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RDT info logoMagazine de la recherche européenne Numéro spécial - Mai 2005    
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 EDITORIAL

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Title  Les peuples de l’Arctique, premières victimes du réchauffement climatique

On l’oublie peut-être trop facilement mais les Dolganes, les Inuits, les Saami et tous les autres peuples indigènes de l’Arctique(1) sont les premières victimes des changements climatiques.

Kangiqliniq-Rankin Inlet, dans la Baie d’Hudson, à la fin du printemps. Des Inuits préparent leur traîneau avant de partir à la chasse. © P. Visart/Expo-colloque ULB, March 2005
Kangiqliniq-Rankin Inlet, dans la Baie d’Hudson, à la fin du printemps. Des Inuits préparent leur traîneau avant de partir à la chasse.
© P. Visart/Expo-colloque ULB, March 2005
Désormais, le rapport ACIA (Arctic climate impact assessment) fait entendre leur voix. Leurs témoignages rentrent petit à petit dans le cadre des recherches polaires. Par la même occasion, le reste de la planète prend conscience, par les récits de ces témoins directs, de l’impact réel que les changements climatiques peuvent induire sur les modes de vie.

Pour les gens du Nord, l'impact sur leurs activités économiques et vivrières est évident. La chasse et la pêche ne sont plus aussi bonnes qu’auparavant.

Les glaces qui apparaissent de plus en plus tard et qui se retirent de plus en plus tôt raccourcissent considérablement la saison de chasse. Dans le nord du Groenland, cela a déjà contraint des chasseurs à abattre des chiens de traîneau faute de pouvoir les nourrir parce que la glace trop fragile ne leur permet pas de chasser le phoque, l'ours ou le morse. On imagine sans peine ce que cela peut signifier sous ces latitudes. Et que dire des éleveurs de rennes, dans le nord de l’Europe. Les Saami ne peuvent que constater que leurs bêtes, qui habituellement broutent le lichen en creusant dans la neige, se heurtent désormais à des couches de glace qui se forment suite aux pluies apparaissant lors de périodes de redoux.

En outre, ces changements climatiques se passent dans un contexte de perte d'identité face à l'influence grandissante du modèle occidental.

Plus inattendu, un soudain manque de vocabulaire se fait sentir, une incapacité à communiquer ce qu’on voit, ce qu’on vit. Des phénomènes jusque-là inconnus apparaissent, les éclairs et le tonnerre par exemple. Des espèces jusque-là cantonnées dans les régions tempérées s'installent à présent dans le Grand Nord. Les peuples de l’Arctique se retrouvent bouche bée… face à l’arrivée de guêpes ! Comment désigner ces insectes, comment les appeler quand on n’en a jamais vu ? C’est cela aussi, le réchauffement global de la Terre.

(1) Les communautés indigènes de l’Arctique totalisent environ quatre millions de personnes. Elles vivent sur les huit millions de kilomètres carrés qui composent les terres habitées de l’Arctique, c’est-à-dire le Groenland, le Nord de l’Amérique, de l’Europe et de la Sibérie et divers archipels (voir Recherche arctique et antarctique : quelle différence ?).

    
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