Avis juridique important
   
Contact   |   Recherche   
RDT info logoMagazine de la recherche européenne Numéro spécial - Novembre 2005    
Top
 ACCUEIL
 SOMMAIRE
 EDITORIAL

Télécharger le pdf de en fr


PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
Title  Le grand virage des revues

Internet est venu bouleverser tous les principes de fonctionnement de l'édition scientifique qui ont séculairement régi la qualité et l'intégrité ainsi que l'accès aux connaissances. Depuis près de cinq ans, un vaste débat traverse non seulement le monde des éditeurs, mais aussi les acteurs de la communauté scientifique, tous concernés par la mutation numérique.

Le grand virage des revues
Le premier niveau de la communication scientifique est celui de la dissémination inter pares des connaissances. Celle-ci est la pierre angulaire sans laquelle la marche en avant de la science est impossible. Prenant ses origines au 18ème siècle, les us et coutumes particuliers qui ont forgé la validation des savoirs ont avant tout pour but d'assurer une "garantie d'intégrité et de qualité" sous la forme d'un système assez unique de cooptation démocratique. Le peer review – la relecture par des pairs indépendants, habilités à donner leur imprimatur pour la publication des comptes rendus de recherche dans les revues disciplinaires – constitue la clé de voûte du fonctionnement de la science.

Tradition éditoriale séculaire
Au départ, l'édition de revues spécialisées a été développée par des acteurs issus de la communauté scientifique, dans de nombreuses universités et sociétés savantes. Cette production de publications par ceux que l'on appelle Learned Publishers occupe toujours une place importante. Autonome, cette filière fonctionne sur le principe du not-for-profit. Cela ne l'empêche pas de pouvoir réaliser des bénéfices parfois très importants, soit réinvestis dans les activités éditoriales (par exemple pour le développement de l'accès en ligne), soit pour le financement d'autres besoins des institutions académiques dont elle émane.

Parallèlement, à partir du début du siècle dernier, des éditeurs professionnels se sont également développés sur le modèle commercial classique du for-profit. Quelques uns ont acquis une ampleur considérable, tel le groupe hollandais Reed Elsevier. Ce "géant" est aujourd'hui le plus important éditeur scientifique, avec 28% du marché mondial. Quelques autres puissantes maisons commerciales, entrées il y a des décennies dans cette activité – Springer (Allemagne), Wolters Kluwer (Pays-Bas),Thomson Scientific (USA), Blackwell Publishing (UK) et Taylor & Francis (UK), etc. –, détiennent les deux tiers de la diffusion mondiale des connaissances, le solde étant composé des non-for-profit éditeurs (voir graphique).

La science se fonde sur un double principe d'universalité et de liberté d'initiative et, traditionnellement, les deux filières for-profit et not-for-profit cohabitent de façon feutrée. Cette dernière, regroupant les activités d'édition assurées par les institutions académiques et scientifiques, est principalement représentée et soutenue par The Association of Learned and Professional Society Publishers (ALPSP), née au Royaume-Uni. "Nos adhérents totalisent un ensemble de 7 000 à 8 000 revues", indique Nick Evans, Business Manager de l'association. "Nos relations avec les éditeurs privés sont certes concurrentielles, mais nous partageons la même mission de développer, sélectionner et faire connaître l'évolution du savoir en le rendant accessible à un maximum de scientifiques. Nous coopérons d'ailleurs étroitement avec certains d'entre eux qui on un statut de membres associés dans ALPSP, en particulier Balckwell Publishing, qui assure le service d'édition de divers Learned Publishers."

Crise de saturation et Open Access
Cette organisation bien rodée est aujourd'hui ébranlée par deux phénomènes d'ordre différent. D'une part, sous l'effet de l'inflation de l'activité éditoriale et de son coût, liée à l'augmentation exponentielle des savoirs, on assiste à une saturation du pouvoir d'achat des bibliothèques scientifiques publiques des universités et des grands centres de recherche.

D'autre part, la révolution de l'âge digital et d'Internet met en concurrence les supports écrits et informatiques et l'accès en ligne constitue désormais un bouleversement fondamental de la gestion traditionnelle du savoir scientifique. En outre, depuis un peu moins d'une décennie, des groupes très actifs de chercheurs militent pour un accès non seulement libre, mais aussi gratuit. En dernier ressort, cette conjonction d'une asphyxie économique et de la mutation numérique interpelle aussi les pouvoirs publics et, au-delà, la société. N'est-ce pas elle qui fournit le "carburant financier" nécessaire à la science? Et n'est-elle pas en droit de participer, en contrepartie, au débat sur cette nouvelle donne dans l'accès au savoir ?

Graphique : Parts globales de marché de l’édition scientifique (2003)
Graphique : Parts globales de marché de l’édition scientifique (2003)

Version imprimable

Dossier 1 2 3
  Le grand virage des revues
  Le blues des bibiothécaires
  La croisade de l'accès libre


  POUR EN SAVOIR PLUS  
 
  • ALPSP
  •  


       
      Top
    Dossier 1 2 3

    POUR EN SAVOIR PLUS

    CONTACTS