Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Yémen

© UE, 2019 (photo : Peter Biro)
Introduction

Après presque 6 années de guerre, le Yémen demeure la plus importante crise humanitaire au monde. Des millions de Yéménites étaient déjà déplacés, démunis et en proie à la faim bien avant que la COVID-19 frappe le pays et que les retours de fonds vers le pays diminuent drastiquement.

Les agences lancent l’alerte sur le fait que les chances d’éviter une famine en 2021 deviennent infimes. Pour éviter un scénario catastrophe, il est nécessaire d’augmenter l’aide humanitaire, d’autoriser l’accès humanitaire et de s’attaquer aux causes politiques et économiques de cette crise. L’UE reste déterminée à maintenir son aide humanitaire pendant la crise au Yémen.

Quels sont les besoins ?

Le conflit au Yémen continue de mettre en danger les civils, d’engendrer des déplacements et de causer des dégâts au niveau des infrastructures, comme les hôpitaux et les écoles. Les restrictions sur les importations de nourriture, carburant et médicaments engendrent des pénuries et une montée des prix.

La recrudescence des violences sur diverses lignes de front en 2021 a engendré de nouveaux déplacements, tandis que les fortes pluies ont provoqué des inondations et des déplacements supplémentaires.

Les deux vagues épidémiques de COVID-19 ont pesé lourd sur des services de santé déjà fortement sollicités, dans un pays où le système de santé publique est au bord de l’effondrement. La pandémie a aussi privé des millions de Yéménites des fonds envoyés par leurs proches depuis l’étranger, au moment même où leurs revenus diminuaient en raison de la baisse des prix du pétrole, des mesures de confinement et autres restrictions.

Environ 70% de la population a besoin d’une aide humanitaire ou d’une protection. Quelque 16,2 millions de personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire, dont plus de 50% sont des enfants.

Le pays vit des conditions proches de la famine pour la première fois depuis 2 ans, et ce principalement dans les zones de conflit, de déplacement et où l’accès humanitaire est restreint. Les taux de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de 5 ans sont les plus élevés jamais enregistrés, avec plus de 500 0000 cas rien que dans le sud du pays.

En dépit de l’ampleur des besoins urgents, le travail des organisations humanitaires est extrêmement difficile car elles sont régulièrement victimes d’incidents violents et se heurtent à de nombreux obstacles et restrictions d’accès pour rejoindre les populations dans le besoin.

Carte Yémen
En quoi consiste notre aide ?

En 2021, l’UE a débloqué € 95 millions d’aide humanitaire pour les populations affectées par le conflit au Yémen.

Depuis le début de la guerre en 2015, entre autres financements, l’UE a contribué € 981 millions à la réponse à la crise au Yémen, dont € 648 millions d’aide humanitaire et € 318 millions d’aide au développement.

L’aide vitale de l’UE comprend une aide alimentaire, des soins de santé, une éducation, ainsi qu’un accès à l’eau, un hébergement, et un assainissement des services d’hygiène, dans les zones affectées par le conflit et auprès des populations déplacées.

L’UE contribue aussi à l’organisation d’une aide d’urgence et de soins de santé de base au profit des migrants qui transitent par le Yémen pour se rendre en Arabie Saoudite. En raison des mesures restrictives liées à la COVID-19, nombreux sont ceux qui se retrouvent bloqués sur place et exposés à la rigueur et aux abus d’un pays en guerre.

Compte tenu de la situation préoccupante sur le plan de la sécurité alimentaire en 2021, l’UE a débloqué plus de € 47 millions d’aide alimentaire, incluant des transferts en espèces, au profit des millions de Yéménites exposés aux pénuries alimentaires. Cette aide permet aussi de lutter contre la malnutrition et d’aider au traitement des enfants sévèrement malnutris dont la survie est menacée.

En raison des récentes épidémies, notamment une des pires épidémies de choléra de toute l’Histoire, la préparation et la réponse aux épidémies figuraient déjà parmi les priorités humanitaires dans le pays, bien avant la COVID-19, et sont désormais d’autant plus renforcées. Afin de réduire le nombre de malades et de décès liés aux maladies d’origine hydrique, l’UE finance aussi des projets à impact rapide, visant à réparer et rénover les infrastructures hydrauliques et sanitaires.

Les organisations partenaires de l’UE ont pris des mesures de prévention et de contrôle des infections pour endiguer la propagation de la COVID-19. L’objectif est de renforcer la sensibilisation et de piloter une approche de protection communautaire parmi les populations déplacées, pour protéger les plus vulnérables des risques d’infection grave.

Les partenaires humanitaires de l’UE continuent d’aider les populations sur les fronts de guerre, dans le nord et le sud du pays, mais sont souvent confrontés à des contraintes et défis en termes d’accès et de sécurité. Ils contribuent à l’amélioration des conditions de vie dans divers camps de déplacement à travers le pays, notamment en améliorant les hébergements, les réseaux électriques, l’accès à l’eau et l’assainissement.

Nos partenaires garantissent également que ces personnes aient accès à des vivres, une éducation et des soins de santé. Une attention particulière est accordée aux personnes ayant subi des lésions corporelles ou des chocs psychologiques, notamment dus à des mines ou munitions non explosées. Les blessés et handicapés bénéficient de services de revalidation complets.

Le système éducatif déjà fragile du Yémen a souffert des conséquences de la guerre. Certaines écoles ont été ciblées ou utilisées comme bases militaires, tandis que d’autres sont surpeuplées en raison de l’écrasant nombre d’élèves, notamment issus des communautés déplacées.

D’après l’ONU, 1 école sur 5 n’est plus utilisable en conséquence directe du conflit. L’UE finance des projets éducatifs qui visent à réhabiliter les salles de classe et ramener les enfants sur les bancs de l’école. Elle soutient aussi la sensibilisation au risque que constituent les mines, étant donné le haut niveau de contamination de la région après ces années de guerre.

Par ailleurs, le soutien de l’UE au service humanitaire aérien des Nations unies (UNHAS) permet aux travailleurs humanitaires d’accéder aux populations dans le besoin sur le terrain.

Dernière mise à jour
19/08/2021