Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Bangladesh

Bangladesh by Pierre Prakash
© UE/ECHO/Pierre Prakash
Introduction

Depuis des décennies, le Bangladesh constitue un lieu de refuge sûr pour les réfugiés rohingyas fuyant le Myanmar. Néanmoins, suite à la répression militaire généralisée dans l’État de Rakhine au Myanmar en août 2017, l’afflux massif de réfugiés rohingyas a aggravé la situation humanitaire au Bangladesh. Le pays est également l’un des plus sujets aux catastrophes naturelles dans le monde. Il est effectivement exposé à une série de risques naturels, comme les cyclones, inondations et séismes. Sa forte densité de population (1252 personnes/km2 en 2016) exacerbe l’impact de catastrophes pourtant localisées.

Quels sont les besoins ?

Le Bangladesh est aussi le lieu d’une des crises des réfugiés les plus complexes au monde : la crise rohingya. Cette minorité ethnique, religieuse et linguistique est sujette à l’exclusion et aux discriminations dans son pays d’origine, le Myanmar, poussant nombre de ses membres à se réfugier au Bangladesh depuis 40 ans. Après les majeurs épisodes de violence dans le nord du Rakhine en août 2017, plus de 700 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh, en quête de protection et d’assistance. La hausse soudaine et drastique des arrivées de Rohingyas dans le pays a fait peser un poids énorme sur les services humanitaires existants dans le district de Cox’s Bazar. La grande majorité de ces nouveaux arrivants n’ont pas obtenu le statut de réfugié et sont considérés par le gouvernement bangladais comme des ‘ressortissants sans-papiers du Myanmar’. Sans statut légal, ces derniers ne sont pas autorisés à poursuivre des études ou des emplois officiels au Bangladesh et demeurent vulnérables aux exploitations et autres risques graves affectant leur protection. Le nombre de Rohingyas actuellement enregistrés au Bangladesh est estimé à quelque 900 000 personnes, dont la grande majorité dépend de l’aide humanitaire.

Le pays étant de basse altitude et se situant au confluent de deux grands fleuves (le Gange et le Brahmaputra), la majeure partie de son territoire est souvent sujette aux inondations, glissements de terrain et cyclones saisonniers, ce qui en fait l’un des pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. La fréquence et les niveaux d’imprévisibilité et de gravité de ces catastrophes sont susceptibles d’être négativement impactés par le réchauffement climatique, la croissance démographique, la dégradation de l’environnement et la mauvaise maintenance des infrastructures – tous ces facteurs contribuant à renforcer les besoins humanitaires. La région du sud-ouest, plus particulièrement le district de Satkhira, a connu des cycles récurrents de saturation en eau, tandis qu’inondations et infiltrations salines ont aussi affecté la sécurité alimentaire et la subsistance des populations.

Carte Bangladesh
En quoi consiste notre aide ?

En 2018, l’Union européenne a investi € 36 millions d’aide humanitaire en faveur des réfugiés rohingyas vulnérables et de leurs communautés d’accueil dans le district de Cox’s Bazar. De ce montant, € 29 millions ont été alloués à l’organisation d’une aide alimentaire, d’un soutien nutritionnel, d’un accès à l’eau potable, d’un assainissement, d’un accès aux services de santé de base, ainsi qu’à l’organisation d’une protection pour les groupes les plus vulnérables. Les € 7 millions restants servent au renforcement des mesures de préparation à la saison des pluies, susceptible d’apporter avec elle des inondations, glissements de terrain, cyclones et raz de marée, dans le camp de réfugiés le plus densément peuplé du monde.

L’UE est active au Bangladesh depuis 2002, tant pour des activités de préparation aux catastrophes que des opérations de réponse d’urgence, et pour un budget total de € 204,4 millions. Le service humanitaire de l’UE fournit une aide vitale aux centaines de milliers de réfugiés rohingyas résidant dans le camp de fortune de Kutupalong et son extension (‘méga camp’), le site de Leda, le village de Shamlapur, le camp de Balukhali et d’autres campements spontanément apparus après l’afflux massif d’août 2017. En outre, l’UE continue également de financer une aide d’urgence pour les personnes affectées par les catastrophes naturelles.

En octobre 2017, lorsque d’importantes inondations ont dévasté de vastes territoires bangladais et affecté environ huit millions de personnes, l’UE a débloqué € 1,2 million pour répondre aux besoins les plus urgents des familles affectées. Plus tôt, en juin 2017, € 1 million avait été alloué à la réponse apportée au passage du cyclone tropical Mora, qui a affecté près de trois millions de personnes. L’aide octroyée priorise l’organisation d’un accès à l’eau potable, d’un assainissement, et la promotion de bonnes pratiques d’hygiène. Des allocations en espèces sont également prévues pour permettre aux personnes concernées de regagner un niveau de subsistance normal.

La préparation aux catastrophes, la réduction des risques de catastrophe et la résilience demeurent les premières priorités de l’UE au Bangladesh. Dans ce contexte, les partenaires de cette dernière continuent de soutenir le gouvernement bangladais dans le déploiement et la mise en œuvre de son ‘Ordre permanent concernant les catastrophes et Loi pour la gestion des catastrophes ‘ à l’échelle des communautés. Cela implique notamment de soutenir des initiatives décidées localement, comme la construction d’infrastructures résistantes aux inondations, la création de systèmes d’alerte précoce, ou encore la préparation aux catastrophes dans les écoles. L’UE, aux côtés de ses partenaires humanitaires, veille aussi à garantir que les moyens de subsistance des populations soient plus résistants aux catastrophes naturelles, de sorte à réduire leur vulnérabilité aux chocs et crises. Depuis 2001, l’UE a investi plus de € 30 millions dans des activités de réduction des risques de catastrophe et de renforcement de la résilience au Bangladesh, dont € 7 millions en 2018.

Dernière mise à jour
21/08/2018