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L'imagerie à l'heure des réseaux

   

Les méthodes d'imagerie cérébrale permettant de voir fonctionner le cerveau, en temps réel, représentent une des révolutions à l'origine des progrès des neurosciences. Des techniques variées se combinent désormais pour faire progresser la compréhension des mécanismes de fonctionnement de ce centre vital. En offrant des visions complémentaires d'un même cerveau.

     
   

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Qu'est ce qui distingue le cerveau d'un dyslexique italien d'un dyslexique français ou britannique? Cette question, apparemment incongrue, a été posée par les chercheurs du réseau Imagerie Cérébrale dans la dyslexie développementale coordonné par Uta Frith (University College, Londres). Ceux-ci sont arrivés à un constat étonnant : la réponse cérébrale à la lecture est plus rapide dans la langue de Dante que dans celles de Molière et de Shakespeare. Conclusion de Uta Frith : "l'orthographe italienne possède une structure qui semble être un facteur de protection contre la dyslexie, ce qui expliquerait que la maladie frappe moins de 2% des Italiens contre 5% des Français et des Britanniques."

Cette étude utilisait la tomographie à émission de positons (PET en anglais), une technique de médecine nucléaire mesurant le flux sanguin dans les différentes régions du cerveau : plus les neurones sont actifs, plus le flux sanguin est élevé. Une équipe de l'hôpital universitaire Erasme à Bruxelles a, quant à elle, mis au point une procédure non invasive d'élimination des tumeurs cérébrales d'une extrême précision par radiation gamma (Gamma Knife), rendue possible en s'aidant en direct de l'imagerie PET. Alors qu'une telle opération demande une chirurgie très lourde, cette thérapeutique rend le patient à sa vie normale après deux jours.

D'autres techniques permettent de mesurer directement l'activité électrique. La magnéto-encéphalographie enregistre, par exemple, les variations du champ magnétique à la surface du scalp. Elle a été spectaculairement utilisée par le projet européen mené par un groupe de laboratoires coordonné par Risto Näätänen, de l'Université de Helsinki. "Nous avons identifié une réponse cérébrale à la stimulation auditive qui permet une certaine prédiction des chances de sortie de coma pour des patients inconscients", résume ce dernier.

Mais ces différentes techniques d'imagerie cérébrale ont tout intérêt à être combinées. C'est notamment le but du projet Neurogenerator, coordonné par Per Roland (Université Karolinska, Stockholm), qui avait déjà animé, de 1996 à 1999, un réseau consacré à l'unification des multiples données sur l'anatomie du cerveau humain. "Nous cherchons à construire un modèle global de l'organisation du cortex cérébral humain", explique-t-il. Il s'agit de créer une base de données regroupant les enregistrements de l'activité cérébrale grâce à différentes méthodes, puis de développer les outils informatiques permettant de les utiliser de manière standardisée."

Les connexions du retour au langage

Les accidents vasculaires cérébraux laissent souvent des séquelles invalidantes, notamment au niveau du langage. Certains patients réapprennent à parler, tandis que d'autres conservent leur handicap. Pourquoi ? Face à ce mystère, les neurologues sont contraints à la plus grande réserve dans leurs pronostics. Mieux comprendre ce qui se passe dans le cerveau qui réapprend après un accident et définir des critères fiables pour évaluer les capacités de restauration de l'usage de la parole sont les objectifs d'un nouveau réseau européen coordonné par Cornelius Weiller (Université de Hambourg). Les douze laboratoires participant à cette étude utiliseront de nombreux procédés d'imagerie comparative pour évaluer les différentes méthodes de rééducation fonctionnelle des patients ayant subi une attaque cérébrale.

Contact

Cornelius Weiller,
Université de Hambourg
weiller@uke.uni-hamburg.de



Contacts

 

Uta Frith,
University College, Londres
u.frith@ucl.ac.uk

Jacques Brotchi,
Hôpital Erasme, Bruxelles
gamma.knife@ulb.ac.be

Risto Näätänen,
Université de Helsinki
risto.naatanen@helsinki.fi

Per Roland,
Université Karolinska, Stockholm
per.roland@neuro.ki.se

       
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