Environnement

Lutter contre l’exploitation illégale des forêts dans le monde

26/04/2016

Depuis son entrée en vigueur, le règlement de l’Union européenne (UE) sur le bois permet de lutter contre le commerce illégal du bois et de garantir que le bois provient de sources légales partout dans le monde.

Cette constatation ressort d’un examen du règlement «Bois», réalisé par les États membres pendant les deux premières années de sa mise en œuvre, depuis son entrée en vigueur en mars 2013. Le règlement interdit la mise sur le marché européen de bois issus d’une récolte illégale et de produits dérivés de ces bois. Il soutient les efforts internationaux destinés à mettre un terme à la déforestation et à préserver la biodiversité, en garantissant qu’il n’y ait aucun marché pour les bois récoltés illégalement.

«Nous attendons tous que des mesures soient prises contre l’exploitation illégale des forêts.»




Karmenu Vella, commissaire européen chargé de l’environnement

Il est démontré que les importateurs européens vérifient plus rigoureusement les sources de leurs fournisseurs et que les consommateurs européens sont mieux sensibilisés aux conséquences de l’exploitation illégale des forêts. Cela permet de modifier les comportements sur le marché et d’inciter les pays producteurs à intensifier leurs efforts afin de prouver que leurs exportations sont légales.

Certains pays, comme l’Indonésie, qui ont mis en place des systèmes de contrôle des sources d’approvisionnement, enregistrent une augmentation des exportations vers l’Europe, l’un des plus gros consommateurs au monde. Ce phénomène envoie un signal fort aux autres partenaires commerciaux de l’UE.

L’ampleur du commerce illégal de bois et de produits dérivés de ces bois est difficile à estimer, en raison de la nature clandestine des activités d’exploitation illégale des forêts. «L’exploitation illégale des forêts a un coût réel», a expliqué Karmenu Vella, commissaire européen chargé de l’environnement. «Elle a notamment des conséquences sur le changement climatique, la perte de biodiversité et la dégradation des sols. Le trafic de bois peut également entraîner des activités de corruption ou des conflits financiers et prive les communautés locales de leurs moyens de subsistance économique.»

Des progrès sans complaisance

Malgré les premiers signes encourageants, les États membres et le secteur privé doivent déployer des efforts supplémentaires pour pallier les manquements en matière de mise en œuvre du règlement.

L’examen réalisé a indiqué que son application était au point mort dans certains pays de l’UE, en raison d’un manque de ressources. Toutefois, en juin 2015, seuls quatre pays ne respectaient pas pleinement le règlement: la Grèce, l’Espagne, la Hongrie et la Roumanie. La Commission européenne souhaite continuer de soutenir les États membres et de suivre leurs efforts.

Les organisations de la société civile jouent un rôle important dans le traçage du bois illégal. Par exemple, en dénonçant l’exploitation illégale des forêts dans l’État brésilien du Para, Greenpeace a permis de mener une action coordonnée par les pouvoirs publics belges, néerlandais et suédois, mais aussi de suspendre les exportations de certaines entreprises qui ne respectaient pas le droit brésilien. Les opérateurs européens ont à leur tour modifié leurs chaînes d’approvisionnement, afin de réduire au maximum les risques d’importations illégales.

Il faut du temps pour évaluer l’efficacité d’une nouvelle loi, mais la Commission va à présent envisager d’étendre la gamme des produits couverts par le règlement «Bois», sous réserve d’une analyse d’impact. Plus tard dans l’année, l’examen alimentera une évaluation plus vaste du plan d’action de 2003 relatif à l’application des réglementations forestières, à la gouvernance et aux échanges commerciaux.

 

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