Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Assistance en espèces

/echo/file/multipurpose-cash-grants_frMultipurpose Cash Grants

Pourquoi est-ce important ?

Lors de certaines catastrophes naturelles, les marchés et commerces locaux sont maintenus et continuent d’être approvisionnés mais les populations affectées n’ont plus les moyens de s’acheter à manger ou d’accéder aux services de base. Dans ce genre de cas, une aide en espèces permet de garantir que l’aide humanitaire atteigne rapidement et directement ceux qui en ont le plus besoin.

L’aide en espèces est livrée rapidement et à moindre coût, et offre plus de flexibilité de choix aux personnes dans le besoin. L’aide en espèces préserve la dignité, la liberté de choix et la flexibilité de ses bénéficiaires, tout en garantissant une plus grande efficacité et rentabilité de l’aide et en renforçant l’efficacité des donateurs et contribuables. L’aide en espèces constitue le fondement des efforts de rétablissement et de résilience et garantit un impact maximal pour ceux qui en ont le plus besoin.

L’aide en espèces peut être utilisée par ses bénéficiaires pour l’achat de divers produits et services, mais la priorité des personnes ayant besoin d’aide est généralement l’achat de vivres, d’articles non-alimentaires, de carburant et de couvertures.

Quelle est notre intervention ?

Le service de la Commission européenne pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes n’utilise l’aide en espèces et d’autres formes alternatives d’aide humanitaire qu’après avoir évalué en détail l’ensemble des options à sa disposition. L’aide humanitaire requiert une planification prudente, afin d’éviter les potentiels effets non-désirés, comme l’inflation ou les déséquilibres commerciaux au niveau de l’économie locale, tout en bénéficiant aux catégories de population les plus vulnérables comme les femmes, les enfants et les personnes âgées. Les marchés locaux sont analysés avant le lancement de tout programme de ce type et les gouvernements locaux dans les zones sujettes aux catastrophes sont systématiquement impliqués dans la gestion de tels programmes. Dans la plupart des cas, divers modes d’aide sont combinés afin de répondre au mieux aux besoins des populations affectées.

L’aide en espèces a été de plus en plus mobilisée ces dernières années, notamment en substitution d’une aide alimentaire en nature. En 2016, plus de la moitié de l’aide humanitaire alimentaire fournie par la Commission européenne l’a été sous forme de plans d’aide en espèces. Il est en outre important de souligner que l’aide en espèces peut s’avérer être une réponse adéquate indépendamment du secteur soutenu. De plus en plus souvent, les aides en espèces octroyées en réponse aux besoins fondamentaux des bénéficiaires se font sous la forme d’allocations en espèces à usage multiple.

Selon le contexte, l’aide peut être allouée sous forme d’une allocation sans condition ou, dans d’autres cas, lorsque cela s’avère approprié, des conditions peuvent être imposées aux bénéficiaires qui devront alors réaliser certaines actions (par exemple, s’impliquer dans des œuvres communautaires, suivre une formation, etc.) en échange de l’argent reçu.

Les avancées technologiques ont facilité ce passage à l’aide en espèces. Cette dernière peut désormais être allouée de façon sécurisée, sur base de données biométriques, par le biais de divers canaux, comme les organismes de services financiers ou encore les téléphones portables.

10 principes communs de l’assistance en espèces pour répondre aux besoins humanitaires de multiples façons

Des principes ont été définis pour guider les donateurs et partenaires humanitaires quant à la meilleure façon d’exploiter l’aide en espèces à usage multiple. Ces principes introduisent l’idée d’une aide humanitaire intersectorielle répondant aux besoins fondamentaux de ses bénéficiaires, dans le respect de leur dignité, flexibilité et liberté de choix. Ils mettent l’accent sur l’efficacité de l’aide tout en reconnaissant que les solutions apportées doivent être adaptées au contexte, et rappellent les principaux défis à relever, comme la nécessité de respecter les principes humanitaires et la responsabilité des acteurs. Ces principes garantissent aussi la création de liens avec le renforcement de la résilience sur le long terme et le renforcement des systèmes nationaux de protection sociale.

Ces principes et les conclusions du Conseil viennent compléter la documentation d’orientation existante en matière d’aide en espèces, ainsi que les positions politiques sur ces thématiques qui se prêtent bien à une approche d’aide à usage multiple. Les donateurs et leurs partenaires sont incités à tenir compte de ces principes lorsqu’ils conçoivent et implémentent leurs plans de réponse dans les contextes de crise humanitaire.

Note d’orientation sur l’assistance en espèces

La note d’orientation concernant la livraison de l’aide en espèces vient compléter notre position politique et la documentation d’orientation existante concernant l’usage de transferts d’argent. Elle a pour objectif d’exposer de façon claire à nos partenaires les divers critères à appliquer lorsqu’ils sélectionnent leurs partenaires qui seront chargés de livrer concrètement l’aide en espèces sur le terrain.

Cette note d’orientation s’applique principalement aux cas où l’aide humanitaire de la Commission européenne fournit des fonds importants pour l’organisation de transferts d’argent dans un pays ou une crise spécifique et où ce type d’aide représente une part significative de la réponse générale. La note d’orientation a été initialement publiée en janvier 2017 et révisée en novembre 2017, après consultation des partenaires et autres parties prenantes. La version révisée sera d’application pour le cycle de financement 2018.

Cette approche suit parfaitement la ligne de nos engagements pris dans le cadre de la Grande Négociation, qui vise à généraliser l’utilisation de l’aide en espèces afin de renforcer l’efficacité des opérations et d’améliorer la réponse aux besoins.

Cette note d’orientation fournit les ‘règles du jeu’ lorsqu’il s’agit d’organiser une aide en espèces à grande échelle.

Renforcement capacitaire

Pour promouvoir l’usage efficace de l’aide en espèces, la Commission européenne soutient aussi le renforcement capacitaire des acteurs humanitaires. Depuis 2011, nous soutenons les travaux du Cash Learning Partnership (CaLP) qui joue un rôle stratégique en matière de renforcement capacitaire en assurant une surveillance des opérations d’aide en espèces, au moyen d’outils et matériel de formation, de recherche et de plaidoyer, comme le Cash Atlas. Nous soutenons par ailleurs aussi le PAM dans le développement de sa propre trésorerie en vue d’implémenter des programmes d’aide en espèces. Autres exemples de notre soutien : appui au développement d’un cadre d’analyse des situations et des réponses (SRAF), d’une liste des moyens en matière de renforcement capacitaire des capitaux et marchés (CashCap) et d’un guide et une boîte à outils opérationnels pour l’allocation d’aides en espèces à usage multiple.

Recherche

La Commission européenne participe activement à des évaluations et études explorant les effets qu’ont les diverses modalités de transfert sur l’efficacité de l’aide humanitaire. Ces études démontrent que les plans d’assistance en espèces sont souvent plus rentables et efficaces. Les avantages comparatifs de ce type d’aide sont bien décrits dans la récente Évaluation de l’usage des diverses modalités d’aide dans les actions humanitaires de l’UE (ADE, 2016), l’Étude sur le rapport qualité-prix des transferts d’argent en contexte d’urgence (DFID, 2015) et le rapport intitulé ‘L’assistance en espèces autrement, comment les transferts d’argent transforment l’aide humanitaire’ (ODI, 2015). L’UE a aussi apporté son soutien à d’autres études, notamment ‘Fit for the Future’ (HFP et le Kings College de Londres, 2013).

Dernière mise à jour
10/01/2018