Cela fait presqu'un an que les attaques dévastatrices, choquantes du 13 novembre ont eu lieu   Les citoyens européens demandent à l'Europe d'agir, et elle répond à cet appel. La première responsabilité pour les questions de défense et de sécurité appartient aux gouvernements. Mais l'Europe peut aider, soutenir, encadrer.

Mon objectif dans ce nouveau rôle de Commissaire pour la sécurité, c'est exactement cela, d'aider les Etats membres à réduire l'espace dans lequel les terroristes peuvent agir, faire davantage pour éviter que certaines personnes soient radicalisées et renforcer notre capacité à résister à ces attaques.

La France et l'Allemagne ont publié au mois d'août une initiative sur les enjeux clés de la coopération européenne dans le domaine de la sécurité intérieure. Nous avons répondu, nous allons répondre sur quatre volets.
 

Premièrement, sur le renforcement de la sécurité aux frontières extérieures

Nous avons maintenant en place des vérifications beaucoup plus strictes et systématiques qu'avant aux frontières extérieures de l'Europe – en particulier en Grèce et en Italie. Nous nous sommes aussi mis d'accord au niveau européen pour avoir plus d'informations sur les passagers aériens (le fameux PNR européen). La France et le Royaume-Uni sont parmi les plus avancés dans la mise en œuvre de ce PNR. Je vais m'assurer que les autres pays européens mettent en place les mesures nécessaires le plus rapidement possible, avec le soutien de la Commission européenne.

- Nous devons nous mettre d'accord d'ici la fin de l'année sur une révision des règles relatives aux frontières de Schengen. Cela veut dire vérifier les informations des personnes entrant et sortant de l'espace Schengen, y compris les citoyens européens.

J'ai d'ailleurs eu l'occasion de constater l'efficacité des contrôles que vous avez déjà mis en place à l'aéroport de Roissy lors de ma visite le 24 octobre dernier.

- Et dans quelques jours nous allons proposer la mise en place d'un nouveau système – ETIAS – c'est un ESTA européen-  qui permettra d'effectuer des vérifications sur les ressortissants d'Etats tiers dispensés de visas pour pouvoir détecter en amont ceux qui pourraient poser un risque migratoire ou sécuritaire.
 

Deuxième volet, le renforcement du partage d'informations au niveau européen et cela sur plusieurs plans

- D'abord renforcer l'utilisation et l'alimentation des fichiers existants: comme par exemple le Système d'information Schengen afin de renforcer notamment les possibilités d'utilisation par les forces de l'ordre, tout en assurant toujours la protection des données personnelles.

- Mais aussi améliorer l'interopérabilité et l'interconnectivité entre les fichiers existants et, à l'avenir, les nouveaux. Nous travaillons sur toutes ces questions et rendrons des premières conclusions avant la fin de l'année.

 

Troisièmement, renforcer la sécurité intérieure au sein de l'espace Schengen

- Nous devons améliorer la coopération entre les services de sécurité intérieure des Etats membres, à travers une coopération renforcée avec les agences européennes comme Europol ou Eurojust. La Task Force Fraternité mise en place par la France et la Belgique après le 13 novembre, avec le soutien d'Europol est un bon exemple.
- Nous devons aussi aider les autorités judiciaires à obtenir les éléments nécessaires aux enquêtes qui se trouvent sur Internet. La Commission européenne abordera cette problématique dans le cadre de la prochaine révision de la directive E-Privacy prévue début d'année prochaine. Nous travaillons également à améliorer l'accès aux preuves en ligne, au niveau européen et ferons des propositions prochainement en ce sens.

- Enfin, il faut aussi renforcer la législation sur les armes à feux y inclus la lutte contre le trafic d'armes illégales. Là encore je tiens à remercier la France pour son implication dans ce dossier.

Toutes ces mesures sont essentielles mais elles ne suffisent pas.

 

Quatrièmement, il faut renforcer la lutte contre la radicalisation parce qu'il faut en même temps agir sur le fond – c'est à dire les questions de société et comprendre pourquoi certains de nos citoyens se radicalisent, comment on peut empêcher cela, et comment y remédier. Il y a des programmes formidables dans beaucoup de pays y compris ici en France. L'Europe peut et doit aider à financer ces programmes, et à permettre un échange de bonnes pratiques- c'est le rôle du réseau européen de lutte contre la radicalisation, le RAN.

- Nous pouvons aussi agir sur la radicalisation en ligne – depuis 1 an Europol a référencé plus de 10 000 contenus liés au terrorisme et plus de 9 sur 10 de ces référencements ont ensuite été retirés. La France soutient activement ce projet et je la remercie.

Je pense donc que nous répondons aux attentes légitimes exprimées dans la note conjointe franco-allemande. La seule réponse au risque sécuritaire est une réponse globale. Nous devons justement rassembler tout ce qui peut être fait, donner de l'impulsion pour aller de l'avant, plus vite, et plus concrètement.

Merci beaucoup.