Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Transferts en espèces et bons d’échange

© NRC/ Christian Jepsen
Qu'Est-ce que c'est?

Lors de certaines crises humanitaires, des biens et des services sont disponibles sur le marché, mais les populations touchées n’ont plus les moyens de les acquérir. Dans de tels cas, les transferts en espèces et l’octroi de bons d’échange permettent de garantir que l’aide humanitaire bénéficie à ceux qui en ont le plus besoin. Les bons d’échange donnent accès à des produits de base et à des services prédéfinis, tandis que les transferts en espèces ne sont soumis à aucune restriction et permettent aux bénéficiaires de subvenir à leurs besoins fondamentaux tels que l’acquisition de produits alimentaires et non alimentaires. La remise d’argent liquide et de bons d’échange se fait en toute sécurité par l’intermédiaire de plusieurs systèmes, auxquels participent notamment des prestataires de services financiers et des opérateurs de téléphonie mobile.

Pourquoi est-ce important?

Il est largement démontré que les transferts en espèces sont souvent plus efficaces et ont un meilleur rapport coût-efficacité que d’autres formes d’aide, comme en témoignent plusieurs rapports, notamment le rapport intitulé Doing cash differently (ODI, 2015) et la note stratégique Cash Transfers in Humanitarian Contexts (World Bank Group, 2016). Les espèces et les bons d’échange bénéficiant de coûts de transaction réduits, une part plus importante de l’aide parvient directement aux bénéficiaires; les effets de l’aide sur les personnes dans le besoin sont dès lors maximaux, et le rapport coût-efficacité pour les donateurs et les contribuables est plus grand. Les transferts en espèces garantissent par ailleurs une aide plus large et plus digne aux personnes dans le besoin, étant donné que ces dernières peuvent choisir ce qu’elles acquièrent en fonction de leurs priorités. Enfin, l’aide en espèces soutient les marchés locaux, jette les bases du redressement et de la résilience des communautés, et peut compléter les systèmes de protection sociale existants.

Il convient de planifier soigneusement l’aide humanitaire en espèces afin d’éviter qu’elle ait des effets non désirés et ne produise, par exemple, une inflation ou des déséquilibres sur les marchés locaux en parvenant aux groupes vulnérables. L’analyse des marchés locaux fait partie de l’évaluation des besoins réalisée avant la mise en place d’un programme, et les autorités locales y sont toujours associées. Dans la plupart des cas il peut être nécessaire de recourir à plusieurs mécanismes de mise en œuvre (espèces, bons d’échange, aide en nature et fourniture de services) pour satisfaire les besoins des populations touchées.

En quoi consiste notre aide ?

Les besoins d’aide humanitaire allant croissant et les fonds étant limités, l’Union européenne est déterminée à accroître l’efficience, l’efficacité et les effets de l’aide humanitaire qu’elle fournit, comme cela ressort de ses engagements au titre du «grand compromis» (Grand Bargain). Lorsque le contexte s’y prête, l’UE encourage vivement l’utilisation d’espèces et de bons d’échange conjointement à d’autres formes d’aide, dès le départ. En 2017, les transferts en espèces et les bons d’échange ont représenté plus de 38 % de l’aide humanitaire de la Commission européenne, pour un montant total de plus de 990 millions d’euros. Le «Cash Compendium» de l’UE présente une sélection d’études de cas récents sur l’aide humanitaire en espèces de l’UE.

Le recours à des transferts en espèces pour distribuer l’aide humanitaire de l’UE a pris de l’ampleur ces dernières années. Il s’est surtout accru lorsque l’octroi d’espèces et de bons d’échange a remplacé la fourniture d’aide alimentaire en nature. Les transferts en espèces peuvent d’ailleurs constituer une réponse adéquate quel que soit le secteur concerné. L’UE recourt de plus en plus au versement d’espèces pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes qui le nécessitent, au moyen d’une subvention en espèces unique et multifonctionnelle en ce sens que les bénéficiaires décident eux-mêmes à quoi la consacrer. Selon le contexte, il peut s’agir d’une subvention sans condition ou, s’il y a lieu, il peut être demandé aux bénéficiaires d’effectuer certaines activités pour pouvoir bénéficier du transfert (travail d’intérêt collectif ou formation, par exemple).

En mars 2015, l’UE a édicté 10 principes communs régissant l'assistance multifonctionnelle par transfert d'espèces afin de conseiller les donateurs et les partenaires de l’aide humanitaire sur la meilleure manière de mettre en œuvre une assistance multifonctionnelle. Ces principes introduisent la notion d’une aide humanitaire intersectorielle visant à satisfaire les besoins de base, souple d’emploi et qui préserve la dignité des bénéficiaires, lesquels choisissent eux-mêmes à quoi la consacrer. Ces principes mettent l’accent sur l’efficience et l’efficacité de l’aide tout en reconnaissant que chaque contexte appelle une solution adaptée, et ils rappellent la nécessité de défendre les principes d’humanité. Ces principes ont été entérinés au niveau politique par les conclusions du Conseil adoptées en juin 2015. Les donateurs et les partenaires sont encouragés à prendre ces principes en considération lorsqu’ils conçoivent et mettent en œuvre leurs réponses aux crises humanitaires.

La note d’orientation sur les transferts en espèces, publiée pour la première fois en janvier 2017 et actualisée en novembre 2017, complète la position de principe de l’UE et les orientations actuelles sur l’utilisation des transferts en espèces. La note d’orientation s'applique principalement aux cas où la Commission européenne fournit un financement à grande échelle pour effectuer des transferts en espèces dans un pays donné ou dans le cadre d’une crise donnée, et où des transferts en espèces constituent une part significative de la réponse globale.

La Commission européenne a contribué au renforcement de la capacité des acteurs humanitaires à fournir une aide de manière efficace sous forme d’espèces et de bons d’échange. Par l’intermédiaire des fonds alloués au programme de renforcement des capacités de réaction, l’UE a soutenu le travail du Cash Learning Partnership (CaLP), qui fournit des formations, conduit des recherches et produit des matériaux et des outils de sensibilisation pour contrôler l’aide en espèces, comme le Cash Atlas. Nous avons également aidé le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à développer leur propre capacité à mettre en œuvre des interventions fondées sur des transferts en espèces.

Dernière mise à jour
22/02/2019