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Recherche et société

Les labos mènent l'enquête

 
 
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L'empreinte génétique : une pratique fiable, de plus en plus utilisée dans les affaires criminelles et les recherches en paternité.

Depuis une dizaine d'années, la police dispose d'indices précieux pour confondre les coupables : les empreintes génétiques. Depuis près de trois ans, les chercheurs du projet européen Stadnap travaillent à l'harmonisation de ces techniques d'identification. Afin de les rendre plus fiables et pour que ces données scientifico-judiciaires puissent être échangées d'un pays à l'autre.

     

Un cheveu, une goutte de sang, de salive ou de sperme suffisent aujourd'hui à trahir quelqu'un. En effet, à l'exception des globules rouges, toutes nos cellules contiennent de l'ADN (acide désoxyribonucléique). De cette molécule, support de l'information génétique, les scientifiques peuvent aujourd'hui extraire une carte d'identité biologique. Son principe repose sur la diversité génétique qui confère son unicité à chaque être vivant. Si la grande majorité des gènes se retrouve à l'identique chez tous les hommes, ils sont séparés par des zones hypervariables, très différentes d'une personne à l'autre. En une dizaine d'années, cette technique d'identification fondée sur l'empreinte génétique est devenue pratique courante dans différents types d'enquêtes, des affaires criminelles aux recherches en paternité.

Une multitude de marqueurs

Pour établir cette carte d'identité particulière, à partir d'un échantillon biologique, on étudie en général les microsatellites - des répétitions de mini-séquences d'ADN qui diffèrent par leur taille (ou STR pour Short Tandem Repeat). Dans certains cas, d'autres types de marqueurs, comme les polymorphismes ponctuels du génome (SNP pour Single Nucleotid Polymorphism), sont étudiés. "Au total, le nombre de marqueurs génétiques que l'on peut analyser est donc considérable", note Angel Carracedo, de l'Institut de Médecine Légale à Saint Jacques de Compostelle (Espagne). "En Europe, il existe environ 150 laboratoires qui pratiquent des tests génétiques. Mais, en l'absence d'un protocole unique d'analyse, tous n'examinent pas forcément les mêmes parties du génome pour établir une empreinte."
Ce manque d'harmonisation n'est pas sans conséquences. Il complique les contre-expertises demandées par les tribunaux en cas de litige, mais aussi la vérification de la qualité du travail des laboratoires (un préalable indispensable à l'attribution d'un agrément pour réaliser des profils d'ADN). Enfin - et peut-être surtout -, l'hétérogénéité des protocoles interdit toute comparaison directe entre les différents pays, ce qui peut entraver considérablement les enquêtes.

Besoin de standardisation

De cette carence est né un projet de recherche, lancé en 1997 dans le cadre du programme Normes, Mesures et Essais. Son objectif : harmoniser les protocoles d'analyse génétique, tant au niveau du choix des régions étudiées que des techniques mises en œuvre. Baptisé Stadnap (Standardization DNA profiling), il concrétise les efforts réalisés dès 1989 par une quinzaine de laboratoires européens qui s'étaient regroupés de façon informelle au sein de l'EDNAP (European DNA profiling Group).
Les partenaires de Stadnap se sont organisés en plusieurs groupes de travail. Le premier, qui se consacre à une sorte de veille technologique, devrait publier un rapport sur les diverses techniques utilisées depuis dix ans pour établir les empreintes génétiques. Le deuxième a entrepris de sélectionner les marqueurs et les protocoles de référence pour la réalisation de ces tests. A cet effet, l'ensemble des participants s'est soumis à des exercices pratiques visant à évaluer la qualité et l'intérêt de chaque nouveau marqueur, mais aussi de chaque protocole d'analyse. "De cette manière, seuls ont été retenus les marqueurs fiables, qui permettent d'obtenir des résultats reproductibles et les plus explicites possible. Les portions de génome qui donnent les résultats les plus variables sont, en revanche, éliminées. Et pour les techniques, les critères de sélection sont les mêmes", explique Hélène Pfitzinger, du laboratoire Codgene, à Strasbourg.
Enfin, les deux derniers groupes de travail étaient respectivement chargés d'organiser des échanges de personnel entre les laboratoires, afin de favoriser le transfert technologique et d'étudier les bases de données recensant les différents marqueurs utilisés par les laboratoires européens.

Différentes sources d'ADN

"Lors de ces recherches, l'analyse des marqueurs génétiques situés sur le chromosome Y, lequel est spécifique du génome masculin, a fait l'objet d'efforts particuliers. Cet élément se révèle, en effet, fort utile pour étudier les mélanges cellulaires et aider à résoudre certains cas d'agression sexuelle", poursuit Angel Carracedo. Outre les marqueurs présents sur l'ADN des chromosomes, les chercheurs ont également étudié l'ADN des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. "Lorsque l'ADN des noyaux cellulaires est dégradé ou absent de l'échantillon - en particulier dans les cheveux et les os -, on peut analyser l'ADN des mitochondries. Mieux protégé que l'ADN nucléaire, on le retrouve facilement dans un échantillon de mauvaise qualité. Il s'agit là d'un élément qui prend une importance croissante en médecine légale", précise le coordinateur de Stadnap.
Les empreintes génétiques tirées de l'ADN mitochondrial sont cependant délicates à interpréter et leur maniement nécessite des précautions particulières. Aussi les partenaires du projet ont-ils défini des normes précises pour encadrer l'utilisation de ce type d'ADN à des fins d'identification.
L'effort de standardisation au niveau européen ne devra pas cesser pour autant. De nouveaux marqueurs génétiques et de nouvelles techniques d'analyse apparaissent régulièrement, comme par exemple les puces à ADN. Le maintien d'une collaboration européenne est d'autant plus nécessaire que différents pays - Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, France, Autriche - élaborent leurs fichiers nationaux d'empreintes génétiques - qui pourraient être le noyau d'une banque de données commune.

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Titre
Standardization of DNA Profiling in the European Union

Programme
Normes, Mesures et Essais

Référence
SMT4 CT97-7506

Contact
Angel Carracedo
Institut de Médecine Légale
San Francisco
15705 Santiago de Compostela
Espagne
Fax : +34-981 580336
E-mail : apimlang@usc.es
Site Web

Partenaires
- Institut de Médecine Légale,
St-Jacques-de-Compostelle, Espagne (coordinateur)
- Institut für Rechtsmedizin, Universität Mainz, Mayence, Allemagne
- Institut für Rechtsmedizin, Munster, Allemagne
- Bundeskriminalamt, Wiesbaden, Allemagne
- Hellenic Police, Forensic Science Div.,DNA Laboratory, Athènes, Grèce
- Forensic Science Service, Birmingham, Royaume-Uni
- St. Bartholomew's and the Royal London School of Medicine and Dentistry, Londres, Royaume-Uni
- Institut National de Criminalistique, Bruxelles, Belgique
- Instituto de Medicina Legal, Coimbra, Portugal
- Retsgenetisk Institut, Copenhague, Danemark
- Forensic Science Laboratory, Dublin, Irlande
- Institut für Gerichtliche Medizin, Innsbruck, Autriche
- National Laboratory of Forensic Science, Linköping, Suède
- Rettsmedisinsk Institutt, Oslo, Norvège
- Direction de la Police Judiciaire, Laboratoire de Police Scientifique, Paris, France
- Institut de Médecine Légale, Strasbourg, France
- Gerechtelijk Laboratorium, Rijswijk, Pays-Bas
- Istituto Medicina Legale, Universita Cattolica, Rome, Italie
- National Bureau of Investigation, Crime Laboratory, Vantaa, Finlande
- Asham Pharmacia Biotech, Barcelone, Espagne
- Perkin Elmer Applied Biosystems, Foster City,
Etats-Unis

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Quelque 150 laboratoires européens pratiquent des tests génétiques. Mais, en l'absence d'un protocole unique d'analyse, ils n'examinent pas nécessairement les mêmes parties du génome pour établir une empreinte.

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