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Numéro spécial - Mars 2004 |
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| EDITORIAL |
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Tiede/Taide, les deux culturesLa science a depuis longtemps renoncé à découvrir la vérité et l'art ne se conjugue plus en termes de beauté. La science continue de percevoir le monde et de tenter de le comprendre. L'art le traduit et le transfigure. L'art et la science ont tous deux affaire avec la pensée, l'intuition, l'imagination, la recherche. Mais selon quelles affinités et quelles divergences?
En finnois, cette langue très particulière qui sort du cadre indo-européen, science se dit "tiede" (du verbe tietää, connaître, savoir) et art "taide" (du verbe taitaa, savoir faire quelque chose)."Conditionnés par leur langue, les Finlandais sont conduits à chercher des liens entre ces deux champs d'activité humaine, explique le mathématicien Osmo Pekonen. Tout politicien, journaliste, mécène, qui prononce tiede avec quelque solennité y ajoute presque instinctivement taide . Quand on pratique ou sponsorise l'un, on n'oublie pas l'autre…."
RDT info se serait-il mis à l'heure finlandaise ? Les rapports entre sciences et arts figureraient-ils à l'ordre du jour d'un prochain programme-cadre de recherche ou d'un plan d'action de la Commission ? Il est indéniable que les interactions science-société sont un volet en expansion de l’activité européenne. Ajoutons aussi, plus simplement, que ce numéro spécial répond à l’envie de bon nombre de lecteurs de voir présentée différemment la science, considérée – tout comme l'art – comme partie prenante de la culture européenne commune.
En travaillant sur ce thème, on s'aperçoit cependant bien vite de sa … prolixité, sinon de sa banalité. Art et science, arts et sciences, au singulier ou au pluriel sans que l'on sache trop pourquoi, encombrent les intitulés des colloques, des revues spécialisées, des conférences, des séminaires. Il s'agit clairement d'un domaine où les échanges et les collaborations apportent aussi une "plus-value" européenne. L'inconscient médiatique doit exister et nous voguons tout simplement dans l'air du temps. Est-ce une raison suffisante pour faire demi-tour ?
Ce qui incite, à coup sûr, à poursuivre, c'est la qualité des personnes rencontrées, des projets réalisés, des lieux imaginés. A chaque fois, et toujours différemment, étaient posées la question des frontières et des terrains d'ententes entre ces deux univers, l'affirmation de leurs spécificités en même temps que celle de leurs enrichissements réciproques.
A chaque fois, aussi, s'ouvraient de nouvelles perspectives – des pistes qu'il fallait abandonner parce qu'un numéro de 44 pages a ses limites. Il aurait fallu rencontrer des architectes, évoquer les rapports de la musique et des mathématiques, parler de la façon dont les artistes se sont emparés des nouvelles technologies et de l'espace virtuel, jeter un coup d'œil du côté des musées des sciences et des techniques, s'interroger sur la manière dont l'enseignement entretient la fameuse séparation entre les "deux cultures" – la scientifique et la littéraire . Mais il eût fallu plus d'espace, plus de temps. Deux champs d'interrogation chers aux scientifiques et aux artistes.
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