Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Ouganda

South Sudanese refugees at Koluba transit centre. ©EU/ECHO/Anouk Delafortrie
Des réfugiés sud-soudanais au centre de transit de Koluba. © UE/ECHO/Anouk Delafortrie
Introduction

L’Ouganda est confronté à la crise de réfugiés connaissant la plus forte croissance au monde. En effet, le pays connaît un afflux continu de réfugiés en provenance du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo (RDC). Plus de 188 000 réfugiés, principalement issus de RDC, sont arrivés en Ouganda en 2018. La politique progressive de l’Ouganda vis-à-vis des réfugiés est de plus en plus sous pression en raison de l’ampleur de la crise. La plupart des réfugiés sud-soudanais (85%) sont des femmes et des enfants nécessitant une protection contre les risques d’exploitation et d’abus. Les services publics sont dépassés et les terres disponibles sont de plus en plus rares.

Quels sont les besoins ?

Les combats interethniques qui ont éclaté à Ituri, dans le nord-est de la RDC, à la mi-décembre 2017, ont contraint des milliers de Congolais à venir chercher refuge en Ouganda. Entre janvier et mai 2018, plus de 81 000 réfugiés sont arrivés en Ouganda en provenance de la RDC (HCR). Les combats soutenus et l’insécurité alimentaire grave et durable qui accablent de nombreuses régions du Soudan du Sud se sont aussi soldés par un afflux continu de réfugiés, avec plus d’un million de Sud-Soudanais venus trouver refuge en Ouganda. Puisqu’il n’y a pour le moment aucune perspective de solution politique au conflit sud-soudanais (entamé en décembre 2013), l’afflux de réfugiés sud-soudanais en Ouganda devrait se maintenir et les retours volontaires et dignes de ceux déjà présents dans le pays ne devraient pas pouvoir être organisés de sitôt.

Outre les réfugiés originaires du Soudan du Sud, l’Ouganda sert aussi de refuge aux personnes fuyant le conflit et la faim dans d’autres pays, comme en Somalie et au Burundi. L’Ouganda est ainsi devenu le premier pays d’accueil de réfugiés en Afrique. L’arrivée d’autant de réfugiés sur une période aussi courte a inévitablement conduit à des lacunes importantes en matière d’aide humanitaire. De nouveaux camps ont été créés et les camps existants ont été agrandis en vue de pouvoir accueillir les nouveaux arrivants, mais les besoins dépassent de loin les services disponibles en de nombreux endroits du pays, tandis qu’aucun terrain alternatif d’accueil pour les nouveaux réfugiés n’est actuellement disponible.

Les réfugiés en Ouganda ont le droit de circuler librement et de travailler. Ils ont aussi droit à un terrain pour construire un logement et y faire pousser des cultures. Mais au vu de la rareté de plus en plus fréquente des terres, cultiver n’est plus toujours une option et les moyens alternatifs de subsistance pour les réfugiés sont extrêmement limités. Les rations alimentaires ont été partiellement réduites et les salles de classe débordent, avec pour conséquence un taux important de décrochage scolaire.

Ouganda
En quoi consiste notre aide ?

En 2017, l’UE a alloué € 65 millions d’aide humanitaire à l’Ouganda, ainsi que € 20 millions d’aide à l’autonomisation des réfugiés.

L’Union européenne contribue des fonds humanitaires à la réponse aux besoins des réfugiés sud-soudanais (plus d’1 million de personnes) et congolais (plus de 285 000 personnes) qui se sont installés en Ouganda, notamment dans les régions du Nil-Ouest, du Centre-Ouest et du Sud-Ouest. Les nouvelles aides humanitaires de l’UE en 2018 visent en priorité à organiser des secours d’urgence rapides et de qualité pour les nouveaux réfugiés, en particulier ceux arrivant du Soudan du Sud et de RDC. Les fonds de l’UE permettent aux organisations humanitaires de fournir aux réfugiés une protection, un logement, une aide alimentaire, des soins de santé, un accès à l’eau potable et à l’assainissement, une aide nutritionnelle, et une éducation.

L’aide alimentaire fournie par l’UE en Ouganda prend exclusivement la forme de transferts d’espèces, ce qui offre plus de choix et de contrôle aux réfugiés sur ce qu’ils achètent, tout en donnant un coup de pouce à l’économie locale. Au vu de l’important nombre d’enfants déscolarisés, une autre priorité est la construction d’écoles et d’espaces réservés aux enfants pour fournir à ces derniers une éducation et une protection, et l’établissement de programmes éducatifs pour aider les réfugiés dont l’éducation a été interrompue à rattraper leur retard scolaire.

L’UE se concentre également sur un renforcement de la résilience et de l’autonomie des foyers les plus vulnérables, afin qu’ils deviennent moins dépendants de l’aide sur le long terme. Ce type de mesures est particulièrement efficace dans un contexte comme en Ouganda où les réfugiés sont autorisés à circuler librement, à travailler et à monter leur affaire. Ces aides sont stratégiquement liées au programme d’aide au développement de l’UE dans cette région, qui vient répondre aux besoins à plus long terme, via l’organisation de formations professionnelles pour les jeunes et d’un soutien de subsistance.

Dernière mise à jour
23/08/2017