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Comment faire comprendre au personnel de santé qu’il faut tenir compte du niveau des connaissances en matière de santé des patients?

14/12/2017
by Gina Ebner
Langue: FR
Document available also in: EN LV PL HU HR NL

/epale/fr/file/health-literacy-epale-0Health Literacy EPALE

Health Literacy EPALE

Le Dr Jaap Koot du Learning Community « Global Health » du Centre médical universitaire de Groningen explique pourquoi il est important que les professionnels de santé sachent comment procéder avec des patients qui ont un faible niveau de connaissances en matière de santé.

 

Comprendre les médecins

« Docteur, vous m’avez prescrit ces comprimés deux fois par jour. Dois-je prendre les deux comprimés le matin ou le soir ? »

A l’infirmière : « j’ai besoin de voir un docteur de la peau, mais, à la réception, ils m’ont adressé au département de dermatologie. »

Les professionnels de santé entendent ce genre de questions tous les jours. De nombreux patients ont des difficultés à comprendre les termes médicaux, à trouver leur chemin dans les établissements de santé ou à respecter les prescriptions médicales. Nous appelons cela « avoir un faible niveau de connaissances en matières de santé », ou une capacité limitée à comprendre et communiquer sur des problèmes de santé, ou à prendre des décisions relatives à la santé. Il s’agit d’un problème sérieux, parce que les personnes qui ont un faible niveau de connaissances en matière de santé attendent souvent trop longtemps avant de consulter un médecin. Pendant ce temps, leur problème de santé s’aggrave. Ils sont hospitalisés plus souvent, et rencontrent plus de complications médicales au cours du traitement. Ces personnes ont également plus de problèmes de santé que celles qui ont un meilleur niveau de connaissances en matière de santé.

En général, les patients qui ont un faible niveau de connaissances en matière de santé ont un niveau d’éducation et un statut socio-économique plus bas, et sont âgés. Il y a un lien étroit entre le niveau des connaissances en matière de santé et le niveau d’alphabétisation en général, même si des personnes alphabétisées peuvent également avoir un faible niveau de connaissances en matière de santé. Il y a quelques années, dans une étude menée en Europe, il a été estimé qu’environ 50 % de la population avait un niveau de connaissances en matière de santé insuffisant.

En tant que professionnels de la santé, nous avons le devoir d’informer les patients correctement, et de vérifier qu’ils ont compris nos explications et acceptent le traitement proposé. Aux Pays-Bas, cette obligation est même prévue dans la loi. Et cette question ne doit pas être prise à la légère. Au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, plus des trois quarts des plaintes déposées auprès de tribunaux disciplinaires contre des médecins concernent des problèmes de communication entre le médecin et le patient. Il est dans l’intérêt du patient, du médecin et de l’hôpital que nous traitions sérieusement les questions de connaissances en matière de santé.

/epale/fr/file/health-literacy-eaeaHealth Literacy EAEA

Health Literacy EAEA

Created by Meghna Jadhav, EAEA

Faire face à de faibles niveaux de connaissances en matière de santé

De plus en plus de mesures et d’initiatives sont prises afin de traiter le problème du faible niveau de connaissances en matière de santé de certains patients. Nous pouvons les classer en deux catégories : mesures d’autonomisation et mesures palliatives.

Les initiatives d’autonomisation du patient ont pour objectif d’augmenter le niveau des connaissances en matière de santé des patients et de les rendre capables de prendre des décisions relatives à leur santé. Parfois, ces initiatives sont prises dans le cadre de programmes d’éducation pour adultes et de cours d’alphabétisation, mais, souvent, elles sont spécifiques à une maladie (p. ex. au diabète ou à l’hypertension artérielle). Ce qui fonctionne bien, c’est le soutien du patient par d’autres malades. Des patients diabétiques en aident d’autres à comprendre leur maladie, à gérer leur traitement et à surveiller leur glycémie. Ces initiatives d’autonomisation demandent du temps et sont coûteuses. Elles sont en général prises en faveur des malades chroniques qui ont besoin d’un suivi à long terme. Nous ne disposons pas d’assez de temps et de fonds pour appliquer ces mesures d’autonomisation à des problèmes de santé plus simples ou à des traitements de courte durée.

Pour les maladies non-chroniques, nous devons adopter des méthodes palliatives, ce qui signifie que le professionnel de santé aide le patient à gérer son problème de santé. Le professionnel communique de façon à ce que le patient puisse le comprendre. Il prend plus de temps, utilise un langage simple, vérifie si le patient a compris ses explications. Dans le cadre de cette approche, les professionnels de santé informent les patients par des brochures qui emploient un langage simple, par des vidéos et des animations disponibles sur Internet, ainsi que par des applications à télécharger sur son téléphone portable. Le personnel médical fait également usage de technologies modernes, comme par exemple des capteurs, des textos et des distributeurs de médicaments automatisés. La dernière invention consiste en un cachet qui contient une micro-puce informant le pharmacien quand le patient a avalé le cachet. De cette façon, le suivi du traitement peut être vérifié, sans aucun effort de la part du patient.

 

Former le personnel de santé

Souvent les établissements de santé ne sont pas adaptés aux patients qui ont un faible niveau de connaissances en matière de santé : il est difficile pour ceux qui ne connaissent pas la terminologie médicale d’y trouver leur chemin. Les publications et panneaux d’information sont généralement rédigés dans un langage administratif ou médical, et les professionnels ne s’expriment pas dans un langage simple.

Des universités aux Pays-Bas et en Irlande ont imaginé ensemble une formation, dans laquelle, tout d’abord, les professionnels de santé analysent la situation dans leur propre établissement : « comment faisons-nous face aux faibles niveaux de connaissances en matière de santé de certains patients ?» ; ensuite, ils essayent de remédier aux lacunes avec l’aide de formateurs expérimentés. Cette formation ouvre les yeux de nombreux participants, qui découvrent qu’ils avaient surestimé leurs propres performances. Après avoir pris conscience de leurs lacunes, ils sont très motivés pour en apprendre plus sur le faible niveau de connaissances en matière de santé de certains patients et pour aider les patients qui rencontrent des difficultés. Ils travaillent sur des mesures concrètes pour adapter leur établissement à ceux qui ont un faible niveau de connaissances en matière de santé. Cette formation, dont la méthodologie et l’impact ont été testés, est maintenant prête à être déployée dans d’autres établissements de santé.

Au Centre médical universitaire de Groningen, nous avons désormais commencé à former les étudiants en médecine pour qu’ils puissent mener à bien leurs consultations avec les patients qui ont un faible niveau de connaissances en matière de santé. Nous leur enseignons les concepts et les principes généraux de la communication et nous les amenons à s’exercer par des jeux de rôle. Les étudiants prennent conscience qu’il n’est pas évident d’utiliser un langage simple et d’expliquer clairement ce qu’ils veulent dire. Ils sont conditionnés à penser en termes compliqués dès le début de leurs études de médecine. Désormais, les futurs médecins commencent cette formation dès la deuxième année d’études afin qu’ils puissent prendre conscience des problèmes que posent de faibles niveaux de connaissances en matière de santé et de la responsabilité de lever ces obstacles qui leur incombe en tant que futurs professionnels de santé.

Petit à petit, nous nous employons à offrir des soins de santé qui sont meilleurs parce qu’ils sont compréhensibles pour tous. Et, naturellement, avant même que ces lacunes soient tout à fait comblées, nous espérons que les patients continueront à être autonomisés par l’éducation des adultes, le soutien entre patients, et d’autres méthodes, afin qu’ils soient bien informés et capables de prendre les bonnes décisions pour leur santé et leur bien-être.


Jaap Koot est docteur en médecine, spécialisé dans la médecine tropicale et la santé mondiale. Il travaille en tant que doyen du Learning Community Global Health du Centre médical universitaire de Groningen. Il est membre du personnel du Department of Health Sciences de la Faculté de médecine et travaille au sein d’une équipe qui mène des recherches sur les niveaux de connaissances en matières de santé en Europe. 

 

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  • Portrait de Ilze Seglēre
    Lasot šo tekstu rodas secinājums, ka cilvēki ar zemām lasīšanas spējām daudz retāk saprot medicīnas terminoloģiju. Iespējams, šo situāciju varētu skaidrot ar to, ka mūsdienās cilvēki, kas lasa gan dažādas masu mediju publicētās ziņas, gan seko līdzi dažādām aktualitātēm, iepazīstas ar medicīnas terminoloģiju, spēj atrast dažādo definīciju skaidrojumu, vai arī rast atbildes tā (teksta) kontekstā. Iedzīvotajiem ar zemām lasīšanas spējām ir grūti uztvert un saprasts dažādos un sarežģītos zinātņu terminoloģiju, kur viens no cēloņiem varētu būt zemais izglītības līmenis vai arī nevēlēšanās piepūlēties meklējot atbildes un skaidrojumus. Savukārt, no otras puses, nereti arī medicīnas personāls nelīdz galam izskaidro pacientam slimības cēloņus saprotamā valodā, kā arī ārstēšanas pamatprincipus, kas tiks pielietoti, kur pamatcēlonis ir īsais laika periods, ko ārsts var veltīt pacientam, lai parunātu radošos un neskaidros jautājumus. Noteikti nepieciešams jautāt ārstam par neskaidrajiem jautājumiem uzreiz, nevis pēc nenoteikta laika. Pēc manām domām, arī medicīnas personālam būtu nepieciešams vienkāršākā veidā izskaidrot pacientiem slimības cēloņus un ārstēšanu, kā arī pārliecināties, vai pacients ir sapratis visu sniegto informāciju.
  • Portrait de Daiga Dzene
    Pēc savas nesenās pieredzes, varu spriest, ka pie šādas nepatīkamas ainas, pacienti un viņu izglītītības līmenis vien nav vainojami...protams, ierodoties medicīnas iestādē, lilelākoties, pacienti ir nobažījušies par savu veselību, naudas tēriņiem un laiku, ko zaudē gaidot rindās. Tāpat, situācijā, kad veselības aprūpes sistēma ir visai sarežģīta un starp privātām un valsts med. iestādēm ir milzīgas atšķirības organizācijā, pat cilvēki ar vairām augtākajām izglītībām var justies apjukuši. Personālam, it īpaši reģistratūrā, ir jābūt iecietīgiem, tolerantiem un pacietīgiem, neradot lieku stresu sev un pacientoem, kā arī pietaupot negācijas, kas nereti tiek izgāztas uz ārstiem, kavējot laiku.
  • Portrait de Inese Irmeja
    Arī es pati esmu piedzīvojusi to, ka sarunā ar ārstu ir grūti saprast sacīto, jo tiek izmantoti dažādi termini, kurus cilvēkam, kas nav padziļināti izglītojies medicīnas jomā, ir grūti saprast. Daudzas lietas, kas saistās ar medicīnisko terminoloģiju iemācās tieši tie, kuriem bieži ir veselības problēmas, kā arī cilvēki, kas profesionāli specializējas medicīnas jomā. Manuprāt, būtu svarīgi, lai, it sevišķi tagad, individiduālo kompetenču izglītības projekta ietvaros tieši skolēniem mācītu vairāk par veselības aprūpes sistēmu Latvijā, lai rastos plašāks iespaids par to, kā iedzīvotāji var par sevi rūpēties, kā iegūt sociālo nodrošinājumu saistībā ar veselības aprūpi utt. 
  • Portrait de Mariella Ciani
    I have always been convinced of the importance of health literacy. We must avoid these people follow the advice of their peers without understanding the degree of danger. I believe that a dedicated European project can be built on this topic.How to deal with this emergency? How to put in place good practices to avoid diseases or to understand them?
  • Portrait de Gina Ebner
    Agree! Dr Koot actually coordinated a large research project on health literacy for older people. You can find more information here: http://www.irohla.eu/home/ 
    Thanks, Gina