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Elektronická platforma pro vzdělávání dospělých v Evropě

 
 

Blog

La plateforme numérique e-space campus du Consortium L@cces: outil de mutualisation de ressources pour personnes sourdes, et pour utilisateurs de la langue des signes, en formation initiale ou continue

21/09/2016
by Hélène Paumier
Jazyk: FR
Document available also in: EN

Ouverte en 2013, à l’initiative de trois universités fondatrices, l’Université Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, l’Université Paris IV Sorbonne et l’Université de Strasbourg, la plateforme numérique e-space campus , qui regroupe des établissements d’enseignement supérieur et de formation continue,a pour objectif initial de mutualiser des ressources pédagogiques et humaines au service de personnes sourdes, et de développer l’apprentissage de la langue des signes française et autres ( LSF, BSL ( British Sign language) ASL ( American sign language)). Des modules de formation (initiation à la Langue des Signes Française ou perfectionnement, Remédiation du français écrit pour les Sourds, Préparation au DCL LSF (Diplôme de compétences en LSF), Préparation au CAPES de LSF, Iinitiation à la LSF pour enseignants en poste en formation continue, permettent des apprentissages à distance (en e-learning) ou avec l’aide d’un tuteur/accompagnateur. L’équipe de formateurs est constituée de personnes qualifiées( notamment , professeurs sourds titulaires du CAPES de LSF) qui dispensent un enseignement reposant sur de nombreux clips LSF vidéos et sur d’abondantes activités pédagogiques permettant une individualisation des parcours et des formes d’interactivité par envoi de « devoirs » par les stagiaires inscrits qui en reçoivent le corrigé.

Le descriptif de ces formations se trouve sur le site : http://www.lacces.univ-bpclermont.fr.

Elles ont reçu le label européen des langues en 2014.

Des Formations pour faciliter ou perfectionner l’apprentissage des deux langues que sont la langue des signes et le français écrit

L’accès aisé à ces formations à distance, quel que soit le lieu de résidence des stagiaires (éparpillement sur l’ensemble du territoire), la possibilité de les suivre à leur rythme sans empiéter sur les horaires de travail, sont des atouts certains. Les concepteurs de ces cours et formations, ont pris en compte un des obstacles majeurs que rencontrent un certain nombre de Sourds : leur maîtrise approximative du français écrit. Les consignes, l’intitulé des activités, la démarche elle-même sont rédigés dans un français clair et précis qui en facilitent la compréhension immédiate. Le cours de remédiation du français écrit ( conçu en appui avec la DGLFLF ( Délégation générale à la Langue française et aux langues de France) )permet de façon progressive de repérer les principaux faits de langue qui posent couramment problème aux Sourds, de les analyser et de conduire à l’appropriation des formes correctes par des exercices de réemploi. Chaque leçon part d’un clip  LSF video qui fixe un contexte et, plongeant le stagiaire sourd dans sa langue première (la LSF), lui donne accès au français écrit, pour lui, langue seconde. De même, le Cours de préparation au DCL LSF attache beaucoup d’importance à l’explicitation du contenu de l’examen et à la clarification de toutes les consignes. Ces dernières, mal comprises, sont à l’origine de nombreuses erreurs. Cette « mise en accessibilité » facilite l’apprentissage tout en réduisant cette part de souffrance qu’alimente la conscience de ne pas « pouvoir y arriver ».

Des ressources pour faciliter l’insertion professionnelle des Sourds

La surdité, ce  «  handicap » invisible, est source de nombreux malentendus, de préjugés, voire de peurs. Les Sourds ne sont pas handicapés dès lors que l’on considère qu’ils ont une langue qui leur est propre, la LSF. Ils sont linguistiquement différents des entendants ordinaires, ce qui crée de nombreuses difficultés au plan de la communication. C’est donc cette situation problématique de la communication qui crée le handicap ; c’est l’aménagement de la situation qui lèvera l’obstacle ( et réduira considérablement l’isolement et la souffrance des Sourds, trop souvent dévalorisés dans le regard de la société entendante) , comme de nombreux travaux l’ont mis en lumière, ainsi qu’ un certain nombre de personnes sur les lieux de travail. Une réflexion en amont, avant l’embauche permet de s’assurer de la bonne appréhension du profil du poste, mais aussi des aménagements à apporter ainsi que de la sensibilisation des futurs collègues et du personnel d’encadrement. La loi du 11 février 2005 et l’introduction de la LSF dans les programmes d’enseignement de l’Education nationale ont contribué, pour leur part, à réhabiliter la langue des signes française, comme langue à part entière. Ceci a été un facteur valorisant pour la communauté sourde, d’autant que des jeunes entendants, de plus en plus nombreux, se sont mis à l’apprendre. Ceci va dans le sens de la création de lien social.

Une représentation erronée consistait à penser que les Sourds ne pouvaient effectuer que des travaux manuels. On s’est aperçu à quel point la LSF pouvait tout exprimer : des sentiments les plus subtils à des concepts abstraits. La scolarisation des jeunes sourds, comme celle des jeunes entendants, développe leurs compétences et leur permet de postuler pour toutes sortes d’emplois.

L’obtention du DCL LSF (qui est bilingue et évalue tout autant les compétences en LSF qu’en français écrit) est un atout sur un CV. Ce diplôme, reconnu officiellement, est une garantie aussi pour le futur employeur.

Le Consortium L@cces , en créant son Cours de préparation au DCL LSF (pour les modalités de cet examen, se rendre sur le site officiel du DCL) a souhaité proposer aux Sourds une certification professionalisante. Elle s’avère fort utile dans la perspective d’évolution de poste, selon des témoignages d’anciens stagiaires. Il est désormais du devoir de l’employeur de financer cette formation.

L’insertion professionnelle des Sourds est possible, dès lors que les préjugés négatifs s’estompent, que les entendants  changent la représentation qu’ils  ont des Sourds, que la surdité est démystifiée, et que les institutions continuent de lever les obstacles, notamment au niveau de la scolarisation et de la poursuite des études dans l’enseignement supérieur.

Mireille Golaszewski - Inspecteur général honoraire de l’Education nationale, Chargée de deux missions ministérielles successives (de 2005 à 2012) sur la scolarisation des élèves en situation de handicap auditif

 

 

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