Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Soudan du Sud

South Sudan by Albert Gonzalez Farran of Medair
© Albert Gonzalez Farran / Medair
Introduction

Depuis que la guerre civile a éclaté au Soudan du Sud en décembre 2013, les combats, violences sexuelles et violations des droits de l’Homme se poursuivent sans relâche, tandis que les livraisons d’aide humanitaire sont entravées par diverses restrictions et l’insécurité ambiante. Alors que le conflit dans cette nation entre dans sa cinquième année consécutive, l’insécurité alimentaire y a atteint des niveaux sans précédent. Les deux tiers de la population du pays sont confrontés à des risques de graves pénuries alimentaires. Cette crise de cause humaine a également un effet sur les pays de la région, où près de 2,5 millions de Sud-Soudanais sont allés chercher refuge.

Quels sont les besoins ?

Le conflit continue d’entraîner des déplacements de population et d’affecter le commerce local. L’approvisionnement des marchés locaux est faible, avec pour conséquence une hausse des tarifs alimentaires. Un an après la déclaration officielle d’une famine dans certaines régions du Soudan du Sud, la situation demeure fragile en termes de sécurité alimentaire. Le conflit affecte aussi les soins de santé et l’éducation. Seuls 22% des établissements sanitaires fonctionnent à plein régime (OCHA) et 5,1 millions de personnes ont besoin d’aide pour accéder aux soins de santé. La destruction et l’occupation des écoles se poursuit avec pour résultat une déscolarisation des trois quarts des enfants (UNICEF). 1,8 million d’enfants en âge d’aller à l’école ont besoin d’un accès à l’éducation, et 6,4 millions de personnes ont besoin d’une forme de protection, y compris contre les violences sexuelles.

En raison des déplacements de population et de la destruction des installations hydrauliques et sanitaires, 5,6 millions de personnes ont besoin de toute urgence d’un accès à l’eau potable, en particulier les populations ayant fui vers des zones marécageuses et donc plus vulnérables aux épidémies de maladies. Le conflit a déclenché un exode de masse vers l’Ouganda, le Kenya, l’Éthiopie et le Soudan. Le nombre de Sud-Soudanais déplacés, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, dépasse les 4 millions de personnes.

 

Carte Sudan du Sud
En quoi consiste notre aide ?

En 2017, l’Union européenne a contribué € 248 millions en réponse à la crise, dont € 122 millions pour les organisations humanitaires actives au Soudan du Sud et € 126 millions pour venir en aide aux réfugiés dans le reste de la région. Jusqu’ici en 2018, € 45 millions d’aide ont été alloués au Soudan du Sud et € 47,3 millions ont servis à répondre à la crise des réfugiés dans la région. L’UE alloue en priorité des fonds aux équipes de réponse et de préparation aux crises. Ces équipes réagissent aux nouvelles urgences en organisant une aide alimentaire, des dépistages sanitaires, des campagnes de vaccination, un accès à l’eau potable et l’assainissement, des distributions d’articles ménagers de première nécessité, une éducation en contexte d’urgence, et un logement pour les populations les plus démunies. Sur 1,76 million de personnes déplacées, près de 210 000 vivent aux abords des bases de maintien de la paix de l’ONU, sur ce qu’on appelle des sites de protection des civils. L’UE soutient les organisations humanitaires dans leurs efforts pour fournir des services de base, un logement et une protection aux populations qui en ont besoin.

Au vu des niveaux d’urgence de malnutrition signalés en divers endroits et des estimations de l’UNICEF prévoyant que 250 000 enfants souffriront de malnutrition sévère en 2018, des fonds humanitaires de l’UE sont investis dans l’établissement de centres nutritionnels où les enfants et les femmes enceintes ou qui allaitent peuvent bénéficier de soins et traitements adaptés. Comme au cours des années précédentes, l’UE a considérablement contribué à l’effort humanitaire en 2017, année au cours de laquelle 1,8 million d’enfants ont été vaccinés contre la rougeole, plus de 180 000 enfants ont bénéficié d’un traitement contre la malnutrition aiguë sévère, et 300 000 enfants ont pu accéder à une éducation. Les conditions annonciatrices d’une famine persistent néanmoins dans tout le pays et des milliers de personnes s’y trouvent déjà confrontées. L’UE a soutenu l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM) dans leurs efforts pour étendre l’aide alimentaire et les interventions nutritionnelles dans les zones difficiles d’accès qui enregistrent les plus importants besoins, et plus particulièrement à Jonglei, dans le Haut-Nil et plus récemment aussi dans les Équatorias. Les fonds de l’UE ont aussi permis de garantir que les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi requis soient encore disponibles en 2018.

Au vu des plus de 100 assassinats de travailleurs humanitaires déjà constatés depuis le début du conflit en 2013 et des enlèvements toujours plus nombreux de travailleurs humanitaires, l’UE appelle l’ensemble des parties au conflit à garantir un accès humanitaire libre, sécurisé et durable dans toutes les régions du pays, et à éliminer les obstacles bureaucratiques qui retardent les livraisons d’aide et facilitent les détournements de ressources rares.

Près de 2,5 millions de Sud-Soudanais ont fui vers les pays voisins. L’UE soutient les réfugiés en organisant une aide alimentaire, des logements, des soins de santé et nutritionnels, une aide psychosociale et une éducation, au Soudan du Sud et dans les pays d’accueil des réfugiés. Environ la moitié des réfugiés sud-soudanais sont des enfants de moins de 18 ans. L’UE finance également des programmes spécifiques de protection des mineurs non-accompagnés et des survivants de violences sexuelles et fondées sur le genre.

 

Dernière mise à jour
19/06/2018