Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

Service tools

Thaïlande, Malaisie et Indonésie

Thailand by IRC
© IRC/Andrew McConnell
Introduction

Considérés comme un refuge sûr par beaucoup, l’Asie du Sud-Est, et plus particulièrement la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie, accueille depuis longtemps un nombre considérable de demandeurs d’asile et de réfugiés de diverses nationalités, en quête de protection et d’assistance en dehors des frontières de leur pays d’origine. Toutefois, l’absence de cadres juridiques nationaux en matière de protection des demandeurs d’asile et des réfugiés fait que beaucoup se retrouvent fortement fragilisés puisqu’ils sont alors considérés comme des clandestins et se voient donc privés de leur droit fondamental à une protection.

Quels sont les besoins ?

La Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie sont les pays accueillant le plus de réfugiés en Asie du Sud-Est. Ils ne sont néanmoins pas signataires de la Convention de 1951 portant sur le statut des réfugiés. Bien que ces pays soient disposés à renforcer leur espace de protection, ce qui permettrait d’aboutir à une reconnaissance plus formelle des demandeurs d’asile et réfugiés, il n’y existe pour le moment pas de mécanismes nationaux de protection légale. Les demandeurs d’asile et réfugiés y sont donc officiellement considérés comme des migrants clandestins et ont besoin d’assistance.

Ces dernières années, une hausse sans précédent des flux migratoires mixtes a entraîné des retards toujours plus importants dans la prise en charge administrative des demandeurs d’asile et réfugiés urbains en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie. Les personnes demandant le statut de réfugié se retrouvent inévitablement confrontées à des délais d’attente pouvant durer jusqu’à deux ou trois ans, avant que le processus de détermination du statut de réfugié (DSR) soit achevé. Au cours de ces longues périodes d’attente, ces personnes se retrouvent donc exposées à une série de risques, notamment de détention, d’exploitation, de persécution et de difficultés sur le plan économique, puisqu’elles ne sont pas autorisées à travailler. On compte actuellement plus de 174 000 demandeurs d’asile dans ces trois pays de l’Asie du Sud-Est. La grande majorité d’entre eux vivent dans les capitales de ces pays ou en régions urbaines. En raison de leur situation géographique, ces trois pays sont également sujets à diverses catastrophes naturelles, allant des inondations, glissements de terrain, vagues de sécheresse, aux tsunamis, séismes et tempêtes tropicales. Comptant plus d’une centaine de volcans en activité sur son territoire, l’Indonésie connaît particulièrement bien les risques de séisme.

Carte région
En quoi consiste notre aide ?

En réaction au nombre croissant de demandeurs d’asile et de réfugiés en Asie du Sud-Est, l’Union européenne a investi en 2017 € 1,8 million dans des mesures de protection humanitaire en faveur des populations vulnérables se trouvant en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie. En 2016, l’UE a contribué € 300 000 d’aide en faveur des demandeurs d’asile et réfugiés de Thaïlande, par le biais d’une initiative pilote en matière de détermination du statut de réfugié (DSR).

Implémentée par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’initiative vise à accélérer le processus de DSR pour les demandeurs d’asile et les réfugiés se trouvant dans ces trois pays, dans l’objectif de réduire les importants retards administratifs accumulés dans le traitement des demandes de DSR. Cette action devrait permettre de réduire les temps d’attente, et ainsi améliorer la protection des réfugiés et demandeurs d’asile qui, sans statut juridique officiel, sont vulnérables aux risques de détention et autres risques associés en matière de protection, et sont mal équipés pour subvenir à leurs besoins et confrontés à des difficultés d’accès aux services sociaux de base. Un processus DSR plus rapide permettrait aussi d’en réduire l’impact psychologique sur les demandeurs d’asile qui vivent dans l’incertitude tant que leur statut n’a pas été clarifié. Une attention particulière est prêtée aux hommes, femmes et enfants particulièrement vulnérables, et ceux actuellement détenus. L’initiative devrait bénéficier directement à 13 350 personnes d’ici la fin du projet.

Grâce aux fonds de l’UE, le HCR a pu renforcer ses capacités de traitement des demandes de DSR, ayant été en mesure de statuer sur près de 6000 demandes de ce type entre juillet 2016 et juin 2017.

L’aide humanitaire de l’UE est active dans ces trois pays depuis plus de deux décennies, octroyant des fonds d’aide aux personnes affectées par les conflits et catastrophes naturelles. Plus récemment, en décembre 2017, l’Union européenne a débloqué € 100 000 pour soutenir l’organisation de secours pour les familles affectées par une série d’éruptions volcaniques du Mont Agung, sur l’île indonésienne de Bali. Depuis 2013, plus de € 1,1 million a été alloué à l’organisation d’une aide humanitaire d’urgence en faveur des migrants rohingyas et bangladais détenus dans les centres de détention et refuges pour migrants en Thaïlande et en Indonésie. En outre, l’UE a également fourni une aide humanitaire aux réfugiés du Myanmar/Birmanie résidant dans les camps situés le long de la frontière thaïlandaise entre 1995 et 2016, se concentrant principalement sur l’organisation d’une aide alimentaire et de premiers soins de santé. Le financement total s’élève à près de € 120 millions.

Dernière mise à jour
10/01/2018