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Médecine et santé

La technologie au service des handicapés

   
 
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Un implant, un programmeur, un système de commande... L'ensemble permettra à ceux qui ont perdu l'usage de leurs membres de retrouver une certaine liberté de mouvement. Le résultat d'une recherche européenne épaulée par un réseau international de cliniques particulièrement dynamique.

Quelque 300.000 Européens souffrent de paralysie. Moyenne d'âge: 31 ans. En cause: 65% d'accidents de la route et 10% d'accidents de sport. Explication médicale: la nature spécifique des neurones, ces cellules qui composent le système nerveux et qui ont la particularité de ne pas se renouveler. Chaque individu naît donc avec un stock X de neurones, dont la perte est irréversible.

Ainsi, celui qui subit un traumatisme de la moelle épinière au niveau du cou deviendra-t-il tétraplégique et perdra-t-il plus ou moins l'usage de ses quatre membres, alors que d'autres foyers de lésions - situés au niveau du thorax ou du bas du dos - peuvent entraîner la paralysie des membres inférieurs (paraplégie).

Des électrodes...

Mais, dans ce type d'accident, les muscles placés en dessous des lésions n'en continuent pas moins d'être vivants et d'être reliés à la moelle épinière par des nerfs. Leur comportement dysfonctionnel (contractions, rigidité...) provient du fait qu'ils sont déconnectés du cerveau. Si on parvenait à substituer à ce dernier une autre fonction de commande, la personne paralysée recouvrerait en partie l'usage de ses membres.

L'hypothèse, déjà ancienne, a donné naissance aux techniques dites d'électrostimulation fonctionnelle: deux électrodes, placées sur la peau, stimulent les muscles sous-jacents, ce qui déclenche leur contraction. "Mais cette méthode a montré ses limites, car placer des électrodes chaque jour à quelqu'un n'est pas nécessairement aisé", fait remarquer Pierre Rabischong, professeur à la faculté de médecine de Montpellier.

... aux implants

imageC'est à partir de 1984 que, dans le cadre d'activités concertées de recherche soutenues par la Commission, des scientifiques européens ont imaginé des solutions nouvelles, beaucoup plus prometteuses, d'électrostimulation. "L'idée a été de réaliser un implant, placé à l'intérieur du corps et contrôlé par une antenne qui lui envoie des signaux par radiofréquence. Cette antenne serait elle-même reliée à un programmeur portable, de la taille d'un walkman, et qui contient l'intelligence du système de commande et de contrôle", poursuit Pierre Rabischong, l'un des animateurs de ces travaux.

Ainsi, pour se mouvoir, les patients paralysés des membres inférieurs utiliseraient deux cannes où sont placés les boutons de commande du programmeur (le "cerveau"). Ils auraient à leur disposition des ordres très simples: démarrer, ralentir, accélérer, changer de direction...

Un réseau clinique européen

Depuis 1989, ce groupe de chercheurs européens s'est investi dans le développement de cette technologie d'avenir et ont constitué, en 1992, un réseau clinique européen rassemblant des chirurgiens, des spécialistes de la rééducation, des ingénieurs... Ils ont mis sur pied le projet CALIES dans le cadre d'EUREKA et bénéficient, depuis 1996, de l'appui du programme communautaire BIOMED 2. Neuromédics - société qui assurera la coordination et la commercialisation du système et qui travaille en partenariat avec IBM et Thomson. L'objectif est d'implanter, au début de 1998, six patients, qui seront suivis en parallèle dans six pays (France, Italie, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, Danemark).

"Ce projet commun donne une très grande force à l'Europe dans ce domaine de recherche, notamment vis-à-vis des Etats-Unis et du Japon qui travaillent également dans des secteurs semblables. Créer une dynamique clinique, grâce aux projets européens, en combinant la rigueur des Allemands avec l'imagination des Italiens ou l'improvisation des Français, cela donne un ensemble particulièrement intéressant et interactif", conclut le docteur Rabischong.

Une émulation qui devrait aboutir, rapidement, à des technologies basées sur les implants, commercialisables à grande échelle.

 

 

Titre du projet:
SUAW (Stand Up And Walk)

Programme: BioMédecine et santé - BIOMED 2
Références: BMH4961501

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