Monsieur le président, Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de me recevoir aujourd’hui. C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai accepté votre invitation à ce 73e congrès de la FNPL. Il est primordial que les commissaires européens viennent à la rencontre des secteurs de l’économie qu’ils représentent et parlent directement avec leurs acteurs. C’est pourquoi je me réjouis d’être parmi vous aujourd’hui et d’avoir l’occasion de prendre part à un dialogue ouvert et constructif.

Depuis ma nomination en tant que commissaire, j’ai écouté attentivement les producteurs laitiers français, notamment lors de ma visite annuelle au Salon de l’agriculture à Paris il y a deux semaines, lors de la plateforme laitière européenne à Nice en décembre, au SPACE à Rennes en septembre dernier, à Clermont-Ferrand en octobre, et à travers des contacts réguliers avec le Copa-Cogeca.

Et permettez-moi de vous dire que chaque fois que je vais à la rencontre de producteurs laitiers, je me sens en terrain familier. J’ai grandi sur une petite exploitation laitière dans le sud-est de l’Irlande, puis j’ai représenté au parlement irlandais pendant plus de 30 ans une zone rurale dans laquelle le secteur laitier occupait une place très importante.

Je connais les difficultés liées à votre activité. Je sais que vous êtes pris par votre travail 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an. Je reconnais et j’apprécie tout à fait l’énorme contribution que vous apportez à la qualité, à la sécurité et à la durabilité de l’approvisionnement en lait au sein de l’Union.

Ma tâche est de vous donner, à vous et à vos familles, le plus de chances de réussir, aujourd’hui et à l’avenir. Nous vivons des temps marqués par des défis et par de grands changements pour le secteur laitier, et même pour le secteur de l’agroalimentaire dans son ensemble.

J’ai entendu les inquiétudes exprimées par le président Roquefeuil. Je les connais, et je les comprends. J’ai fait tout ce qui est en mon pouvoir pour apporter des solutions réelles et durables à ces problèmes depuis que je suis devenu commissaire il y a deux ans et demi. La réforme de la PAC de 2013 avait été convenue par le Conseil européen des ministres de l’agriculture et le Parlement européen avant que je prenne mes fonctions en 2014.

Il est aussi de mon devoir d’être honnête avec vous, de vous présenter des faits et de parler avec vous, en face à face, de la réalité politique que connaissent les agriculteurs européens en 2017. Je suis ici pour faire passer un message clair: je suis convaincu à 100 % que la politique agricole commune reste le meilleur espoir de réussite pour les producteurs laitiers de France, aujourd’hui et dans les années à venir.

Pourquoi est-ce que je dis cela? Parce que les faits montrent que l’Union européenne continue de soutenir les producteurs laitiers dans les bons et les mauvais moments. En tant que commissaire pour l’agriculture, en tant que fier défenseur de ce secteur, en tant que protecteur de nos exploitations familiales et de leur travail acharné, permettez-moi de vous rappeler quelques faits.

Lorsque je suis entré en fonction en 2014, le secteur laitier européen entrait dans une crise profonde et durable des prix. Nous pouvions voir la tempête approcher et nous avons pris des mesures décisives à toutes les étapes de la crise, en utilisant tous les outils législatifs à notre disposition.

Laissez-moi vous dire en détail ce que cela a signifié:

  • apporter une aide ciblée aux producteurs laitiers et aux agriculteurs des autres secteurs de l’élevage;
  • mettre au point de nouvelles mesures d’aide au stockage privé pour les produits laitiers et étendre et améliorer les mesures existantes;
  • prolonger les périodes d’intervention publique pour le beurre et le lait écrémé en poudre;
  • augmenter les plafonds pour les achats de beurre et de lait écrémé en poudre à prix fixe.

Au total, plus de 1 milliard d’euros ont été mobilisés sous la forme de mesures d’urgence en faveur des producteurs de lait et des éleveurs européens au cours de cette période de deux ans. Les agriculteurs français ont bénéficié d’une aide directe à hauteur de 112,8 millions d’euros.

Et je tiens à vous rappeler que cela s’est produit dans un contexte de difficultés économiques pour l’Europe, alors que notre continent traversait des crises importantes. 

Autrement dit, apporter ces ressources substantielles pour soutenir nos agriculteurs n’a pas été chose facile.

Cela a requis un immense effort politique et un travail énorme.  Mais l’Union européenne a ainsi prouvé qu’elle reconnaissait l’importance des agriculteurs et des producteurs laitiers. Elle a pu établir et appliquer des mesures spécifiques et apporter une aide financière alors même qu’elle devait faire face à des priorités divergentes.

Je vous pose une question:  est-ce là une série de mesures que prendrait une Commission européenne libérale ayant l’intention de laisser ses agriculteurs sans protection sur le marché mondial? À l’évidence, non. Nous avons examiné la situation et utilisé les meilleurs outils à notre disposition pour gérer le marché de manière sensée et durable.

Monsieur le président, toutes les mesures que vous-même et feu Xavier Beulin avez demandées lors du Salon de Paris en 2015 ont été mises en œuvre, y compris un régime de réduction volontaire de la production – une mesure sans précédent et qui a été un franc succès.

Ce régime est doté d’un budget de 150 millions d’euros et vise une réduction de 1,07 million de tonnes.

La France a clairement reconnu l’importance de ce régime. Ce pays compte le plus grand nombre de participants, avec 15 000 agriculteurs, soit 4 000 de plus que l’Allemagne, qui occupe la deuxième place.

La première période, d’octobre à décembre 2016, avait pour objectif la plus importante réduction en termes de volume. Au cours de cette période, 11 300 agriculteurs français ont demandé à bénéficier d’un paiement dans le cadre de ce régime, ce qui a donné lieu à une réduction de la production de 150 000 tonnes au total.

Et la bonne nouvelle, c’est que ces mesures ont commencé à porter leurs fruits. Nous assistons à un lent mais indubitable redressement des prix, le marché du lait connaissant une tendance à la hausse depuis des mois.

Le prix moyen du lait à la ferme dans l’Union a augmenté de 31 % depuis l’été dernier, pour atteindre 33,7 cents/kg en février.

Et l’on estime que le prix moyen en France aujourd’hui s’élève à 35,2 cents/kg. Est-ce que cela représente un redressement des prix idéal? À l’évidence, non. Mais est-ce que cela montre que les choses évoluent dans le bon sens? Je dirais que oui.

J’ajouterais que si nous avions relevé les prix d’intervention en 2015, comme le réclamaient alors nombre de représentants politiques en France et ailleurs en Europe, notre position serait aujourd’hui bien plus faible, avec des volumes beaucoup plus importants de lait écrémé en poudre au prix d’intervention.

Je reconnais toutefois également que, bien que nous allions dans la bonne direction et qu’il existe des preuves d’un redressement des prix, ce redressement est fragile et il est de notre intérêt - et de notre responsabilité - à tous de le protéger. Nous savons qu’un certain nombre de facteurs, recensés dans les perspectives à court terme de la Commission concernant l’agriculture de l’UE, pourraient perturber le marché des produits laitiers cette année.  

Le pic saisonnier de la collecte du lait de l'UE aura lieu prochainement. Outre la nécessité de garantir une gestion prudente du stock de lait écrémé en poudre actuellement au prix d’intervention, dont je reparlerai dans quelques instants, les livraisons de lait en 2017 devraient être supérieures de 0,6 % à celles de l’année dernière. En effet, en Pologne, la collecte du lait de janvier était supérieure de 3,6 % à celle de 2016.

Si les prix du lait cru restent stables en 2017, on pourrait assister à une hausse significative de la collecte du lait au cours du second semestre de cette année.  

Nous prévoyons aussi une augmentation constante de la production aux États-Unis cette année, ainsi qu’une reprise de la production en Nouvelle-Zélande.

Je mentionne ces facteurs simplement pour souligner qu’en dépit du redressement constaté ces derniers mois, nous savons qu’il ne faut pas céder à l’autosatisfaction, et que la première chose à faire pour cela consiste à reconnaître les risques auxquels nous sommes confrontés.

Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons y faire face ensemble. Il s’agit d’un défi que nous devons relever collectivement et je souhaite collaborer avec vous et vos représentants, ainsi qu’avec les autres décideurs, afin que nous fassions les bons choix pour le bien-être et la rentabilité de vos exploitations.

La Commission a toujours veillé à gérer le marché de manière responsable. Je suis heureux de constater que la France a tiré pleinement parti des avantages offerts par le «paquet lait». Permettez-moi de vous donner quelques exemples.

51 organisations de producteurs ont été reconnues et elles ont conclu des négociations collectives pour 5 millions de tonnes en 2015 – soit 44 % des livraisons françaises de lait hors coopératives.

Par ailleurs, la France a adopté des mesures de gestion prudente de l’offre pour quatre types de fromages protégés. Ces mesures portent leurs fruits: les prix se stabilisent et la production des régions désavantagées est protégée.

Le rapport adopté l’année dernière sur la mise en œuvre du «paquet lait» montre que les organisations de producteurs constituent un instrument de protection efficace des agriculteurs, qui conforte leur position dans la chaîne d’approvisionnement: elles font une réelle différence en termes de stabilisation des prix et de sécurisation de la collecte du lait.

En outre, dans un secteur sans quotas, elles jouent un rôle fondamental de transmission effective des signaux du marché entre transformateurs et producteurs.

J’encourage les agriculteurs français à renforcer et à améliorer cette approche collective, qui ne peut que leur être profitable à l’avenir.

Je souhaiterais à présent parler des leçons tirées de cette crise en ce qui concerne l’approche de la Commission en matière d’intervention publique.

Le mécanisme d’intervention publique a joué un rôle important en 2015 et 2016 dans la stabilisation des marchés et l’élimination des excédents, dans un contexte de  déséquilibre très marqué.

Fidèle à mon engagement constant aux côtés du secteur, j’ai donné instruction à deux reprises d’augmenter les volumes  de  lait écrémé en poudre pour lesquels l'intervention publique s’effectue à prix fixe.

Je suis convaincu que cette décision était la bonne et que nous l’avons prise au bon moment pour offrir une certaine sécurité au secteur.

Mais nous nous trouvons maintenant avec 350 000 tonnes de lait écrémé en poudre dans les stocks publics, soit l’équivalent d’environ 30 % de la production annuelle de l’UE.

Les remettre sur le marché risquerait de perturber l’amélioration en cours; d’un autre côté, les conserver dans les stocks pèse également sur le marché et empêche d'avoir une reprise vraiment efficace.

En fait, si vous me permettez cette analogie avec le monde du rugby, l’intervention publique est comme un coup de pied en chandelle: elle relâche momentanément la pression, mais ne la fait pas disparaître.

Je peux vous assurer que la Commission agira avec circonspection et prudence pour ce qui est de remettre ces stocks sur le marché, en veillant toujours avant toute chose aux intérêts de nos agriculteurs. Jusqu’à présent, nous avons décliné toutes les offres, ce qui montre bien que nous sommes résolus à ne pas perturber le marché.

Et je veux dire ici très clairement qu’en aucun cas la Commission ne vendra ces stocks tant que le prix n’atteindra pas un niveau juste.

En même temps, malgré son apparente simplicité, la solution au problème des stocks publics serait de ne pas les utiliser.

Je suis sûr que nous sommes tous d’accord pour dire qu’aujourd'hui, acheter la production excédentaire sur les deniers publics devrait être considéré comme une défaillance du système, et que l’on ne saurait y recourir qu’en dernier ressort.

Je tiens à souligner encore une fois l’importance de l’orientation vers le marché.

Et j’aimerais vous rappeler qu’il existe d’immenses débouchés sur les marchés mondiaux. Les producteurs laitiers de France et d’Europe proposent les produits de la meilleure qualité au monde, et la classe moyenne -- en augmentation à l’échelle mondiale – est demandeuse de ces produits pour l’alimentation familiale.

La consommation mondiale de lait et de produits laitiers devrait augmenter de 1,8 % au cours de la prochaine décennie. C’est pourquoi j’ai parcouru le monde entier afin de trouver de nouveaux marchés pour nos produits laitiers.

En 2016, j’ai lancé une offensive diplomatique destinée à intensifier nos relations commerciales avec les pays tiers et à en créer de nouvelles. Je me suis rendu au Mexique, en Colombie, au Japon, en Chine, à Hong Kong, au Vietnam et en Indonésie, accompagné à chaque fois d’une délégation de représentants du secteur agricole de l’Union, dont des représentants du secteur laitier. Cette année, je me rendrai au Canada, en Iran et en Arabie saoudite.

Et ce travail n'a pas été vain: selon les chiffres les plus récents du commerce agroalimentaire de l’UE, les exportations mensuelles ont atteint un niveau record de 11,7 milliards d’euros, représentant une valeur de plus de 130 milliards d’euros sur douze mois.

Cela signifie que les échanges agricoles de l’Union présentent désormais un solde positif de près de 20 milliards d’euros, contre 2,6 milliards il y a six ans à peine.  Cela fait de nous, et de loin, le plus grand exportateur mondial de produits agroalimentaires.

Le secteur laitier représente plus de la moitié de l’excédent commercial agroalimentaire actuel — un fait qui confirme l’importance de votre activité. Cependant, nous devons en faire davantage pour que l'accès à ces marchés se traduise bel et bien par des prix plus avantageux pour nos agriculteurs.

Permettez-moi maintenant de revenir sur cette question: où se trouvent vos espoirs les plus prometteurs pour demain? Le président Roquefeuil a indiqué que l’un de nos 28 États membres avait décidé de quitter l’Union.

J’ai été terriblement déçu qu’une majorité d’agriculteurs britanniques aient voté en faveur du Brexit.

Ils ont été attirés par une vision séduisante, vendue par des politiciens qui préféraient ne pas s’attarder sur des éléments concrets. On leur a dit que s’ils se libéraient de l’Union européenne, leur situation serait meilleure à l'avenir grâce à une renationalisation de la politique agricole.

Bien entendu, cette vision séduisante s’est maintenant évanouie et la déclaration la plus récente du gouvernement britannique indique que la politique agricole renationalisée ne leur garantit pas d’aide aux revenus au-delà de 2020. Dans le même temps, la probabilité de quitter le marché unique et l’union douanière rend les agriculteurs britanniques de plus en plus inquiets pour leur avenir.

Il y aura toujours des responsables politiques pour vendre des rêves complètement déconnectés des faits et de la réalité.

Les agriculteurs français vont-ils suivre l’exemple britannique, c’est-à-dire se retrouver avec des revenus incertains, sans un filet de sécurité solide? Ce qui est en jeu, ce sont les exportations agroalimentaires de la France, soit 38 milliards d’euros à destination du marché de l’Union européenne et 23 milliards d’euros à destination de pays tiers.

Aujourd'hui, le Royaume-Uni parle de conclure rapidement un accord de libre-échange favorable avec les États-Unis pour compenser ses pertes économiques après sa sortie de l’Union. Mais que devra-t-il sacrifier pour obtenir un tel accord? Quels prix les Britanniques sont-ils prêts à payer?

Un futur accord commercial entre le Royaume-Uni et les États-Unis entraînera inévitablement un abaissement des normes alimentaires, ce qui pourrait conduire à l'introduction de bœuf aux hormones ou de poulet chloré au Royaume-Uni.

Nous n'accepterions jamais d'abaisser les normes au sein de l'Union; nous avons d'ailleurs réussi à les préserver dans tous nos accords commerciaux au niveau mondial.

Ne laissons personne dire que la PAC et l’UE ne sont pas là pour soutenir les agriculteurs:

Chaque année d’ici à 2020, les agriculteurs français recevront plus de 9 milliards par an en aides de la PAC. La France est la première bénéficiaire de la politique agricole commune. Un producteur laitier français reçoit en moyenne 30 000 euros par an en paiements directs. Ne mettez pas ces paiements en péril comme l’ont fait les agriculteurs britanniques.

C’est ensemble que nous devons travailler à simplifier et à moderniser la PAC d’une manière qui réponde à une grande partie de vos préoccupations.

J’ai déjà instauré, en deux ans seulement, un grand nombre de mesures pour simplifier la PAC à l’avantage des agriculteurs et des organismes payeurs. J'ai réduit les sanctions et les contrôles, créé un système de «carton jaune» pour ceux qui commettent une infraction pour la première fois, et je suis en train de donner à votre gouvernement davantage de souplesse pour réagir mieux et plus rapidement en cas de crise. Ces propositions législatives sont à présent entre les mains du Parlement européen.

Et je souhaite faire davantage encore, mais j'ai pour cela besoin de l’aide de la France et des agriculteurs français. L'année à venir sera importante pour les agriculteurs européens et je suis déterminé à faire en sorte que la PAC soit financée de manière adéquate et qu'elle soit plus simple à gérer, plus moderne, plus réactive et plus juste.

Monsieur le Président, vous vouliez entendre parler de réussites récentes de la PAC susceptibles d'inspirer nos agriculteurs plutôt qu'on se limite à parler de la mission pour laquelle elle a été mise en place en 1962. Permettez-moi donc de mentionner les succès obtenus récemment.

Grâce à nos agriculteurs, la sécurité alimentaire est assurée en Europe. Le président Juncker lui-même a souligné qu’il était important, sur le plan géostratégique, de ne pas dépendre d'autres pays pour notre alimentation.

Nos citoyens bénéficient des denrées alimentaires et des boissons de la meilleure qualité et les plus sûres au monde, grâce aux efforts acharnés et à l'inventivité de notre secteur agroalimentaire.

Vous, les agriculteurs, avez contribué à faire de l’UE le premier exportateur mondial de produits agroalimentaires.  À l’heure où d'autres acteurs de la scène internationale se replient sur eux-mêmes, de nouvelles perspectives considérables s’ouvriront à nous si nous continuons à nous tourner vers l’extérieur.

La France est une grande nation commerciale et pourtant, j’ai l’impression que la valeur des exportations pour l'agriculture française n’est pas bien comprise.

La balance commerciale pour l’agroalimentaire français affiche un excédent de 15 milliards d’euros en 2015. Cela prouve que les consommateurs dans le monde entier apprécient la qualité et le caractère traditionnel des produits alimentaires français. J'ai une confiance absolue dans les aliments français, qui sont d'excellente qualité, et il devrait en être de même pour vous.

En tant que membre de l’Union européenne et acteur central de la PAC, la France bénéficie de la position commerciale la plus forte au monde.

Qui peut croire que, sans la PAC, vous auriez les mêmes perspectives d’avenir?

Bien sûr, notre système n’est pas parfait. Il peut toujours être amélioré. Nous pouvons et nous devons l’améliorer, en travaillant ensemble. C’est la raison pour laquelle le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a annoncé en décembre que 2017 serait une année importante pour la modernisation et la simplification de la politique au profit des agriculteurs.

En février, j’ai lancé une consultation publique sur l’avenir de la PAC, qui est ouverte jusqu’au 2 mai.  J’encourage tous les producteurs laitiers français à faire entendre leur voix. Nous avons déjà reçu plus de 16 000 réponses, ce qui est extrêmement encourageant.

Cette consultation publique servira de base à l’élaboration d'une communication sur l’avenir de la PAC, qui sera publiée dans le courant de cette année et présentera une série d’options.

Permettez-moi de souligner que je suis résolu à maintenir un système d'aide au revenu. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que la prochaine PAC soit bien financée afin de vous soutenir, vous et vos familles, dans le travail essentiel que vous accomplissez.

Nous accomplissons également des progrès en ce qui concerne le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne alimentaire. En 2016, j’ai mis en place le groupe de travail «marchés agricoles». Il m'a présenté en novembre dernier un rapport qui présente des options détaillées envisageables pour de nouvelles actions. J’espère pouvoir annoncer très prochainement que de nouveaux progrès ont été réalisés.

Le choix qui se présente pour les agriculteurs français est le suivant: voulez-vous améliorer et moderniser la politique agricole française et européenne de l’intérieur ou prendre le risque de sortir de la PAC et plonger dans l’inconnu comme les agriculteurs britanniques?  Prenez garde à ce que pourriez obtenir.

Maintenir les normes alimentaires les plus élevées au monde a un coût. Préserver notre modèle agricole familial européen n’est possible qu'avec un soutien politique sans faille.

L’Union européenne sera toujours présente aux côtés de ses agriculteurs, mais il est également nécessaire que nos agriculteurs soient présents aux côtés de l’Union européenne, aujourd’hui plus que jamais.

Je souhaite que la France redevienne le moteur de l’agriculture européenne et que vous soyez à la tête de la modernisation et de la simplification de la PAC après 2020.

Je présenterai des propositions en 2018. Je compte sur votre soutien pour convaincre le gouvernement français et le Parlement européen de soutenir ces propositions et de fixer un budget suffisant.

Je vous remercie de votre attention.