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RDT info logoMagazine de la recherche européenne Numéro spécial - Février 2007    
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 EDITORIAL
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ILL
Title  Les neutrons au service de la science

Institut Laue-Langevin. Le nom donné à l’ILL par ses fondateurs est un hommage à deux physiciens pionniers du siècle dernier (1). Ce centre d’excellence européen est aujourd’hui l’une des plus importantes sources mondiales de neutrons, grâce auxquels des chercheurs de toutes disciplines peuvent pénétrer dans la structure de la matière, inerte ou vivante.

Effet Cerenkov visible dans la piscine du réacteur de l’ILL. La lumière bleue résulte d’un phénomène de polarisation de l’eau quand elle est traversée par des électrons de haute énergie. Ces électrons sont créés par des rayonnements gamma émis par le processus de fission dans le coeur du réacteur.
Effet Cerenkov visible dans la piscine du réacteur de l’ILL. La lumière bleue résulte d’un phénomène de polarisation de l’eau quand elle est traversée par des électrons de haute énergie. Ces électrons sont créés par des rayonnements gamma émis par le processus de fission dans le coeur du réacteur.
© ILL/Jean-Luc Baudet
Cette importante installation scientifique est née, à Grenoble, dans les années ‘60, de l’inspiration conjointe du physicien allemand Heinz Maier-Leibnitz et de son collègue français Louis Néel (prix Nobel 1970 pour ses travaux sur le magnétisme). Ceux-ci voulaient mettre à la disposition de la recherche fondamentale civile le formidable outil d’investigation des atomes ou des molécules offert par les faisceaux neutroniques. Ce jumelage bilatéral France-Allemagne a été renforcé par une participation équivalente du Royaume-Uni dès les années ‘70 (2). D’autres partenariats avec différents pays européens sont venus, depuis lors, apporter leur appui à l’Institut.

Un leader mondial

Leader mondial en sciences et techniques neutroniques, l’ILL est un institut de service offrant aux chercheurs du monde entier la possibilité de mener des travaux dans une gamme étendue de domaines – de la physique de la matière condensée à la science des matériaux, en passant par la chimie, la biologie et la physique nucléaire. Chaque année, près de 2 000 chercheurs, sélectionnés par un comité scientifique, y séjournent pour réaliser leur propre projet et quelque 800 expériences sont menées. En parallèle, la vie scientifique propre à l’Institut et le support aux utilisateurs mobilisent en permanence plus de 300 chercheurs, ingénieurs et techniciens.

L’excellence de pointe de l’ILL est due à la qualité de sa source de neutrons, mais également à la grande quantité de lignes de faisceau sur lesquelles ceux-ci sont répartis. Ainsi, une même source de neutrons peut être exploitée par diverses expériences nécessitant des faisceaux très dif - férents, tant en intensité qu’en énergie. Outre les détecteurs et instruments divers, des équipements sophistiqués – conçus et développés par les scientifiques «maison» et souvent sans équivalent au monde – s’offrent également aux chercheurs: composants optiques ultra perfectionnés dits monochromateurs, supermiroirs qui réfléchissent, concentrent et guident les neutrons, cryo-aimants permettant d’étudier les échantillons à l’état magnétique souhaité, etc.

Pistes pédagogiques

L’ILL s’adresse au grand public à travers une série de brochures thématiques (en anglais) sur les applications des techniques du neutron dans différents domaines (la matière, la vie, les nouveaux matériaux, l’Univers, etc.). Très bien illustrées, ces brochures téléchargeables offrent des pistes pédagogiques intéressantes pour les enseignants.

(1) L’Allemand Max von Laue (prix Nobel 1914) est l’inventeur de la mesure par diffraction des longueurs d’onde des rayons X à travers un cristal et le Français Paul Langevin fut un chercheur important dans l’équipe des pionniers de l’atome proches de Pierre et Marie Curie. Tous deux peuvent être considérés comme les «pères spirituels» de la recherche neutronique.

(2) Au-delà des trois pays associés, des partenariats scientifiques se nouent continuellement depuis une vingtaine d’années: l’Espagne (1987), la Suisse (1988), l’Autriche (1990), la Russie (1996), l’Italie (1997), la République tchèque (1999), la Suède et la Hongrie (2005), la Belgique et la Pologne (2006).

    
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