Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Yémen

© Peter Biro/UE/ECHO.
Introduction

Le Yémen continue de faire face à la plus importante crise humanitaire dans le monde. Cinq ans après avoir débuté, le conflit dévastateur qui s’y déroule ne semble pas près de se terminer. Des millions de Yéménites continuent de subir les conséquences de combats intenses, de pénuries alimentaires, de la malnutrition, de catastrophes naturelles et d'épidémies, notamment de la récente pandémie de coronavirus. Le conflit est marqué par des violations flagrantes du droit international humanitaire, les civils et les infrastructures civiles étant notamment pris pour cible. L’UE est l’un des principaux donateurs d’aide humanitaire destinée aux Yéménites victimes de la crise.

Quels sont les besoins ?

Le conflit au Yémen continue de mettre en danger des civils, de provoquer des déplacements de population et d’endommager les infrastructures civiles, notamment les hôpitaux. Les importations de denrées alimentaires, de carburant et de médicaments restent limitées, entraînant des pénuries et des prix élevés. L’acheminement de l’aide humanitaire continue par ailleurs de se heurter à des obstacles et la situation est aggravée par l’effondrement de l’économie. Dans de nombreuses régions du pays, les stations d'épuration des eaux, les centrales électriques, les usines et les marchés ont cessé de fonctionner.

Début 2020, les invasions de criquets et les inondations ont ravagé plusieurs régions du pays. Les effets que pourrait avoir la pandémie de coronavirus suscitent des préoccupations croissantes et les Nations unies ont appelé à une trêve immédiate. Sur le terrain, cependant, les combats se poursuivent sur différentes lignes de front.
80 % de la population (soit 24 millions de personnes) a besoin d’une aide humanitaire ou de protection. Plus de 14 millions de personnes ont actuellement un besoin urgent de services de santé et 10 millions souffrent d'une grave pénurie alimentaire. La crise a par ailleurs durement frappé les infrastructures du pays et les services publics de base. La situation en matière de santé publique est catastrophique. Le Yémen est notamment aux prises avec une épidémie de choléra sans précédent: au total 2,3 millions de cas présumés ont été signalés entre avril 2017 et janvier 2020 selon l’Organisation mondiale de la santé.

Dans le cadre du projet intitulé «Armed Conflict location & Event Data Project» (ACLED), plus de 100 000 décès ont été enregistrés depuis le début de la crise, dont plus de 18 400 civils tués dans des attaques directes. L’année 2019 a été la deuxième année la plus meurtrière du conflit. Au cours des derniers mois, l’environnement est devenu de plus en plus restrictif pour les organisations humanitaires dans l’ensemble du Yémen. Les travailleurs humanitaires ont ainsi subi davantage d’incidents violents et rencontré des obstacles pour atteindre les personnes qui en avaient le plus besoin.

Carte Yémen
En quoi consiste notre aide ?

Depuis le début du conflit en 2015, l’Union européenne a alloué 896 millions d’euros pour faire face à la crise au Yémen, dont 554 millions d’euros d’aide humanitaire et 318 millions d’euros d’aide au développement.

L’assistance vitale de l’UE consiste notamment à fournir des denrées alimentaires, des soins de santé, des kits d’hygiène ainsi qu'un accès à l’éducation, à l’eau et à un hébergement aux populations déplacées et aux personnes qui vivent dans les zones touchées par le conflit. L’aide humanitaire financée par l’UE permet également de soigner les enfants souffrant de malnutrition sévère, qui sont exposés à un risque de mortalité élevé. En raison des récentes épidémies survenues au Yémen, la préparation et la réaction aux épidémies constituaient déjà, avant même la pandémie de coronavirus, une priorité de la stratégie de l’UE en faveur de ce pays. Afin de contrer l’épidémie de choléra, l’UE finance des centres de traitement de cette maladie et diverses activités de prévention. Elle soutient également les interventions d’urgence dans les zones touchées par la rougeole et par la diphtérie.

En raison de la menace que représente le coronavirus, les organisations partenaires de l’UE élaborent des plans de préparation aux situations d’urgence. Malgré les limitations concernant les déplacements et le transport aérien, elles mettent en place des mesures de prévention et de lutte contre les infections. Elles privilégient autant que possible les visites à domicile plutôt que les distributions massives d’aide et les séances de sensibilisation.

Les partenaires humanitaires de l’UE continuent également de prêter assistance aux populations présentes sur les fronts de guerre actifs dans le nord et le sud du pays, et se heurtent souvent à des restrictions d’accès et à des difficultés en matière de sécurité. Une attention particulière est accordée aux personnes ayant subi des blessures et des chocs psychologiques. Parmi les personnes déplacées à l’intérieur du pays, celles qui sont blessées ou en situation de handicap bénéficient de services complets de rééducation.

Le système éducatif déjà fragile du Yémen a été encore davantage affaibli par la guerre. Selon les Nations unies, une école sur cinq n’est plus utilisable, et ce directement en raison du conflit. L’UE soutient ainsi des projets dans le domaine de l'éducation qui visent à remettre en état des salles de classe et à permettre aux enfants de retourner à l’école.

L’UE soutient en outre les services aériens humanitaires des Nations unies (UNHAS), qui assurent un transport fiable des travailleurs humanitaires par voie aérienne et maritime. Ces services ont été temporairement suspendus en raison de la pandémie de coronavirus.

Dernière mise à jour
24/09/2020