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RDT info logoMagazine de la recherche européenne Numéro spécial - Novembre 2005    
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 EDITORIAL

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INTERNET
Title  Sur la science et par le web : trois expériences septentrionales

Le web compte d’innombrables sites portails proposant aux internautes d’un pays, et dans leur langue, des informations quotidiennes sur le sport ou les spectacles …mais très rarement de la science. D’où l’originalité du néerlandais kennislink.nl, du norvégien forskning.no et du suédois forskning.se qui offrent, chacun à leur manière, un suivi presque en temps réel de leur actualité scientifique nationale.

Que ces sites aient été créés dans des pays à la fois excellents sur le plan scientifique et de taille modeste ne doit rien au hasard. Les quelque 45 000 chercheurs suédois ou néerlandais, comme leurs 20 000 homologues norvégiens, sont certes reconnus par leurs collègues du monde entier, mais leurs travaux risquent de passer inaperçus aux yeux de leurs compatriotes, noyés dans le flux mondial d’informations scientifiques. Plus petite qu’en Allemagne, en France ou au Royaume-Uni, concentrée dans un nombre plus restreint d’instituts et d’universités, la communauté scientifique y est aussi plus soudée.

C’est sans doute cette cohésion qui a permis l’engagement de la quasi-totalité des institutions scientifiques de chacun de ces trois pays dans le lancement, au début des années 2 000, de ces portails de l’actualité scientifique nationale. Kennislink.nl, forskning.no et forskning.se ont tous la même ambition : faire connaître, comprendre et aimer la recherche, en particulier celle qui est faite dans le pays. Tous se veulent accessibles au grand public, avec une préférence plus marquée pour les jeunes chez forskning.no. Tous recourent aux possibilités didactiques (animations, séquences vidéos) et interactives (forums, réponses d’experts aux questions du public…) de la Toile.

Un objectif, trois méthodes
Cependant, vu des coulisses, ces trois sites fonctionnent de manière bien différente. A kennislink.nl (littéralement le lien du savoir), c’est le modèle du réseau qui prévaut. Les quelque soixante-dix partenaires, à savoir les principaux acteurs de la science et de l’enseignement supérieur du pays, utilisent le site comme une plateforme de publication commune. Chacun y "poste" ses informations ou ses communiqués, qui sont mis en forme et en contexte par l’équipe rédactionnelle, qui compte notamment cinq journalistes. Tirant parti des avantages de l’organisation en réseau, kennislink.nl cherche à développer l’interactivité et l’implication du public. Une des initiatives phare en la matière est l’étude annuelle portant sur la grippe, qui voit chaque hiver quelque 30 000 volontaires néerlandophones des Pays-Bas et de Belgique, plaisamment baptisés "grippomètres", remplir chaque semaine en ligne un questionnaire sur leur état de santé. Scientifiques et participants y trouvent leur compte. Les chercheurs y gagnent de précieuses informations sur l’étendue de l’épidémie annuelle ; les "grippomètres", dont nombre de scolaires grâce au partenariat avec les écoles, une meilleure compréhension de la démarche de cette science méconnue qu’est l’épidémiologie.

A l’opposé de ce modèle en réseau, on trouve forskning.se (littéralement recherche.se) conçu sur un mode plus centralisé. Les informations sont fournies directement par les huit institutions scientifiques suédoises qui possèdent le site. L’équipe rédactionnelle (qui ne compte aucun journaliste) ne touche pas au contenu des textes, qu’elle se contente de mettre en forme multimédia. Grâce à un système d’archivage performant, l’internaute peut ainsi disposer d’un panorama unique et exhaustif des recherches en cours dans les laboratoires suédois.

A mi-chemin entre ces deux modèles du réseau et de la diffusion centralisée d’informations, forskning.no se fixe pour ligne de conduite de "publier ce que les internautes ont envie de lire plutôt que ce que les laboratoires ont envie de dire". Les informations fournies par les organisations scientifiques qui en sont membres sont ainsi traitées systématiquement par son équipe de quatre journalistes, qui sont d'ailleurs à l’origine de la renaissance, ces dernières années, de l’Association norvégienne des journalistes scientifiques. Le site fonctionne aussi comme une agence de presse, qui fournit aux médias nationaux des articles clé sur porte dans le domaine de l’actualité scientifique.

Lisibilité ou exhaustivité? Interactivité ou respectabilité? Tous ceux qui ont eu à réfléchir à la diffusion du savoir scientifique et technique ont eu à méditer ces dilemmes. Kennislink.nl, forskning.no et forskning.se y ont apporté des réponses différentes, riches d’enseignement pour tous… à condition de lire le néerlandais, le norvégien ou le suédois.

    
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