Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Amérique du Sud

South America by Coopi
© COOPI
Introduction

L’Amérique du Sud est exposée à de multiples catastrophes naturelles, dont les effets parfois s’additionnent. Le changement climatique renforce également la fréquence et l’intensité de ces catastrophes liées aux phénomènes météorologiques et entrave la résilience des communautés les plus vulnérables. De plus, la région doit faire face à l’une des plus grandes vagues de déplacements de populations de son histoire : plus de 5,2 millions de Vénézuéliens sont allés chercher refuge dans les pays voisins d’Amérique du Sud. On en compte 1,8 million en Colombie, 363 000 en Équateur et 830 000 au Pérou.

Quels sont les besoins ?

La crise socioéconomique au Venezuela a entraîné l’exode de 5,2 millions de personnes, mettant les services publics et communautés d’accueil à rude épreuve.

En parallèle, en septembre 2020, l’Amérique latine demeure l’épicentre de la pandémie de coronavirus, avec des taux d’infection et de décès en forte hausse. De grands pans de la région présentant des vulnérabilités préexistantes, comme un accès restreint aux services de base, des moyens de subsistance fragiles ou de mauvaises conditions sanitaires, ont été durement touchés par la pandémie. Les établissements de santé et services funéraires se sont rapidement retrouvés débordés par les évènements, en particulier au Venezuela, aux frontières amazoniennes de la Colombie, du Pérou et du Brésil, et sur la côte Pacifique de la Colombie. La pandémie a très gravement touché la région des trois frontières de l’Amazonie avec le Brésil, la Colombie et le Pérou et menace d’infecter les communautés indigènes reculées vivant dans la forêt tropicale.

Outre la propagation du coronavirus, le changement climatique et l’imprévisibilité des évènements météorologiques ont également un impact négatif sur les moyens de subsistance et la résilience des populations vulnérables.

Lorsque survient une catastrophe, les besoins les plus importants se situent au niveau du logement, de l’alimentation et des produits de première nécessité, de l’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement adaptés, et des soins de santé de base. Il est également essentiel d’aider les populations touchées à recouvrer leurs moyens de subsistance. La priorité est également accordée aux besoins de protection des catégories de population les plus vulnérables après une crise.

Carte Amérique du Sud
En quoi consiste notre aide ?

Depuis 2018, l’UE a consacré € 156 millions d’aide humanitaire pour les Vénézuéliens vulnérables se trouvant à l’intérieur ou l’extérieur du pays, afin de leur fournir des soins de santé d’urgence, une aide alimentaire et une protection, et soutenir les communautés d’accueil.

Réagir face au nouveau coronavirus est devenue la priorité de l’UE. Pour cette raison, elle a mobilisé € 43,5 millions pour contenir la pandémie. Ce montant comprend tant les budgets spécifiquement alloués que les ressources redirigées depuis plus de 60 projets. L’ensemble des projets financés par l’UE comprennent des actions ciblées pour aider les personnes vulnérables à se protéger du coronavirus, notamment en leur garantissant un accès à l’eau, en menant des campagnes de sensibilisation, en distribuant des kits d’hygiène et en organisant des soins médicaux. Une attention particulière est prêtée à l’impact qu’a le virus sur les populations indigènes de la région. Dans le cadre de la réaction globale de l’UE face au coronavirus, une opération du pont aérien humanitaire consistant en 3 vols a permis de livrer du matériel vital de sauvetage au Pérou.

Entre 2016 et 2019, l’Union européenne a alloué € 12,7 millions de fonds humanitaires à des projets de réduction des risques de catastrophes (RRC) en Bolivie, en Colombie, en Équateur, au Paraguay, au Pérou et au Venezuela, ainsi qu’au renforcement des stratégies régionales de RRC en Amérique du Sud. Cela comprend € 2,25 millions en soutien à la réponse d’urgence et à la résilience dans le nord du Pérou, frappé par de sévères inondations en 2017, et € 3 millions à l’appui d’activités de résilience menées en Bolivie, également frappée par de graves inondations en 2014.

Le fonds annuel de préparation aux catastrophes de l’UE (DIPECHO) soutient les initiatives de préparation des institutions et communautés face aux catastrophes, violences et autres crises. L’UE soutient aussi les comités locaux de réponse aux catastrophes, l’établissement de plans d’urgence, la mise en place de systèmes d’alerte précoce, la création de campagnes d’information et d’éducation, le renforcement des infrastructures vitales (abris, écoles et hôpitaux), la protection des moyens de subsistance, ainsi que la promotion de la coordination entre les acteurs chargés d’anticiper les catastrophes ou d’y réagir. L’UE a assigné € 6,5 millions à des projets de préparation aux catastrophes pour la région en 2020. Ce financement vient s’ajouter aux budgets spécifiquement alloués aux contextes colombien et vénézuélien.

L’Amérique du Sud a aussi bénéficié d’un soutien immédiat au lendemain de catastrophes grâce au mécanisme européen de protection civile. Après le séisme meurtrier qui a secoué l’Équateur en 2016 et coûté la vie à plus de 650 personnes, l’UE a coordonné les opérations de secours et fourni une aide d’urgence de € 5 millions. En 2017 et 2019, l’UE a aussi déployé des experts et pompiers dans le cadre du mécanisme pour aider le Chili et la Bolivie à lutter contre les pires incendies de forêt jamais enregistrés sur le continent. Le mécanisme a également été activé pour faire face à la sécheresse en Bolivie en octobre 2016, aux plus graves inondations en 30 ans au Pérou en mars 2017, et pour fournir des conseils d’experts sur les risques environnementaux liés à la marée noire et sur l’intégrité et la stabilité des barrages en Colombie en 2018. En janvier 2019, un expert environnemental a été déployé par le biais du mécanisme pour soutenir la mission CADRI en Bolivie.

Compte tenu des changements sociaux auxquels la région se trouve confrontée, l’UE invite à la coordination entre ses partenaires humanitaires, la société civile et le secteur privé, afin d’apporter une réponse toujours plus efficace lors des crises dans cette région.

Dernière mise à jour
08/09/2020