Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Burundi

Burundi
© UE/ECHO/Anouk Delafortrie
Introduction

En proie à l’instabilité et aux conflits ethniques depuis l’indépendance, le Burundi a plongé dans une nouvelle crise en raison des élections présidentielles contestées de 2015 qui ont provoqué un exode massif. Soixante-quinze pour cent des Burundais luttent pour surmonter les pénuries alimentaires, la malnutrition et les maladies. Plus de 480 000 Burundais sont toujours déplacés, que ce soit à l'intérieur même du pays ou dans les pays voisins. L’UE apporte depuis longtemps un soutien à ces réfugiés, ainsi qu’aux réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo (RDC) qui ont fui au Burundi.

Quels sont les besoins ?

La malnutrition chronique chez les enfants burundais est la plus élevée au monde. Les Nations unies estiment que près de deux millions de personnes au Burundi auront besoin d’une aide humanitaire en 2019. Elles souffrent de malnutrition, d’épidémies ou de pénuries alimentaires résultant de la crise socio-économique et de la baisse de la production agricole. De fortes inondations ont provoqué le déplacement de milliers de personnes en 2018 et ont détruit les récoltes et les moyens de subsistance des populations. L’épidémie d’Ebola dans la RDC voisine constitue une menace et exige des mesures de préparation.

La majorité des réfugiés burundais vivent dans trois camps fermés en Tanzanie. Ils dépendent de l’aide internationale pour leurs besoins fondamentaux. Depuis la mise en œuvre d’un plan de retour volontaire en septembre 2017, près de 58 000 réfugiés ont été rapatriés au Burundi. En août 2018, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a demandé instamment à la Tanzanie de veiller à ce que les retours soient volontaires et à ce que les personnes ne soient pas contraintes à quitter les camps. Le Burundi lui-même accueille également 75 000 réfugiés qui ont fui les conflits et les conditions de vie difficiles en RDC.

En quoi consiste notre aide ?

L’Union européenne suit de près la crise au Burundi et a fourni près de 14 millions d’euros d’aide humanitaire en 2018. Les fonds sont alloués aux organisations humanitaires internationales qui assistent les réfugiés burundais en Tanzanie et au Rwanda, ainsi qu’aux réfugiés congolais qui ont fui au Burundi.

Au Burundi, les fonds humanitaires de l’UE permettent de fournir de l’eau potable et des équipements sanitaires aux personnes déplacées et améliorent la protection des populations vulnérables. En mai 2018, des fonds ont été débloqués pour répondre aux besoins urgents des familles touchées par les inondations dans la région de Gatumba, à 12 km de la capitale Bujumbura. Elles ont bénéficié d’abris, d’une aide alimentaire, de couvertures, de moustiquaires et d’un accès aux soins de santé.

À la suite de la dixième et pire épidémie d’Ebola à ce jour en RDC, l’UE aide la Croix-Rouge à renforcer les mesures de préparation et de prévention au Burundi et dans d’autres pays voisins. En outre, l’aide humanitaire de l’UE permet l’enregistrement des réfugiés burundais dans les camps et les installations dans la région, souvent une condition préalable à l’obtention d’une aide. L’aide couvre également les besoins essentiels tels que l’aide alimentaire, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, les soins de santé et la protection.

En Tanzanie, où la majorité des réfugiés burundais (222 000 au total) réside dans les camps de Mtendeli, Nduta et Nyarugusu, les capacités et les ressources sont exploitées au maximum. Depuis septembre 2017, près de 58 000 réfugiés en provenance des camps ont regagné volontairement leur pays, à la suite d’un accord tripartite entre le HCR et les gouvernements du Burundi et de la Tanzanie. Le rythme des retours a considérablement ralenti en 2018, la propension des réfugiés à retourner au Burundi ayant diminué en raison des préoccupations liées à la situation dans leur pays d’origine. Les agences des Nations unies soutiennent donc le processus de retour volontaire, mais ne le promeuvent pas.   

L’aide humanitaire dans les camps de Tanzanie est axée sur les programmes de protection, l’approvisionnement en eau potable et la fourniture d’équipements sanitaires. Les groupes particulièrement vulnérables, comme les personnes âgées, les familles monoparentales, les personnes ayant survécu à des violences sexuelles et les personnes souffrant d’un handicap, de maladies chroniques ou d’albinisme, bénéficient d’une assistance et d’une protection. Les organisations humanitaires financées par l’UE ont adopté des mesures visant à réduire les risques de violence et d’abus dans les camps de réfugiés, tout en aidant les victimes de violences. La modernisation des services de soins de santé ainsi que de l’approvisionnement en eau et des installations sanitaires a joué un rôle important dans la prévention et la lutte contre les épidémies telles que le choléra.

Dernière mise à jour
08/02/2019