Affaires maritimes et pêche
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Le FEAMP: des fonds en faveur des pêcheurs européens

Le FEAMP: des fonds en faveur des pêcheurs européens

Le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) est le principal instrument d’aide en faveur de la nouvelle politique commune de la pêche (PCP). Il s’efforcera, entre 2014 et 2020, d’améliorer la durabilité sociale, économique et environnementale des mers et des côtes d’Europe en apportant une aide de terrain aux projets, entreprises et communautés au niveau local.

Avec une enveloppe budgétaire de 6,4 milliards d’euros, le fonds privilégiera la création d’emplois, la diversification des économies locales et les initiatives en faveur de la rentabilité et de la durabilité de la pêche. Le FEAMP est l’un des cinq Fonds structurels et d’investissement européens, qui se complètent tous mutuellement et cherchent à favoriser une relance axée sur la croissance et l’emploi en Europe. 

 

Avec une enveloppe budgétaire de 6,4 milliards d’euros, le fonds privilégiera la création d’emplois, la diversification des économies locales,

et les initiatives en faveur de la rentabilité et de la durabilité de la pêche.

 

Lorsqu’un accord politique est intervenu à propos du nouveau fonds, en janvier, Maria Damanaki, la commissaire chargée des affaires maritimes et de la pêche, a souligné que la priorité pour l’Europe consistait à présent à «avancer à plein régime pour procéder aux changements radicaux nécessaires pour enfin assurer la durabilité, une fois pour toutes, de la pêche européenne». Dès que le processus d’adoption sera conclu, vraisemblablement cet été, des projets mis sur pied aux quatre coins de l’Europe pourront solliciter un financement afin d’atteindre les objectifs mis en avant par la commissaire Damanaki.

 

“...radicaux nécessaires pour enfin assurer la durabilité de la pêche européenne

 une fois pour toutes.

EMFF: funding for European fishermen  - © Shutterstock
EMFF: funding for European fishermen - © Shutterstock

Bien que ses objectifs soient larges, le FEAMP s’articule autour de six piliers principaux:

  • une pêche durable, en conciliant capacité de pêche et ressources disponibles, en devenant plus sélectif et en mettant fin aux rejets de poissons capturés par inadvertance;
  • une aquaculture durable aidera le secteur à se développer et à améliorer sa compétitivité en respectant des règles spécifiques en matière de méthodes de production respectueuses de l’environnement, de même qu’une réglementation stricte sur le plan de la qualité, de la santé et de la sécurité, ce qui permettra à l’Europe de disposer de produits nutritifs d’excellente qualité et fiables;
  • appliquer la PCP en améliorant la collecte de données, les connaissances scientifiques ainsi que le suivi, le contrôle et le respect de la législation dans le domaine de la pêche;
  • aider les communautés qui vivent de la pêche à diversifier leur économie grâce à d’autres activités maritimes, comme le tourisme, et les aider à augmenter la valeur de leurs activités de pêche;
  • améliorer la commercialisation et la transformation dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture;
  • favoriser la croissance des activités maritimes en améliorant les connaissances marines, en programmant mieux nos activités en mer, en gérant chaque bassin maritime en fonction de ses besoins et en favorisant la coopération en matière de surveillance maritime.

Pour réaliser ces objectifs prioritaires, le FEAMP s’en remet aux États membres et aux experts locaux – ceux qui connaissent mieux que personne leurs régions et leurs communautés. Le financement de l’Union européenne sera accompagné d’un financement par les États membres, qui seront aussi responsables de son administration locale. En d’autres termes, les fonds iront là où ils sont le plus nécessaires.

Compte tenu de l’importance des petites entreprises pour l’économie européenne et le secteur de la pêche, le Fonds prévoit des aides particulières en faveur des navires pratiquant la petite pêche côtière, qui représentent une part importante du secteur et ont le pouvoir de transformer les communautés locales qu’ils desservent. Une aide aux stratégies de commercialisation et d’entreprise sera proposée, tout comme des formations destinées aux jeunes demandeurs d’emploi et aux conjoints des pêcheurs, afin de les aider à jouer un rôle plus important dans ces entreprises locales, souvent familiales.

Les jeunes pêcheurs de moins de 40 ans qui possèdent au moins cinq années d’expérience dans le secteur pourront aussi bénéficier d’une aide pour acquérir un navire. Ces mesures sont destinées à assurer la cohésion sociale sur les côtes européennes et à renforcer l’influence des communautés locales sur le secteur de la pêche au niveau local.

Il est néanmoins capital de mettre fin au gaspillage que représente le rejet de poissons si l’on souhaite assurer la prospérité à long terme de cette nouvelle génération de pêcheurs, ainsi que de celles qui suivront. Si le problème n’est pas résolu, il pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur nos stocks halieutiques. Le rejet va désormais être progressivement interdit et les pêcheurs seront tenus de débarquer l’ensemble de leurs captures. Pour permettre cela, des fonds seront attribués en faveur du débarquement, du stockage, de la transformation et de la commercialisation de ces captures, ce qui aura en plus pour avantage d’aider les pêcheurs locaux à diversifier leur économie. Des fonds sont également réservés aux pêcheurs qui participeront à des essais avec des engins de pêche à faible incidence afin de les aider à ne pêcher que ce qu’ils souhaitent effectivement pêcher.

Autre nouveauté du Fonds: le retrait progressif des fonds en faveur de la démolition des navires. L’expérience passée indique que la démolition des navires ne contribue pas à réduire la capacité de la flotte, un navire étant bien souvent tout simplement remplacé par un autre. Cette fois, même si des fonds continueront à être consacrés à l’arrêt permanent et temporaire des activités de pêche, ils ne seront dorénavant accessibles qu’à la condition que l’argent soit destiné aux parties de la flotte qui en ont le plus besoin.

Le budget consacré au contrôle et à la collecte de données a été considérablement augmenté pour la période 2014-2020, afin de permettre aux décideurs de disposer des informations les plus à jour et les plus précises possible pour assurer la gestion de la pêche européenne. Ces mesures aideront l’Europe à atteindre son objectif consistant à limiter la pêche à un niveau où les stocks peuvent se reproduire en toute sécurité, afin de protéger l’avenir des pêcheurs et le poisson de demain.

Les pêcheurs européens ne seront toutefois pas les seuls à profiter de cette augmentation des dépenses dans la collecte de données, qui nous permet d’en savoir plus sur les stocks présents dans la mer, puisque cela nous permettra aussi de mieux connaître les ressources marines de l’Europe, de rendre les investissements dans le secteur maritime plus prévisibles et intéressants et d’ouvrir la voie à des innovations et des recherches commerciales plus nombreuses.

Tel est, au final, l’objectif du FEAMP: créer les conditions qui permettent aux entreprises et aux communautés locales de libérer le potentiel de croissance durable et inclusive dont l’Europe a besoin, et dont l’Europe entend faire une réalité d’ici 2020. Le FEAMP ne définira pas la manière dont chaque centime devra être dépensé; l’idée est de laisser ceux qui connaissent le mieux leur métier, leur secteur et leur communauté locale œuvrer en faveur d’un avenir durable pour la pêche européenne, au service d’un avenir prometteur et bleu.

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