Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Mozambique

© PAM/Falume Bachir, 2020
Introduction

La situation humanitaire au Mozambique s’est considérablement détériorée en 2020 en raison du climat d’insécurité et de violence armée qui règne dans sa province septentrionale du Cabo Delgado. Plus de 300 000 personnes sont désormais déplacées à l’intérieur du pays et l’on estime qu’au moins 700 000 ont besoin d’une aide humanitaire immédiate. Cette crise est d’autant plus inquiétante dans un pays qui compte déjà parmi les plus pauvres et les plus sous-développés du monde. Les financements européens soutiennent l’aide aux personnes déplacées, la préparation aux catastrophes et l’assistance alimentaire.

Quels sont les besoins ?

La province du Cabo Delgado, au nord du Mozambique, est en proie aux violences armées depuis près de trois ans. La situation s’est considérablement détériorée en 2020, avec une nette augmentation du nombre et de la portée des attentats perpétrés par des groupes armés et de leurs conséquences humanitaires. Le nombre total des victimes de cette violence armée, de 2017 à septembre 2020, est estimé à 1 982. De nombreux secteurs touchés par les affrontements ne se sont pas encore remis du passage du cyclone Kenneth, qui a dévasté la zone en avril 2019.

Des phénomènes météorologiques extrêmes (inondations, cyclones, sécheresse...) se produisent régulièrement au Mozambique et deviennent plus fréquents et plus graves en raison du changement climatique. L’Afrique australe se réchauffe environ deux fois plus vite que le reste du monde et le Mozambique est particulièrement touché. Avec la troisième année consécutive de sécheresse, les familles trouvent à peine de quoi se nourrir, ce qui leur laisse peu de temps pour récupérer. Près de 2 millions de personnes sont menacées par l’insécurité alimentaire. Pour la première fois dans l’histoire du pays, deux cyclones tropicaux destructeurs ont frappé le Mozambique en 2019, faisant plus de 600 victimes. Certaines familles vivent encore dans des camps.

Comme la plupart des pays d’Afrique australe, le Mozambique a signalé des cas de coronavirus. Les partenaires de l’UE adaptent leurs programmes afin de livrer des équipements de protection individuelle (EPI), de fournir des installations d’hygiène élémentaire, comme des postes de lavage des mains, et d’assurer des activités de sensibilisation et de respect des mesures de distanciation sociale lors de la distribution de l’aide. Tout cela est réalisé parallèlement à l’ensemble des composantes de leurs projets.

Map of Mozambique
En quoi consiste notre aide ?

En juillet 2020, l’UE a débloqué un budget supplémentaire de 5 millions d’euros pour répondre aux besoins les plus urgents de la population touchée par les conflits dans le nord du Mozambique. Cette somme inclut une aide multisectorielle, la priorité étant accordée à la protection et aux domaines d’interventions associés : abris; articles non alimentaires; eau, assainissement et hygiène; aide alimentaire humanitaire; santé; coordination; gestion de l’information; suivi des situations humanitaires.

En 2020, un montant total de 14,6 millions d’euros a été alloué pour répondre aux besoins humanitaires au Mozambique. Cette somme comprend les 5 millions d’euros déjà mentionnés pour les populations touchées par le conflit dans le nord du Mozambique, 6,1 millions d’euros pour la préparation aux catastrophes et l’éducation dans les situations d’urgence et 3,5 millions d’euros pour l’aide alimentaire dans les zones frappées par la sécheresse.

Alors que l’intervention d’urgence dans le nord du pays devient une priorité humanitaire, l’UE maintient ses engagements en matière de préparation aux catastrophes au Mozambique. Une préparation suffisante et une action rapide peuvent limiter les conséquences des catastrophes naturelles et contribuer à éviter que des vies, des moyens de subsistance et des biens ne soient perdus. C’est pourquoi l’Union européenne soutient des actions visant à renforcer la capacité des communautés et aide les autorités locales et nationales chargées de la gestion des catastrophes à se préparer et à réagir.

Plusieurs projets financés par l’UE utilisent des technologies et des approches innovantes. C’est le cas notamment avec les drones utilisés après le cyclone Idai, au Mozambique et au Malawi, pour cartographier les zones à haut risque, ou l’usage des SMS pour avertir les communautés de dangers imminents. Une attention accrue est accordée à la préparation aux catastrophes dans les écoles grâce à la promotion de centres d’enseignement sûrs, à la formation des enseignants aux alertes précoces et aux informations dispensées aux enfants pour leur apprendre à se protéger. S’appuyant sur les enseignements tirés lors des inondations de 2019, la Commission européenne a également œuvré à la mise en place de mesures d’urgence stratégiques destinées à accélérer et à faciliter la réponse aux risques naturels sur le plan logistique.

Dernière mise à jour
21/10/2020