Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Déplacements forcés : réfugiés, demandeurs d’asile et personnes déplacées à l’intérieur de leur pays (PDI)

Improving water, hygiene and sanitation in South Sudan
© Maciej Moskwa/TESTIGO DOCUMENTARY
Qu'Est-ce que c'est?

Des millions de personnes sont contraintes chaque année de quitter leur foyer en raison du conflit, de la violence, de violations des droits de l’Homme, de persécutions et de catastrophes naturelles. Le nombre de personnes contraintes au déplacement a continué d’augmenter en 2019, appelant au renforcement de l’aide humanitaire à travers le monde. À la fin de l’année 2019, 79,5 millions de personnes avaient besoin de protection et d’assistance en conséquence de leur déplacement forcé, ce qui correspond à une personne déplacée toutes les deux secondes. La majorité des réfugiés vivent en zone urbaine, et le reste d’entre eux dans des camps ou en zone rurale. Lorsque survient une crise, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays (PDI) sont souvent parmi les plus vulnérables.

Pourquoi est-ce important?

Près de 85% des personnes contraintes au déplacement sont accueillies par des pays à revenu faible ou moyen. Ces personnes font peser un poids supplémentaire sur les communautés d’accueil et leurs ressources. Leur survie dépend de la disponibilité de l’aide fournie par les autorités, les communautés locales et les organisations humanitaires.

Réfugiés comme PDI sont souvent confrontés à des problèmes de protection et des difficultés d’accès au logement, à la nourriture et à d’autres services de base. En zone urbaine en particulier, ils doivent faire face à la pauvreté, le manque de soutien psychosocial et des difficultés pour régulariser leur statut légal. La violence, la maltraitance et l’exploitation dont ils sont victimes atteignent souvent des sommets au lendemain de nouvelles crises.

Parvenir à des solutions durables permettant d’aider les personnes contraintes au déplacement relève du défi. Pour les réfugiés, le mieux à long terme est de pouvoir procéder à des retours volontaires vers leur pays d’origine, mais cette solution est souvent impossible pour nombre d’entre eux, en raison de l’absence de solutions politiques aux conflits, aux violences récurrentes et à l’instabilité. Les déplacements forcés ne sont désormais plus un phénomène temporaire et s’inscrivent de plus en plus dans la durée. Ils durent en moyenne 20 ans pour les réfugiés et plus de 10 ans pour 90% des PDI.

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En quoi consiste notre aide ?

En avril 2016, la Commission européenne a adopté la communication intitulée ‘Vivre dignement: de la dépendance vis-à-vis de l’aide à l’autonomie. Les déplacements forcés et le développement’, qui présente une nouvelle approche des déplacements forcés, axée sur le développement. L’objectif est de renforcer la résilience et l’autonomie des personnes déplacées et de leurs communautés d’accueil, en collaborant avec les gouvernements d’accueil et les acteurs locaux afin de soutenir l’intégration socioéconomique des réfugiés et des PDI. Cette nouvelle approche vise à mettre à profit la capacité productive des réfugiés et des PDI en les aidant à accéder à l’éducation, aux soins de santé, au logement, à des ressources foncières, à des moyens de subsistance, ainsi qu’à d’autres services de base. 

L’Union européenne est l’un des principaux donateurs internationaux dans les situations de déplacement forcé. En 2019, la Commission a alloué la plupart de son budget humanitaire de plus de € 1,6 milliard à des projets qui viennent répondre aux besoins des personnes contraintes au déplacement et des communautés locales. Ce financement a permis de faire face aux besoins les plus urgents de populations extrêmement vulnérables, comme notamment les femmes, les enfants et les personnes handicapées, en leur fournissant protection et soutien le temps de leur déplacement et à leur retour chez elles. Les projets mis en œuvre sur le terrain ont permis d’aider les personnes contraintes au déplacement à accéder à un logement, une protection, de la nourriture et des services de base, comme des soins de santé, une aide nutritionnelle, de l’eau potable, un assainissement et une éducation.

Plus de 35% de l’aide humanitaire est parvenue aux réfugiés et aux PDI sous forme d’espèces (cartes de débit, transferts mobiles, cash en main). Détenir des espèces leur procure un sentiment de dignité et d’indépendance et permet aussi de renforcer les liens avec les communautés locales, puisque l’argent est dépensé dans les petits commerces locaux. En ce qui concerne l’éducation en contexte d’urgence, plus de la moitié des projets subventionnés ciblaient des enfants réfugiés ou PDI.

L’aide de l’UE aux personnes contraintes au déplacement fait une réelle différence dans la vie de beaucoup : les réfugiés syriens en Jordanie, au Liban et en Turquie ; les réfugiés afghans en Iran et au Pakistan ; les réfugiés somaliens au Kenya ; les réfugiés congolais dans la région des Grands Lacs ; les réfugiés et migrants vénézuéliens dans la région ; les réfugiés rohingyas au Bangladesh. Elle cible aussi entre autres les PDI de Syrie, de Colombie, du Soudan du Sud, d’Irak, du Myanmar et du Yémen.

La Commission fournit son soutien financier dans les contextes de déplacements forcés, par le biais d’organisations s’occupant des réfugiés, des PDI, des migrants et des communautés qui les accueillent sur place. Ses principaux partenaires humanitaires sont notamment l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), l’Organisation internationale des migrations (OIM), le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que des organisations non-gouvernementales (ONG).

Afin de garantir une répartition plus prévisible et équitable de la responsabilité entre les États, l’UE soutient l’implémentation du Pacte mondial sur les réfugiés. Adopté en 2018, le pacte est fondé sur le Cadre d’action global pour les réfugiés (CAGR) qui, en 2017 et 2018, a été déployé dans différents pays pour permettre un plus grand soutien aux réfugiés et à leurs pays d’accueil.

L’UE soutient résolument les Principes directeurs sur les déplacements intérieurs, et encourage systématiquement leur intégration dans le droit international et dans les droits nationaux. L’UE plaide également en faveur d’une meilleure prise de conscience à l’échelle internationale de la situation des PDI et salue la récente création d’un Panel de haut niveau sur les déplacements intérieurs, mandaté pour formuler des recommandations d’amélioration de la réponse, en vue d’atteindre des solutions plus durables. 

Dernière mise à jour
19/06/2020