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RDT info logoMagazine de la recherche européenne Numéro spécial - Juillet 2005   
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 EDITORIAL

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ETATS-UNIS
Title  Dialogue "bio"-transatlantique

Les Etats-Unis et l'Europe sont les deux plus importants foyers mondiaux où se développe la révolution des sciences du vivant et des biotechnologies. C'est pourquoi, entre les deux rives de l'Atlantique, un forum de discussions et d'échanges d'idées a été lancé depuis quinze ans par la Task Force UE/USA pour la recherche en biotechnologie. Cette longue relation entre partenaires égaux joue un rôle majeur pour la détermination des orientations et la promotion des avancées scientifiques dans tous les domaines les plus prometteurs.

Dialogue "bio" - transatlantique
C'est en 1990 que la Task Force UE/USA pour la recherche en biotechnologie a été fondée à l'initiative de la Commission européenne et du White House Office of Science and Technology Policy. En septembre prochain, le quinzième anniversaire de ce très actif forum transatlantique de discussion et de collaboration entre responsables politiques et scientifiques sera l’occasion de dresser un bilan du rôle important qu'il a joué et continue de jouer dans le pilotage et l’exploitation de la révolution qui est en route dans le domaine de la biotechnologie et des sciences du vivant.

La marée des connaissances
Mais quelle était la situation de la biotechnologie au moment où cette initiative a été lancée ? Si l’on pressentait bien, à cette époque, que les connaissances en biologie et leur utilisation à des fins techniques portaient en germe une formidable révolution, on n'en était encore qu'aux premiers pas. Et, en tout cas, peu nombreux étaient ceux qui imaginaient que tout irait aussi vite.

Car c’est bien la rapidité du changement qui frappe lorsque l’on se penche sur quinze années de progrès en biosciences et en biotechnologie à travers le prisme de la Task Force. Plus personne aujourd’hui n’ignore des expressions comme ‘ADN’, ‘génome’ ou ‘clonage’, mais il y a quelques années, tous ces termes n’intéressaient
que des scientifiques.

Les premières plantes transgéniques ont été mises sur le marché en 1994; le premier clonage d’un mammifère (la fameuse brebis Dolly) a été annoncé en 1997; le séquençage du génome humain a été réalisé en juin 2001, même si beaucoup reste à faire pour analyser ses quelque 3 milliards de nucléotides. Dans un monde qui change aussi vite, on comprend sans peine que les scientifiques des deux premiers foyers mondiaux de recherche en biologie aient ressenti le besoin de se rencontrer régulièrement.

Concertation
Les réunions annuelles de la Task Force, où siègent les responsables des agences fédérales américaines de financement des biotechnologies(1) et leurs homologues de la Commission, permettent ainsi de réaliser un tour d’horizon des grands enjeux du moment et du futur. En quinze années d'existence, les thèmes approfondis dans cette structure de partenariat ont couvert des champs très innovants, tels les développements précurseurs de la bioinformatique (en 1992) et le concept de nanobiotechnologies (un terme nouveau forgé au sein de la Task Force en 1997). On peut citer aussi d'autres grands thèmes de concertation, tels l'immunologie néo-natale, la cartographie du cerveau humain, la biotechnologie marine, la recherche sur la biodiversité, la biologie moléculaire, la génomique, etc.

Mais les activités de la Task Force ne se limitent pas à des échanges de vue entre délégations. A travers les workshops et les autres activités qu'elle a soutenues, la Task Force a permis à des scientifiques chevronnés et de jeunes chercheurs d'analyser les défis de la recherche et elle a renforcé les liens entre communautés scientifiques.

Standards pour une Big Science
Les enjeux de la biologie s'affirment, en effet, comme un domaine typique de la Big Science, où des projets de collaboration internationale de grande envergure sont nécessaires. Ces initiatives visent, en particulier, à stimuler réciproquement les communautés scientifiques pour dépasser les frontières entre disciplines(2).

Les discussions sur “les standards en bioinformatique” qui ont eu lieu au sein de la Task Force au début des années '90 en sont un bel exemple. Chaque discipline des sciences du vivant a, en effet, longtemps développé de son côté ses propres bases, selon ses propres normes techniques. D’où, un gaspillage de ressources dû à la duplication de ces données et une perte de temps liée à la nécessité de croiser les informations. Or, un microbiologiste peut avoir simultanément besoin de savoir où une bactérie sur laquelle il travaille a déjà été prélevée dans l’environnement (biodiversité), si elle a été associée à une maladie humaine (médecine) et si son génome a déjà été séquencé (génétique). La Task Force a ainsi choisi de se pencher sur l'organisation et la structure des banques de données plus que sur leur contenu. Cette approche a permis de progresser dans la définition de standards universels, valables pour les autres organisations(3).

Le potentiel végétal
Parmi les dossiers au coeur de l’actualité, mentionnons les maladies infectieuses émergentes, les biotechnologies appliquées au nettoyage de l'environnement, les biotechnologies vertes, ainsi que les questions à résonance sociétale de la bioéthique. Le thème central de la session de travail conjointe qui s'est tenue en avril 2005 portait sur le développement de la fabrication de matières plastiques ou de carburants par les plantes.

"Le monde végétal constitue, en effet, une ressource durable potentiellement capable de réduire notre dépendance à l'égard des produits pétrochimiques, tout en offrant ainsi une perspective de nouveaux débouchés pour l'agriculture," souligne Christian Patermann, responsable des recherches "Biotechnologie, Agriculture et Alimentation" à la Commission européenne et co-président européen de la Task Force. "Mais il faut pour cela progresser dans les connaissances et les outils fondamentaux et prendre en compte la relation bénéfices/risques. Ces sujets complexes demandent une collaboration scientifique internationale pour promouvoir l'apport des biotechnolgies à de nouvelles éco-innovations."

Recherches partagées, échange de chercheurs
Echanges bilatéraux d’information, identification en commun des sujets émergents, contribution à la définition de standards partagés... La description des activités de la Task Force ne serait pas complète si l’on n’y ajoutait l’effort permanent pour développer les échanges de chercheurs et les actions de formation. Sur ce dernier aspect, un exemple peut être cité dans le domaine de la biologie moléculaire en matière d'environnement, où une centaine de bourses internationales pour post-doctorants ont été attribuées, en particulier pour des recherches sur l'utilisation de la biotechnologie et de la biologie moléculaire contre la pollution environnementale, comme ce fut notamment le cas après la marée noire occasionnée par le pétrolier Prestige sur les côtes Nord-Ouest de l'Espagne.

"Ce qui fait l'originalité de la Task Force, c'est qu'elle est centrée sur l'avenir de la science, estime Mary E. Clutter, assistante du directeur de la Biological Sciences, National Science Foundation (NSF) et co-présidente américaine de la Task Force. L’atelier de cette année, L'avenir de la biologie végétale, qui s'est tenu en juin au siège de la NSF à Arlington (VA), est un excellent exemple. Cette réunion a mis en valeur de nombreux nouveaux concepts, très intéressants, dans le domaine de la biologie des plantes – notamment les réseaux interactomes, la 'plante virtuelle', la réintroduction des espèces sauvages, ou encore le partage et l'adaptation de nouvelles connaissances avec les pays en développement." La prochaine réunion de la Task Force est prévue, en septembre 2005, à Arlington (VA).

(1) National Science Foundation, National Institutes of Health, US Department of Agriculture, US Department of Energy, the State Department and the White House Office of Science and Technolog Policy, etc.
(2) Cette multidisciplinarité a ainsi été étendue récemment en associant aux travaux des ateliers des représentants de sciences sociales étudiant les développements de la biologie.
(3) GBIF website


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      Europe-USA : une coopération largement multidisciplinaire

    La Task Force Recherche en Biotechnologie a été créée dans la foulée de la mise en œuvre de la première "Déclaration Transatlantique", signée en 1990. Celle-ci instituait, de façon globale, la volonté partagée de renforcer les coopérations et consultations entre l'Union et le gouvernement américain dans les domaines de l'économie, l'éducation, la science et la culture.

    Sur le volet scientifique, le rapprochement qui avait déjà été expérimenté depuis huit ans dans le domaine des sciences du vivant (ainsi qu'au niveau des technologies de l'information) a été élargi, en 1998, dans le cadre du premier Accord de coopération scientifique et technologique, visant tout particulièrement à développer les projets de recherche coordonnés ou communs.

    Renouvelé en octobre 2004, l'Accord inclut des domaines tels que la métrologie, les nouveaux matériaux et les nanotechnologies, l'environnement et la recherche climatique, la biomédecine (par exemple, dans les domaines du sida, des maladies infectieuses et des dépendances aux drogues), les énergies non-nucléaires(1) et renouvelables (notamment la filière hydrogène), la télématique, la mobilité et la formation des chercheurs.

    En raison de leur spécificité, les actions de la Task Force Recherche en Biotechnologie gardent un caractère autonome par rapport à cet accord.

    (1) Signé dans le cadre du Traité Euratom, un accord UE/USA séparé, entré en vigueur en 1996, concerne l'énergie nucléaire civile et, en particulier, l'aspect recherche.

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