Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Sénégal

© Union européenne/ECHO/Anouk Delafortrie
Introduction

Le Sénégal souffre de vulnérabilités chroniques et de risques saisonniers, en particulier dans le nord et l’est de son territoire, où l’insécurité alimentaire est importante et les taux de malnutrition aiguë dépassent régulièrement les seuils d’urgence. Les perspectives pour 2018 sont particulièrement inquiétantes ; la dernière saison des pluies a été erratique ce qui a engendré un sévère déficit en pâturages dans le nord du pays – importante menace pour le bétail et ceux qui en dépendent, ainsi que pour les récoltes. En conséquence, on compte au Sénégal plus de 750 000 personnes dans le besoin, et quelque 120 000 enfants souffrant de malnutrition auront besoin de soins nutritionnels vitaux.

Quels sont les besoins ?

Le territoire sénégalais se situe pour partie dans la bande du Sahel, où les récurrents chocs climatiques et la crise alimentaire érodent la résilience des populations les plus vulnérables. Cette année, le Sahel doit faire face à une grave crise résultant de l’effet combiné de pluies irrégulières, de l’inflation des tarifs alimentaires et de l’insécurité. Le nombre de personnes confrontées à des crises alimentaires et nutritionnelles est alarmant et le Sénégal n’est pas épargné. En 2017, on n’a compté que 16 jours de pluie dans le nord du pays. Ce manque de pluie a conduit à d’importants déficits en biomasse. Les niveaux de fourrage étaient similaires ou inférieurs à ceux de 2011-2012, année caractérisée par une extrême sécheresse. Cela a eu un impact néfaste direct sur les moyens de subsistance des communautés pastorales, car ces dernières dépendent de la capacité de leur bétail à pâturer, et de ceux qui dépendent d’une activité agricole de subsistance. En conséquence, la période dite ‘de soudure’ – période où les stocks alimentaires sont épuisés et l’insécurité alimentaire et l’état nutritionnel général des populations se dégradent rapidement, devrait déjà commencer en mars au lieu de juin.

Le dernier Cadre harmonisé – outil utilisé par les gouvernements et organisations humanitaires en Afrique de l’Ouest pour évaluer les besoins des populations – établit que 320 000 personnes sont actuellement en situation de crise en ce qui concerne leur sécurité alimentaire. Ce chiffre pourrait bien passer à 750 000 au moment du pic de la période de soudure.

Des taux très élevés de malnutrition aiguë ont été enregistrés dans cinq régions du Sénégal. Plus de 484 000 personnes auront bientôt besoin d’une aide nutritionnelle, parmi lesquelles 120 000 enfants et 25 000 femmes enceintes ou qui allaitent.

Carte Sénégal
En quoi consiste notre aide ?

Au Sénégal, le service de la Commission européenne chargé de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes (ECHO) soutient le traitement de 20 400 enfants de moins de cinq ans souffrant de dénutrition sévère – l’équivalent de 17% des enfants affectés par la forme de malnutrition la plus sévère et aux chances de survie les plus faibles. La Commission fournit des fonds aux organisations humanitaires pour qu’elles soutiennent les centres de santé traitant les enfants souffrant de dénutrition sévère. La Commission finance également une aide alimentaire, sous forme de dons en nature et de transferts d’espèces, à destination des familles vulnérables des régions à haut risque, afin d’éviter que leur situation ne se détériore.

Au cours de cette année particulièrement difficile, un soutien renforcé sera nécessaire pour aider les foyers en situation de crise et d’insécurité alimentaire. Ce soutien pourra prendre la forme d’une aide alimentaire inconditionnelle (transferts d’espèces, distribution de rations alimentaires ou de coupons à échanger contre des vivres) ou de distributions d’intrants agricoles pour améliorer la production agricole et pastorale. En outre, au vu du nombre d’enfants souffrant de malnutrition sévère qui devrait atteindre les 23 000 individus en 2018, il sera aussi essentiel d’organiser des dépistages et traitements pour les enfants souffrant de dénutrition, ainsi que de prévenir et mieux gérer la malnutrition aiguë chez les femmes enceintes.

La réduction des risques de catastrophe est une autre priorité pour le Sénégal. Des activités visant à atténuer les risques liés aux chocs climatiques sont organisées dans des endroits où une aide alimentaire et nutritionnelle a été ou est en train d’être fournie. De cette façon, une réponse en renforce une autre et l’aide est octroyée de manière plus intégrée. Les zones géographiques sélectionnées pour ce type d’aide sont celles les plus affectées par l’insécurité alimentaire et la dénutrition. L’objectif est, d’une part, de renforcer la résilience des populations face à de multiples risques et d’autre part, de renforcer les moyens nationaux et locaux en matière d’analyse, de préparation et de réponse aux catastrophes naturelles, en particulier via des systèmes d’alerte précoce fonctionnels et des services résistants aux chocs dans les secteurs de la santé et du traitement de la dénutrition.

En plus de couvrir les besoins les plus immédiats, ECHO travaille en étroite coordination avec le service de la Commission chargé du développement et de l’aide à plus long terme (DEVCO) au renforcement de la résilience des populations les plus vulnérables. Alors que les travailleurs humanitaires réagissent aux urgences, les organisations d’aide au développement ont pour mission de répondre aux causes profondes des crises.

Dernière mise à jour
19/04/2018