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Contrôle des précurseurs de drogues
Les "précurseurs de drogues" sont des substances chimiques fréquemment utilisées pour fabriquer des drogues illicites telles que l'ecstasy ou les amphétamines. Les précurseurs de drogues, dont les usages autorisés sont nombreux, peuvent se révéler extrêmement dangereux lorsqu'ils sont détournés des circuits de distribution légaux en vue de la fabrication de drogues illicites.
L'anhydride acétique, par exemple, qui entre dans la fabrication de l'acétate de cellulose, de colorants, d'arômes ou de médicaments (aspirine), est également l'un des composants chimiques de base de l'héroïne. Certaines drogues illicites contiennent des substances telles que l'acétone, couramment utilisée comme sous-produit dans la fabrication de matières plastiques, de peinture et de chloroforme, ou l'acide sulfurique, qui est utilisé dans la production d'engrais, de colorants et de liquides pour batteries de voitures. De petites quantités de substances chimiques généralement inoffensives peuvent provoquer des dommages considérables si elles sont détournées: c'est ainsi que 200 g de pipéronal, produit utilisé dans la fabrication de parfums, de substances aromatiques et de répulsifs à moustiques, suffisent pour produire 4 000 doses individuelles d'ecstasy.
L'ecstasy en particulier est une préoccupation majeure de l'Union européenne. Près de 2,6 millions d'adultes dans l'UE l'ont récemment utilisée de façon abusive, selon le rapport 2006 de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. L'ecstasy pose un problème non seulement en raison des risques pour la santé liés à son utilisation, mais aussi parce qu'au cours des dernières années, l'UE est devenue l'un des principaux fabricants et exportateurs mondiaux de cette drogue, produite grâce à l'utilisation de précurseurs importés. Des drogues de synthèse autres que l'ecstasy sont elles aussi fabriquées dans l'UE en quantités importantes. Il va de soi que les risques très élevés auxquels les utilisateurs sont exposés représentent naturellement des profits considérables pour l'"industrie" de la drogue: un litre de certains précurseurs essentiels peut permettre de produire des drogues dont la valeur marchande est supérieure à 600 000 euros.
La lutte contre le détournement des précurseurs est donc une nécessité absolue. Il est également évident qu'on ne peut pas interdire le commerce des précurseurs de drogues.
En août 2005, l'UE a mis en place une nouvelle législation afin de contrôler le commerce des précurseurs de drogues de l'Union avec le reste du monde et les échanges de ces produits sur le marché intérieur européen. La législation s'appuie sur une convention des Nations unies qui s'inscrit dans un vaste cadre international. L'UE a également conclu des accords bilatéraux avec un certain nombre de pays dans le monde, visant à empêcher le détournement des précurseurs de drogues. Le secteur privé a lui aussi un rôle important à jouer dans la lutte contre le détournement, le partenariat avec les entreprises constituant un volet essentiel de la stratégie de l'UE à cet égard. En outre, de nouvelles initiatives sont envisagées pour compléter l'ensemble des mesures existantes.



