Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Liban

© Union européenne, 2020 (photographe: Bernard Khalil)
Introduction

L’explosion qui s’est produite dans le port de Beyrouth le 4 août 2020 a été le dernier d’une série de malheurs qui ont frappé la population du Liban. Cette catastrophe est survenue dans une période de bouleversements politiques et économiques, la crise financière étant aggravée par la pandémie de coronavirus. Les réfugiés syriens représentent plus de 20 % de la population libanaise, ce qui constitue le rapport le plus élevé au monde entre le nombre de réfugiés et le reste de la population. Un nombre croissant de Libanais et de réfugiés sont de plus en plus vulnérables et démunis. Les équipes et les ressources de la protection civile de l’UE sont arrivées à Beyrouth quelques heures après l’explosion. L’UE maintient d’autre part son aide humanitaire au pays.

Quels sont les besoins ?

Exacerbée par la flambée de coronavirus et l’explosion du port, la situation désastreuse résultant de l’impasse politique et de la crise socioéconomique continue de réduire le pouvoir d’achat des habitants. Les Libanais et les réfugiés ont de plus en plus de difficultés pour acheter de la nourriture, payer leurs loyers et accéder aux soins de santé. L’explosion de Beyrouth a fait 200 morts et plus de 7 500 blessés. Les zones proches du port devant encore être réparées figurent parmi les plus pauvres de la capitale. Elles sont habitées par des Libanais vulnérables, des migrants et des réfugiés.

Peu favorable à l’intégration, le Liban a résisté à la création de camps officiels pour les réfugiés syriens. Cela a contraint de nombreuses familles à se loger dans des logements de mauvaise qualité, exposés à des conditions météorologiques pénibles. Avant la crise du coronavirus, la moitié des familles de réfugiés survivaient au jour le jour avec moins de 2,9 $ par personne et 58 % de leurs enfants d’âge scolaire n’étaient pas scolarisés. De récentes études ont montré que plus de 90 % des réfugiés se trouvaient en situation d’insécurité alimentaire et que 94 % d’entre eux étaient endettés.

Selon une enquête réalisée par l’ONU, 8 personnes âgées, handicapées ou souffrant de maladies chroniques sur 10 ont dû réduire leur consommation alimentaire lors d’un récent confinement. De nombreux réfugiés Syriens sont également dépourvus de documents d’identité, ce qui limite leur liberté de circulation, ainsi que leur accès aux services de base et à l’emploi. Devant la hausse des expulsions, les réfugiés envisagent de plus en plus de revenir en Syrie, où le conflit est entré dans sa dixième année.

Carte de Liban
En quoi consiste notre aide ?

Depuis 2011, l’Union européenne a apporté plus de 666 millions d’euros de fonds humanitaires destinés à répondre aux besoins urgents. Ce financement a surtout aidé les réfugiés syriens vulnérables mais aussi, et de plus en plus, la population libanaise touchée par la crise socioéconomique, la pandémie et les explosions du port de Beyrouth.

En réponse immédiate aux explosions du 4 août, près de 300 équipes européennes de recherche et sauvetage, de génie civil, d’experts chimistes et de personnel soignant ont été déployées à Beyrouth via le Mécanisme européen de protection civile. Plus de 1 000 tonnes d’aide en provenance des pays européens ont été livrées par l’intermédiaire de ce mécanisme, dont plus de 2 000 combinaisons de protection chimique, 50 tonnes de matériel médical, ainsi que des fournitures médicales et chirurgicales et des produits alimentaires. L’Union européenne a également organisé un pont aérien humanitaire, avec des vols et des ressources en provenance d’Europe.

Dans les jours et les semaines qui ont suivi les explosions du port, les partenaires humanitaires de l’UE au Liban ont entrepris d’assurer les premiers soins et les services ambulanciers, tandis que certains ont envoyé des équipes d’urgence pour réparer les habitations endommagées. 30 millions d’euros ont été débloqués pour aider les Libanais et les Syriens vulnérables touchés par les explosions, ce qui a porté le montant total de l’aide humanitaire de l’UE à 83,2 millions d’euros en 2020. L’aide supplémentaire est affectée à la réfection des habitations, à des soutiens en espèces pour contribuer au paiement des loyers et à d’autres dépenses essentielles, ainsi qu’à des aides à la protection, notamment l’assistance juridique et l’aide à la constitution des dossiers.

L’aide humanitaire de l’UE aux réfugiés syriens est essentiellement fournie sous la forme d’une aide en espèces polyvalente. Le reste vient répondre aux urgences ou aux besoins de protection et d’éducation.

L’aide en espèces réduit la vulnérabilité des bénéficiaires face aux difficultés socioéconomiques et aux menaces pesant sur leur sécurité, comme les expulsions et les risques d’exploitation. En 2019, 358 000 personnes ont bénéficié de ce type d’aide, utilisant cet argent principalement pour couvrir les besoins essentiels en matière de logement, d’alimentation et de soins de santé. En pleine épidémie de coronavirus, l’UE a encore renforcé l’aide en espèces aux réfugiés les plus vulnérables. Des équipes d’intervention rapide ont reçu une formation leur permettant de dispenser l’aide humanitaire dans les campements en cas d’expansion de la maladie. Les partenaires continuent d’assurer l’accès à l’eau salubre et à l’assainissement, aux produits de désinfection et aux soins de santé, tout en observant des mesures strictes en matière d’infection, de prévention et de contrôle. En 2019, plus de 500 000 Syriens réfugiés au Liban ont bénéficié de services de protection soutenus par l’Union européenne. En 2020, cet objectif est resté prioritaire au vu des signalements croissants de faits de violence, d’abus et d’exploitation de mineurs.

Toujours en 2019, l’aide humanitaire de l’UE a permis de garantir un accès à l’éducation à plus de 11 600 enfants syriens non scolarisés, facilitant ainsi leur transition vers le système scolaire officiel. La pandémie a incité les partenaires du secteur éducatif à trouver de nouvelles façons créatives d’interagir avec les enfants en utilisant la messagerie, les nouvelles technologies et l’enseignement à distance.

Dernière mise à jour
08/12/2020