrakło informacji jakie obszary tematyczne zostały w nich ujęte oraz jakie zawierały dane statystyczne, na podstawie których można wnioskować o faktycznej, przedstawionej w artykule sytuacji. Stąd zastanawiam się nad prawdziwością twierdzenia, cyt. „badania pokazują, że zarówno pod względem kompetencji, jak i zdobytych umiejętności oraz wyników związanych z zatrudnieniem, kształcenie oparte na doświadczeniu w formie praktyk zawodowych, staży i wolontariatu stanowi krok wsteczny w ułatwianiu przejścia ze świata edukacji do świata pracy.”  W związku z tym warto wskazać konkretny do nich link oraz doprecyzować źródła, odzwierciedlajace zakres prezentowanego problemu. Pozdrawiam.

    Maria Idźkowska - ambasador EPALE