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L’alphabétisation et le « Parcours de renforcement des compétences »

11/09/2017
by Andrew McCoshan
Langue: FR
Document available also in: EN

/epale/et/file/literacy-and-upskilling-pathwaysLiteracy and Upskilling Pathways

Literacy and Upskilling Pathways

Andrew McCoshan, coordinateur thématique EPALE, examine les questions qui se posent quand on envisage l’alphabétisation dans le contexte de l’initiative de l’UE « Parcours de renforcement des compétences ».

L’un des buts premiers de cette initiative est de lutter contre l’illettrisme. C’est la raison pour laquelle il est utile de réfléchir à ce que l’alphabétisation implique dans les différentes composantes du programme.

Le programme « Parcours de renforcement des compétences » prévoit trois étapes principales :

  • une évaluation initiale des compétences de l’apprenant;
  • l’adaptation de l’offre de formation à ses besoins;
  • et un processus final de validation des nouvelles compétences acquises.

Il faudrait également réfléchir à la progression, puisque le programme prévoit que le dispositif amène les apprenants aux niveaux 3 et 4 du Cadre européen des certifications (CEC).

Alphabétisation et « Parcours de renforcement des compétences » : quelques questions sur le « comment ? »

Intégration

Comment intégrer des expertises et des ressources qui proviennent d’un large éventail d’organismes ?

 

Evaluation des compétences

Comment repérer les personnes qui pourraient bénéficier du programme et les enrôler en dépit de la stigmatisation sociale engendrée par leur faible niveau de maîtrise de l’écrit ?

Offre de formation

Comment intégrer l’alphabétisation à des formations qui ont d’autres buts ?

Comment combiner les apprentissages formels et informels ?

Validation

Comment adapter les processus de validation actuels pour y inclure l’alphabétisation ?

Progression

Comment créer des « tremplins » pour permettre l’accès à des qualifications de niveau 3 et 4 du CEC ?

 

Implication 

Comment travailler au niveau individuel et dans l’environnement social, communautaire et professionnel des apprenants ?

 

Évaluation des compétences

Le programme « Parcours de renforcement des compétences » commence par une évaluation des compétences mais, en amont, les professionnels vont devoir réfléchir aux moyens d’enrôler dans le programme des personnes qui ont un faible niveau de maîtrise de l’écrit. Naturellement, cet aspect constitue un défi. Paradoxalement, comme l’a souligné David Mallows, un faible niveau de maîtrise de l’écrit est, d’une certaine manière, facile à déceler mais il est souvent caché en raison de la stigmatisation sociale qu’il engendre. Enrôler des personnes dans le programme peut s’avérer difficile. Souvent, on aborde ce problème sous l’angle de la motivation, mais ce mot-même de motivation pose des difficultés. Il s’agit là d’une question complexe. Avant d’entamer une formation, les apprenants en mesurent, consciemment ou non, les coûts et les bénéfices, et, quand ils ont un faible niveau de maîtrise de l’écrit, la honte qu’ils en ressentent peut peser lourd dans leur décision et être difficile à surmonter.

 

L’offre de formation

L’initiative «Parcours de renforcement des compétences» prévoit une combinaison de modules de formation et de soutien construite autour des besoins des apprenants. Beaucoup de personnes ayant un faible niveau de maîtrise de l’écrit sont susceptibles d’avoir de mauvais souvenirs du système éducatif formel. Pour cette raison, il peut être nécessaire de combiner apprentissages formels et informels. Pour aller plus loin et contourner le problème de la stigmatisation sociale, on pourrait envisager un apprentissage caché ou « déguisé » dans lequel l’alphabétisation serait intégrée à d’autres formations qui auraient un but différent. Par exemple, la formation pourrait être construite autour de l’acquisition de compétences professionnelles mais contenir une bonne partie d’alphabétisation.

 

La validation

Il est important que les participants au programme voient les compétences qu’ils ont acquises reconnues. Actuellement, comme l’a souligné le Cedefop, les processus de validation qui permettent cette reconnaissance sont à des stades différents de développement à travers l’Europe. Souvent, ces processus sont assez bien développés pour les compétences professionnelles et il serait donc possible d’intégrer l’alphabétisation dans les dispositifs actuels.

 

La progression

Le faible niveau de maîtrise de l’écrit de certaines personnes les empêchera d’accéder aux qualifications de niveau 3 et 4 du CEC. Dans ce cas, des formations et qualifications «tremplins» composées de modules atteignables peuvent être nécessaires. Elles donneraient accès aux qualifications de niveaux 3 et 4. Une telle approche modulaire peut également donner aux participants la confiance nécessaire pour continuer à se former après avoir terminé le « Parcours de renforcement des compétences ».

Lutter contre l’illettrisme à travers les différentes étapes du programme nécessitera sans doute d’agir à un niveau individuel et dans les différents environnements sociaux, communautaires et professionnels des participants. Pour cela, il faudra adopter une approche qui rassemble et intègre des expertises et des ressources provenant d’un large éventail d’organismes, dont certains peuvent ne jamais avoir travaillé ensemble auparavant. Bien que cela puisse représenter un défi, le programme « Parcours de renforcement des compétences » constitue aussi une opportunité majeure, et, dans certains cas, inédite, d’y parvenir.


Andrew McCoshan a travaillé dans l'éducation et la formation pendant plus de 30 ans. Pendant plus de 15 ans, il a mené des études et des évaluations pour l'UE, et était auparavant consultant au Royaume-Uni. Andrew est actuellement chercheur et consultant indépendant, un expert ECVET pour le Royaume-Uni et associé de recherche principal au sein de l'Educational Disadvantage Centre de la Dublin City University, en Irlande.

 

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