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Impacts du numérique et des nouveaux usages sur les métiers du conseil en évolution professionnelle

14/04/2019
by André Chauvet
Langue: FR

Si les recherches et articles concernant les impacts du numérique sur les dispositifs de formation et de développement des compétences sont nombreux, ils sont plus rares concernant ses effets actuels et prévisibles sur l’activité de conseil. 

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Le cahier des charges du Conseil en évolution professionnelle 2020 vient d’être publié. Au delà d’une analyse du contenu, et des évolutions par rapport à la version précédente, ce texte permet d’analyser la manière dont les modalités de conseil sont abordées en terme de personnalisation du service. Le texte est finalement peu explicite : "Le conseil en évolution professionnelle est délivré en mode présentiel. Toutefois, en fonction de la nature de l'offre de service, du souhait et de l'autonomie de la personne, des services peuvent également être dispensés à distance (téléphone ou informatique). Ces services répondent alors aux mêmes exigences que ceux délivrés en présentiel"

Cette frilosité vis à vis de services autres que présentiels n’est pas nouvelle et elle s’explique. Difficulté à les qualifier et les quantifier, peur de délégation à la personne d’investigations complexes…les raisons sont multiples. Mais il nous semble important d’élargir la question. Ce n’est pas tant la question du présentiel qui se joue mais plus largement l’enjeu d’une évolution des modalités de service compte tenu des nouveaux usages. Trois points sont essentiels en terme de déplacement de l’expertise : l’accès direct aux ressources par la personne elle même sans intermédiaires ; la possibilité d’un travail d’exploration sous une forme auto consommée (le terme est explicite) avec l’arrivée de plateformes utilisant à la fois le Big Data et des algorithmes dans la sélection d’informations (voire de conseil) ; le développement de formes multi modales à la fois de travail sur les ressources et d’interaction avec le professionnel du conseil. Ces évolutions déplacent profondément les enjeux. Si le professionnel est irremplaçable, ce n’est plus exclusivement sur son expertise contenu mais bien dans sa capacité à aider la personne à faire des choix éclairés. Ceci nécessite de distinguer des processus de travail sur les données fondamentalement différents.

  • La mise à disposition des ressources (qui doivent bien sûr être fiables mais surtout opérationnelles, pour que les personnes puissent s’en servir).
  • La délivrance des informations : cela concerne la modalité d'accès : des informations de grande qualité ont peu d’intérêt si le public ne peut pas facilement y accéder et les utiliser.
  • La médiation de ces informations : cela implique une réflexion sur le destinataire, ses besoins et ses usages mais également la forme de cette transmission voire de cette intermédiation
  • La formation à l’utilisation des processus de recherche, ce qui renvoie plutôt à une dimension formative et méthodologique.

L’expert détenteur du savoir laisse progressivement la place à un facilitateur, un ensemblier, un professionnel qui est en capacité de faire des agencements inédits avec tous les acteurs d’un territoire au service de l’évolution professionnelle des personnes accueillies.  C’est donc bien dans la capacité à traduire, interpréter ces informations dans des situations chaque fois singulières que se joue le professionnalisme du service. C’est à ces conditions que l’on peut contribuer à permettre à chacun de faire des choix éclairés et à développer esprit critique et libre-arbitre.

On perçoit l’enjeu à un moment où le CPF monétarisé, à la main des personnes, sans intermédiaires, accessible via une application, modifie la donne sur de nombreux points : recherche de simplification d’usage (moins de procédures et de tiers) et transaction directe avec les prestataires de formation. Alors ce nouveau pouvoir d’achat est-il réellement du pouvoir d’agir ? Faciliter l’accès aux ressources donne t-il une garantie de choix éclairés ? On voit bien l’enjeu des mois à venir en terme service de conseil à rendre pour que chacun puisse réellement éclairer et exercer ses droits.

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2019/3/29/MTRD1909505A/jo/texte

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 André CHAUVET est consultant formateur dans les domaines du conseil en évolution professionnelle et de l'accomapgenment des parcours. Il est également coordinateur thématique EPALE France pour le thème des transitions professionnelles. 

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  • Portrait de Jean Vanderspelden
    Merci pour cette analyse qui montre bien que le numérique n'est pas seulement un "outil" (inégalement maîtrisé), mais aussi, un espace croissant d'interactions qui redistribue les cartes dans tous les services, y compris celui du conseil. La question de l'habilité de tous dans cet espace, riche et complexe, se pose. Jean / www.iapprendre.fr