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Renforcer la dimension sociale de la stratégie pour la croissance et l’emploi - nouveau rapport

29/09/2009 Renforcer la dimension sociale de la stratégie pour la croissance et l’emploi - nouveau rapport

À l’avenir, la stratégie de l’Union européenne pour la croissance et l’emploi doit être plus attentive aux objectifs de cohésion sociale: c’est ce que réclame un nouveau rapport présenté le 29 septembre 2009 par la Commission européenne.

Le rapport du Comité de la protection sociale – qui rassemble des experts de tous les pays de l’UE – constate que les systèmes de protection sociale ont contribué à protéger les Européens contre les conséquences les plus graves de la crise financière. Il conclut cependant que la protection sociale seule ne suffit pas pour prévenir la pauvreté et l’exclusion, et appelle à mettre davantage l’accent sur des objectifs tels que la lutte contre la pauvreté des enfants et la promotion de mesures d’inclusion active. La modernisation accrue de la protection sociale doit s’articuler pleinement avec les stratégies pour la croissance et l’emploi.

Au cours de la décennie écoulée, la croissance économique et la croissance de l’emploi ont, d’une manière générale, amélioré les niveaux de vie globaux en Europe, selon le rapport. Les inégalités se sont cependant souvent creusées, et la pauvreté, ainsi que l’exclusion sociale, demeurent un problème de premier plan dans la plupart des pays, bien qu’il existe des différences considérables au sein de l’UE. Les taux de pauvreté dans l’UE s’étendent de 10 % en République tchèque et aux Pays‑Bas à plus de 20 % en Bulgarie, en Lettonie et en Roumanie.

L’accès au marché du travail reste difficile pour certains groupes – ainsi les personnes faiblement qualifiées, les parents isolés et les migrants –, en raison notamment d'obstacles spécifiques, tels que le faible accès aux services de soutien ou la mauvaise conception des prestations sociales, qui crée des freins financiers. Parallèlement, la qualité de l’emploi demeure un problème, et des formes d’emploi précaires ont contribué à pérenniser des niveaux élevés de pauvreté des travailleurs. Selon les indications, après vérification des écarts de qualification et d’expérience, les travailleurs ayant temporairement ou involontairement des contrats de travail à temps partiel perçoivent un salaire horaire moins élevé; et pour nombre d’entre eux, ces emplois ne sont pas un tremplin vers des emplois de meilleure qualité.

Pour y faire face, il est fondamental d’adopter des stratégies d’inclusion active, tant pour soutenir les plus vulnérables pendant la crise que pour limiter les pertes en capital humain et pour préserver le potentiel de croissance future. Les enseignements tirés de l’expérience montrent que lutter contre la segmentation du marché de l’emploi et promouvoir des emplois de qualité sont deux mesures essentielles. 

En ce qui concerne les systèmes de protection sociale, les réformes récemment appliquées ont amélioré leur viabilité financière à long terme, mais des projections montrent qu’il reste des défis à relever. Les efforts pour moderniser toutes les fonctions de la protection sociale doivent être poursuivis, en vue de garantir un accès effectif à des services de qualité pour tous, tout en contribuant à l’efficience des dépenses publiques. Pour garantir des pensions adéquates et viables, nous devrons consentir de nouveaux efforts pour allonger la vie active, ce qui entraîne également la nécessité de combattre les inégalités en matière de santé.

Il ressort également du rapport que les États membres se trouvent dans des situations très variables lorsqu’il s’agit d’affronter les conséquences sociales de la crise. Dans certains pays, la couverture sociale que fournissent les systèmes de protection sociale connaît d’importantes faiblesses, tandis que d’autres pays sont confrontés à de grands déséquilibres des finances publiques, ce qui laisse peu de marge de manœuvre en matière de politique sociale; certains, enfin, sont mieux préparés pour amortir le choc de la crise, mais s’interrogent sur la viabilité financière à long terme. Pour tous les pays, tant en période de prospérité qu’en période de vaches maigres, il sera capital de promouvoir la participation au marché de l’emploi tout en améliorant l’équité, l’efficience et l’efficacité des dépenses sociales. Pour que les dépenses de protection sociale soient efficaces comme instrument de stabilisation automatique de l’économie, elles doivent croître en temps de crise (c’est-à-dire lorsque le chômage augmente) et ensuite décroître lorsque l’économie va mieux.

Le rapport constitue une contribution aux réflexions de l’UE sur sa stratégie pour la croissance et l’emploi après 2010. En effet, les dirigeants européens doivent adopter l’an prochain une nouvelle stratégie pour les dix années à venir.