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Energie

Rouler à l'air et à l'eau

 
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Pile à combustible développée dans le projet Fever. Unique rejet de ce système de production d'énergie parfaitement propre: de l'eau.

Zéro émission, cinq cents kilomètres d'autonomie, 120km/h en pointe. Telles sont les performances d'un prototype de véhicule propre mis au point par un partenariat européen. Voiture électrique, "Fever" a la particularité d'être alimentée par une pile à combustible ne consommant que de l'hydrogène et de l'oxygène.

     

Les trois quarts du parc automobile devraient être constitués, dans les quinze prochaines années, de véhicules hybrides combinant l'énergie électrique et la propulsion thermique. Les 25% restant seront entièrement électriques. Parmi ceux-ci, un véhicule particulièrement économe et propre pourrait être tiré du prototype réalisé par les six partenaires européens du projet Fever. Sa particularité : un moteur alimenté par une pile à combustible particulièrement respectueuse de l'environnement.

Electrolyse inversée

"Dans une pile à combustible, c'est la réassociation d'hydrogène avec l'oxygène de l'air qui permet de produire un courant électrique ainsi que de l'eau", explique Jean-Claude Griesemann, coordinateur du projet, directeur de recherche chez Renault. "Le principe de la pile à combustible, c'est l'inverse de l'électrolyse, au cours de laquelle un courant provoque la dissociation de l'eau en hydro gène et oxygène." Sous l'effet d'un catalyseur, le gaz hydrogène introduit dans une première chambre de la pile libère ses électrons qui, captés par une plaque métallique, donnent naissance au courant électrique. Les noyaux d'hydrogène - protons - traversent alors une membrane semi-perméable et se recombinent, dans la seconde chambre, avec l'oxygène de l'air. L'eau ainsi formée est l'unique rejet de ce système de production d'énergie parfaitement propre.
La réalisation de ce prototype a rassemblé, durant cinq ans, différents spécialistes aux savoir-faire complémentaires. Les Italiens De Nora et Ansaldo ont respectivement réalisé la pile et assemblé les systèmes auxiliaires et le réservoir d'hydrogène avec celle-ci. Le français Air liquide a confectionné le réservoir d'hydrogène tandis que Volvo (Suède) s'occupait des simulations et que l'Ecole des Mines de Paris définissait les paramètres de fonctionnement du système. Le prototype fut réalisé sur la base d'une Renault Laguna break.
"Les difficultés résidaient avant tout dans la compréhension des phénomènes physiques qui se déroulent à l'intérieur du système", poursuit Jean-Claude Griesemann. L'un des problèmes consiste à maintenir l'équilibre des pressions d'air et d'hydrogène de part et d'autre des membranes dans toutes les phases transitoires. Tout déséquilibre un peu violent est susceptible de rompre les membranes - et donc de détruire les cellules. Une autre difficulté vient de la gestion de l'eau, tant celle nécessaire à l'humidification des gaz et au refroidissement que celle produite par la pile. Un excès d'eau dans les circuits empêcherait, par exemple, la bonne circulation des gaz. La maîtrise des températures est également délicate parce que tout chauffage exige une consommation d'énergie qui se ferait aux dépens de la production d'électricité".

Les leçons d'un prototype

Le véhicule expérimental a permis de démontrer la faisabilité et surtout les performances qualitatives et quantitatives d'un tel système : zéro émission, rendement énergétique très supérieur aux moteurs thermiques, pointe à 120 km/h et une autonomie seulement limitée par la quantité d'hydrogène embarquée (500 km pour 8 kg d'hydrogène liquide). Restent à résoudre, pour en faire une solution industrielle, les problèmes d'espace (le volume du système ne permet que deux places passagers, mais le volume des piles s'est considérablement réduit depuis lors) et de coût. L'objectif considéré comme économiquement raisonnable serait de descendre à une échelle de 100 euros/kw pour les batteries, ce qui correspond à un prix équivalent à deux fois celui du moteur - actuellement, certaines batteries haut de gamme coûtent jusqu'à 100 000 euros/kw.
Au-delà de Fever, Renault, De Nora et Air Liquide sont également associés, avec d'autres partenaires, au projet européen HYDRO-GEN. Sous la coordination du constructeur français PSA, celui-ci vise à mettre au point un autre type de véhicule, utilisant une nouvelle génération de piles à combustible et de l'hydrogène comprimé.
La production en masse de ce gaz explosif, son transport et sa distribution représentent néanmoins le principal obstacle à l'adoption de la propulsion à pile. Les constructeurs (notamment Volkswagen, coordinateur de l'initiative CAPRI) s'intéressent donc à la possibilité de le produire directement dans les véhicules grâce à un "reformeur". Opération classique dans les industries gazières, le reformage consiste à oxyder un hydrocarbure (sous l'action de la vapeur d'eau et de l'air, à haute température et en présence d'un catalyseur) pour obtenir de l'hydrogène, du monoxyde de carbone et un hydrocarbure plus léger. Avec du méthanol, le reformeur ne produit que de l'hydrogène et du gaz carbonique. Cette solution présente l'avantage de pouvoir utiliser immédiatement le réseau de distribution existant et, par ailleurs, le méthanol peut être produit par des sources très diverses. Les véhicules ainsi conçus ne seraient plus zéro émission, mais le très bon rendement énergétique du système permettrait malgré tout une forte réduction des émissions de CO2 des véhicules.

 

 
Titre
Fuel cell powered electric vehicle for efficiency and range (FEVER)

Référence
JOU20301

Programme
Joule 2

Contact
Jean-Claude Griesemann
Département Recherche - Renault
Fax : +33-1-34957713
E-mail

Partenaires
- Renault Recherche et Innovation, Rueil-Malmaison, France (coordinateur)
- Air Liquide SA, Paris, France
- Association pour la Recherche et le Développement de Méthodes et Processus Industriels (ARMINES), Paris, France
- Ansaldo Ricerche Srl, Gênes, Italie
- AB Volvo Technological Development, Göteborg, Suède
- De Nora Permelec, Milan, Italie

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Véhicule expérimental, réalisé sur la base d'une Renault Laguna break.
Deux problèmes restent à résoudre : l'encombrement et le coût.

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