La science évolue plus rapidement que jamais. Une découverte importante
entraîne la suivante. Alors que les enseignants peinent à se tenir au courant des dernières recherches, beaucoup d’élèves estiment les cours de
science «ennuyeux». Au printemps 2006, EIROforum a répondu à ces contradictions en lançant Science in School, le premier journal international
et multidisciplinaire pour un enseignement innovant de la science.
«La science devient de plus en plus internationale et interdisciplinaire»,
estime Eleanor Hayes, éditrice de ce trimestriel, basé à l’EMBL.
«Les systèmes d’éducation sont nationaux, mais les enfants du
monde entier ont des curiosités semblables. L’événement le plus excitant
du jour peut apparaître dans n’importe quel domaine. Les élèves peuvent
tout à coup avoir envie de discuter d’une découverte sur Mars, d’une
innovation médicale ou d’une catastrophe naturelle.» C’est dans cet esprit
que Science in School approche l’enseignement de la science, non seulement
à travers l’Europe, mais également à travers ses différents domaines.
Populaire auprès des professeurs de science, des chercheurs et de ceux
qui sont impliqués dans l’éducation scientifique, Science in School parle
des dernières découvertes, propose du matériel pédagogique, donne la
parole à des enseignants et des scientifiques, passe en revue les ressources
disponibles, etc. Les sujets traités dans les trois premiers numéros
portaient notamment sur la chimie du chocolat, les séquelles génétiques
de Tchernobyl, la contribution musulmane à la science occidentale, la
manière de construire une hélice d’ADN au moyen de bouteilles vides
ou encore une analyse sur ce que les teenagers pensent réellement de
la science.
«Les scientifiques européens, notamment ceux qui travaillent dans les
laboratoires de l’EIROforum, font continuellement de nouvelles découvertes
qu’ils voudraient expliquer aux plus jeunes, mais il n’existait aucun canal
pour les y aider», souligne Bill Stirling, directeur général de l’ESRF.
Promouvoir la communication entre les scientifiques et les écoles est un
objectif-clé du journal. Estimant que les vrais experts sont ceux qui sont à
l’ouvrage, Science in School fait le lien entre deux principaux groupes
d’auteurs: les scientifiques qui mènent des recherches et les enseignants
qui utilisent des matériaux. Des professeurs expérimentés relisent les
articles et proposent des façons d’utiliser ces textes dans les classes.
Cette approche fonctionne: les lecteurs de plus d’une trentaine de pays
européens ont répondu avec un tel enthousiasme qu’EIROforum tire
actuellement Science in School à 30 000 exemplaires (contre 20 000
au départ). L’édition, en langue anglaise, est envoyée gratuitement aux
professeurs de science à travers l’Europe.
Même si la version anglaise a du succès, les cours ne se donnent
pas moins dans la langue du pays. L’équipe de Science in School
travaille donc avec des chercheurs et des enseignants européens pour
proposer des traductions de ces textes sur son site web. «La demande la
plus fréquente de nos lecteurs est d’étendre la publication dans le plus
grand nombre possible de langues», poursuit Eleanor Hayes. «Grâce à de
nombreux bénévoles, nous mettons déjà des articles disponibles en ligne
dans seize langues européennes. Mais c’est une tâche qui se poursuit.
Aussi, ceux qui souhaiteraient nous aider sont les bienvenus...»
Comment transmettre aux jeunes l’émerveillement de la recherche
et de la découverte? Comment assurer pour l’avenir la relève
des scientifiques et des ingénieurs dont la société a de plus en
plus besoin? Quels moyens l’Europe peut-elle apporter pour
renforcer l’enseignement...
Comment transmettre aux jeunes l’émerveillement de la recherche
et de la découverte? Comment assurer pour l’avenir la relève
des scientifiques et des ingénieurs dont la société a de plus en
plus besoin? Quels moyens l’Europe peut-elle apporter pour
renforcer l’enseignement scientifique dans les écoles primaires
et secondaires?
Ces grandes questions seront débattues pendant le festival
européen Science on Stage (Science en Scène), qui se déroulera
à Grenoble du 2 au 6 avril 2007. Cet événement, organisé par
EIROforum et soutenu par la Commission européenne, est une
occasion unique pour 500 professeurs de science d’une trentaine
de pays européens de se retrouver et d’échanger leurs
idées sur les meilleures pratiques d’enseignement.
En mêlant les approches ludiques et conviviales avec la
réflexion de fond, Science en Scène peut être vu comme une
sorte de laboratoire où les idées les plus originales cohabitent
avec les expériences pédagogiques les plus exigeantes. Entre la
«foire», où chacun peut exposer son projet devant ses collègues
d’autres pays, et les ateliers de formation, où les professeurs
retrouvent les bancs de l’école pour expérimenter de nouvelles
pratiques, tous les chemins de traverse sont possibles, et
l’interdisciplinarité est reine. Les enseignants ont aussi l’occasion
de rencontrer des scientifiques en poste dans les instituts européens
d’EIROforum.
Ce programme a pris de la graine depuis le premier Physics on
Stage organisé au CERN en 2000. Des comités nationaux se
sont mis en place dans 29 pays. Ils forment la structure de base
du programme Science en Scène, avec pour objectif de rendre
l’enseignement des sciences plus attractif, de capitaliser sur la
curiosité naturelle des enfants et des adolescents, de montrer
que la recherche est une activité passionnante en perpétuelle
évolution. Ils ont aussi pour mission de poser sur la place publique
les grandes questions sur le futur de l’éducation en Europe.
Le 5 avril 2007, à Grenoble, les professeurs de science pourront
débattre directement avec les décideurs, à l’occasion d’une table
ronde sur le thème Challenges to Europe: European science
education in the future, présidée par le commissaire européen
chargé de la science et de la recherche, Janez Potoc?nik.