Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

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Le commissaire Stylianides donne le coup d’envoi d’un événement sur la protection humanitaire et le droit international humanitaire lors de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations unies

© EU 2018
La forte augmentation des violations délibérées du DIH et des principes humanitaires fait de la protection un problème majeur dans les contextes humanitaires actuels. © UE 2018

L’Union européenne (UE) a uni ses efforts à ceux du Royaume de Belgique et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) pour sensibiliser l’opinion au coût des conflits armés et à leurs conséquences désastreuses pour les populations civiles.

L’événement «Civilians under fire: humanitarian protection and respect for International Humanitarian Law» (Les civils sous les tirs: protection humanitaire et respect du droit international humanitaire), qui s’est tenu le 26 septembre 2018 en marge de la 73e Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) à New York, visait à attirer l’attention sur les conséquences des violations du droit international humanitaire (DIH) pour les populations civiles en portant l’accent sur l’action humanitaire, les soins médicaux et l’éducation. L’impact positif qu'aurait une réduction des violations du DIH sur les besoins humanitaires, économiques et financiers a été mis en exergue. 

Christos Stylianides, commissaire européen en charge de l’aide humanitaire et de la gestion des crises, a prononcé le discours d’ouverture.

«Les violations du droit international humanitaire sont devenues la règle et non plus l’exception. Les civils, en particulier les femmes et les enfants, sont victimes de violence et d’abus. Les infrastructures civiles essentielles sont délibérément détruites, piégées ou cooptées à des fins militaires. Et des travailleurs humanitaires sont tués alors qu’ils s’évertuent à sauver des vies. C’est une tragédie. De tels drames ne devraient jamais se produire. Nous ne devrions pas non plus accepter de considérer ces abus comme des dégâts collatéraux de l’aide apportée à d’autres personnes en conflit», a déclaré le commissaire Stylianides avant l’événement.

«L’Union européenne est résolument en faveur du respect du droit humanitaire international. Cet engagement fait partie de notre ADN. Il est inscrit dans nos règles et fait partie intégrante de nos politiques internationales. En tant que première organisation régionale à adopter les lignes directrices sur le respect du DIH, l’UE a placé ces principes au cœur de ses activités. De même, nous nous faisons l’écho du DIH auprès des forces armées et des acteurs non étatiques dans le monde entier. Pour cela, nous appuyons l’action vitale des États membres de l’ONU qui cherchent à faire progresser les normes humanitaires internationales. Nous avons de notre côté les principes humanitaires. Cela devrait nous motiver et nous pousser à tirer parti de l’élan que nous avons créé grâce à un travail acharné», a ajouté le commissaire Stylianides.

Cet événement de haut niveau a réuni: Didier Reynders, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères et des affaires européennes, Belgique; Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, France; Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR); Helle Thorning-Schmidt, directrice générale de Save the Children International; Alain Délétroz, directeur général de l’Appel de Genève; et Mark Lowcock, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence (OCHA). L’événement était modéré par Monique Pariat, directrice générale du service de la Commission européenne à l’aide humanitaire et à la protection civile (ECHO).

Contexte

Les violations systématiques du DIH sont en hausse depuis une dizaine d’années: attaques directes contre la population civile, contre des installations civiles telles que les écoles et les hôpitaux, refus d’accès à l’aide humanitaire et attaques contre le personnel humanitaire. Dans certains conflits armés, les violations du DIH constituent souvent des méthodes stratégiques de guerre. De telles méthodes ont des conséquences humanitaires à long terme. Près de 4 400 travailleurs humanitaires ont été victimes d’attaques au cours des deux dernières décennies.

Cette forte augmentation des violations délibérées du DIH et des principes humanitaires fait de la protection un problème majeur dans les contextes humanitaires actuels. Avec la multiplication des conflits armés impliquant des acteurs non étatiques, il est aujourd’hui encore plus difficile d’assurer le respect des obligations découlant du droit international humanitaire. En 2017, plus de 10 % du budget d’aide humanitaire de l’UE a été alloué à des activités de protection humanitaire.

L’UE continue de plaider en faveur d’un renforcement de la protection et du respect du DIH au moyen du dialogue, de déclarations et d’initiatives, ainsi que par le financement de formations en la matière destinées au personnel et aux partenaires, et par des activités visant à faire connaître le DIH et ses enjeux au grand public.

La Commission européenne soutient également les bonnes pratiques existantes et l’engagement en faveur du respect du DIH dans la perspective de la 33e Conférence internationale du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, conformément à l’engagement pris dans le plan d’action de l’UE en matière de droits de l’homme et de démocratie.

Date de publication
26/09/2018