Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Jordanie

Jordan Zaatari camp
© Union Européenne (photographe: Peter Biro)
Introduction

Lieu de sûreté pour les réfugiés depuis le début de la crise syrienne en 2011, la Jordanie accueille la troisième plus importante population de réfugiés syriens au monde. La majorité d’entre eux vivent en ville, tandis que les autres vivent principalement dans les camps d’Azraq et de Zaatari. Malgré la pression accrue qu’exerce l’afflux de réfugiés sur l’économie jordanienne, les communautés continuent de vivre en relative harmonie. Le quotidien des réfugiés et des Jordaniens vulnérables s’est récemment compliqué en raison des restrictions imposées des suites du coronavirus. L’UE est un important bailleur de fonds humanitaires en Jordanie, aidant notamment cette dernière à prendre soin des réfugiés et communautés qui les accueillent.

Quels sont les besoins ?

Selon l’ONU, 86% des réfugiés syriens en dehors des camps en Jordanie vivent en dessous du seuil de pauvreté. La plupart des familles syriennes dépendent de l’aide humanitaire pour couvrir leurs besoins fondamentaux, dans un contexte de coupes budgétaires dans l’aide humanitaire et de crise économique, aggravé par la pandémie de coronavirus. Contrairement aux camps, dans lesquels les services de base ont été maintenus et des mesures de sécurité ont été prises, en ville, les réfugiés et communautés qui les accueillent éprouvent des difficultés à accéder aux services de base et à gagner un revenu. Certains enfants réfugiés, au lieu d’aller à l’école, se voient envoyés au travail ou mariés à un âge précoce.  

En raison des mesures strictes imposées par le gouvernement jordanien face à la COVID-19, l’accès aux camps de réfugiés est fortement contrôlé. Congés et permis de travail ont cessé d’être octroyés aux Syriens dans les camps, en particulier après la hausse du nombre de cas de COVID-19 dans les camps d’Azraq et de Zaatari. Cela a également mené à la fermeture des écoles et centres communautaires. 

Quelque 10 000 personnes sont toujours bloquées dans une zone militaire interdite sur la frontière nord-est avec la Syrie, dans un quartier informel appelé Rukban. Ce quartier est essentiellement composé de femmes et d’enfants syriens. Depuis la pandémie de coronavirus, les personnes isolées n’ont plus accès aux services de santé et nutritionnels vitaux organisés en Jordanie. 

Avec des perspectives de retour en Syrie limitées, les réfugiés ont besoin d’un meilleur accès aux services sociaux, aux soins de santé et aux opportunités économiques pour pouvoir gagner en autonomie. 

Carte Jordanie
En quoi consiste notre aide ?

Depuis le début de la crise syrienne, l’Union européenne a alloué environ € 3,2 milliards à la Jordanie, sous forme de fonds humanitaires, d’aide au développement et d’aide macro-financière. De ce montant, l’aide humanitaire s’élève à plus de € 375 millions pour financer l’organisation de services comme des soins de santé, une aide alimentaire, une aide en espèces polyvalente et d’autres services de base tels qu’un hébergement, un accès à l’eau, un assainissement, une éducation, un soutien psychosocial et une protection. L’UE a versé à la Jordanie € 20 millions d’aide humanitaire en 2019 et € 15 millions en 2020.

L’aide humanitaire se destine aux réfugiés vivant dans les camps de Zaatari, d’Azraq et le camp de réfugiés jordaniens émiratis, ainsi qu’aux réfugiés syriens et d’autres nationalités vivant en ville ou à Rukban. L’organisation de services essentiels dans les villes et villages du pays profite également aux familles jordaniennes vulnérables. Divers programmes viennent répondre aux besoins spécifiques des femmes et enfants, qui représentent plus de la moitié de la population réfugiée. 

Depuis le signalement du premier cas de coronavirus début mars 2020, les partenaires de l’UE suivent de près la situation épidémiologique à l’intérieur des camps de réfugiés, sous la direction du ministère de la santé. Ils ont également renforcé les mesures de prévention et préparation et formé le personnel des établissements de santé. Des campagnes de sensibilisation ont été entreprises, qui garantissent également aux familles de réfugiés un approvisionnement en matériel de protection et produits d’hygiène. 

Pour répondre aux besoins en matière d’enseignement, les programmes financés par l’UE assurent une scolarisation de qualité des enfants vulnérables, y compris des enfants handicapés. Des approches innovantes sont adoptées pour aider les enfants déscolarisés à trouver leur place dans le système éducatif officiel. L’objectif est de parvenir à une éducation inclusive et à un environnement protégeant systématiquement les enfants vulnérables. Étant donné que les écoles demeurent fermées jusqu’à nouvel ordre, l’enseignement à domicile a été soutenu par le biais d’outils créatifs et d’un suivi par téléphone, vidéo ou chat. 

Les réfugiés syriens se trouvant en Jordanie sans papiers à jour sont vulnérables à l’exploitation et aux abus. L’absence de documents officiels limite leur liberté de mouvement et les empêche de pénétrer le marché du travail et d’accéder à des services aussi essentiels que les soins de santé ou l’enseignement. C’est pourquoi l’UE aide l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et un consortium d’organisations partenaires à régulariser le statut des réfugiés qui ne se sont pas correctement enregistrés, eux et leurs familles. Bien que la pandémie ait changé le visage des communications, les équipes d’enregistrement continuent d’opérer à distance à l’aide de technologies innovantes et de procédures sécurisées. 

Des engagements mutuels existent entre l’UE et la Jordanie à la suite des promesses faites lors de la conférence de Londres en 2016 et des conférences de Bruxelles sur la crise syrienne en 2017, 2018, 2019 et 2020. Les conférences de Bruxelles ont permis de mobiliser un soutien financier international pour les Syriens et les communautés qui les accueillent, tant en Syrie que dans les pays avoisinants. 

Dernière mise à jour
13/01/2021