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European Centre for the Validation
of Alternative Methods (ECVAM) - Institut pour la santé et
la protections des consommateurs (CCR-Ispra) - Analyse de cellules
en culture.
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Remplacer.
Réduire. Raffiner. Cette "loi des "Trois R" trouve son origine dans The
Principles of Humane Experimental Technique(1) de William
Russell et Rex Burch. Il y a quarante ans, ces deux scientifiques britanniques
définissaient trois objectifs à atteindre dans le domaine de l'expérimentation
sur le vivant. Ils prônaient "toute méthode scientifique utilisant du matériel
non sensible (...) qui pourrait remplacer des méthodes utilisant des vertébrés
vivants conscients"; tout moyen de réduire le "nombre d'animaux utilisés
pour obtenir un certain nombre d'informations avec un niveau donné de précision";
quant au concept de raffinement, ils entendaient par là tout développement
conduisant à "une diminution des conséquences ou de la gravité des procédures
inhumaines infligées aux animaux."
Les progrès
et les enjeux de ce triple principe ont été largement débattus durant
le troisième Congrès mondial sur les alternatives et l'utilisation des
animaux dans les sciences du vivant qui s'est tenu à Bologne (I), sous
les auspices de l'ECVAM (European Centre for the Validation of Alternative
Methods), du 29 août au 2 septembre 1999. Cette rencontre - durant laquelle
pas moins de 65 conférences, ateliers et débats se sont tenus - a rassemblé
quelque 800 chercheurs, ainsi que des responsables d'autorités législatives
et des défenseurs du bien-être des animaux.
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Combien?
Lesquels? Pourquoi?
11646130
animaux ont été utilisés à des fins
diverses, en 1996, dans les pays de l'Union européenne. Les
statistiques antérieures, datées de 1991, comptaient
11,8 millions d'animaux - mais elles concernaient alors 10 pays.
Utilisés dans une très large majorité, les
rongeurs et les lapins représentent 81% des animaux à
sang chaud soumis à l'expérimentation.

Source:
Statistiques concernant le nombre d'animaux utilisés à
des fins expérimentales et à d'autres fins scientifiques
dans les Etats membres de l'Union européenne - 1996
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Expériences
: dix ans de progrès
" De nombreux chercheurs travaillent désormais sur les "Trois R" et de
plus en plus de pays les introduisent dans leur législation. La situation
a beaucoup évolué dans ce domaine au cours des années quatre-vingt", faisait
remarquer William Russell, présent à ces débats. Et de citer notamment
la création du NCA (Netherlands Center on Animal use) aux Pays-Bas, du
Zebet (Center for the evaluation of alternative methods to animal experiments)
en Allemagne et du CAAT (Center for Alternatives to Animal Testing de
l'Université John Hopkins) aux Etats-Unis. Après avoir atteint son apogée
au milieu des années soixante-dix, ce type d'expérimentation semble, en
effet, diminuer un peu partout. En France, par exemple, le nombre d'animaux
de laboratoire est passé de 7 millions à 2,6 millions entre 1980 et 1997.
Il est vrai
que des solutions alternatives se présentent de plus en plus aux chercheurs.
La mise en culture d'organes, de cellules et de tissus n'offre plus de
difficulté. L'amélioration de nos connaissances en génétique permet d'étudier
certains mécanismes biochimiques humains dans des micro-organismes. Les
techniques de la biologie moléculaire conduisent à l'application de tests
basés sur l'utilisation d'enzymes isolées (dont certains ont remplacé
les milliers de lapines et de rates utilisées il y a encore 25 ans pour
les tests de grossesse). La physique, les mathématiques et l'informatique
apportent aussi leurs contributions aux "Trois R", avec les techniques
d'imagerie, la modélisation, les méthodes d'investigation non invasives,
la télémétrie ou les biostatistiques qui permettent de tirer le meilleur
parti des données recueillies.
Tests
: validation européenne
Mais les animaux ne servent pas seulement à des fins de recherche. Ils
sont également utilisés dans le domaine des tests réglementaires destinés
à évaluer, de façon standardisée, l'innocuité ou la nocivité d'une substance
mise en circulation. Dans ce domaine, qui permet de garantir la protection
et l'information des consommateurs, leur remplacement s'avère beaucoup
plus complexe et lent à mettre en place. C'est dans ce but que l'ECVAM,
a été créé au Centre Commun de Recherche, à Ispra, en 1991. "La validation
est destinée à démontrer la fiabilité et la pertinence d'une procédure
de test établie en fonction d'un objectif particulier. Notre principale
mission consiste à faciliter et coordonner la validation de nouvelles
procédures adoptées à l'échelle de l'Union et nous travaillons en étroite
relation avec les administrations, les industries et les universités des
Etats membres", précise Michael Balls, son directeur. Doté d'un budget
annuel de 6 millions d'euros, l'ECVAM consacre la moitié de cette somme
à la recherche, dont les deux tiers sont attribués à des contrats avec
des laboratoires universitaires ou industriels européens.
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Leurre de chien, soumis à des
irradiations. ECVAM
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A ce jour,
un test en matière de phototoxicité et trois autres dans le domaine de
la corrosion cutanée ont été validés par l'ECVAM. La validation d'un autre
test pour les vaccins devrait être achevée dans les trois prochains mois
tandis que d'autres recherches se poursuivent, notamment sur les risques
de sensibilisation et d'irritation cutanées, d'hématotoxicité, de néphrotoxicité,
de toxicité de reproduction, de toxicité du métabolisme, de neurotoxicité
et de toxicité des métaux. Les méthodes validées sont actuellement étudiées
par les autorités réglementaires européennes et internationales - en particulier
l'OCDE - dont les recommandations sont appliquées aux tests réalisés dans
l'UE, en Amérique du Nord, au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Ethique
et nécessité
Co-organisateur du Congrès de Bologne, Michael Balls est satisfait d'avoir
permis un dialogue entre scientifiques et membres d'association de défense
des animaux, même si des débats, parfois vifs, les ont parfois opposés
- au même titre que certains scientifiques entre eux. "L'atmosphère a
été constructive, souligne le directeur de l'ECVAM. Ces deux mondes se
sont parlés et écoutés. Les chercheurs acceptent mieux qu'auparavant d'être
questionnés sur leurs travaux." Un relatif consensus a conduit les congressistes
à proposer d'ajouter à la déclaration d'Helsinki (1964), qui pose les
principes de l'utilisation de l'Homme par la science, des lignes directrices
sur l'expérimentation animale, mettant en avant les "Trois R".
Ces "Trois
R" ne signifient cependant pas la disparition de ces pratiques. "Il est
aujourd'hui admis qu'une expérience sur l'animal n'est autorisée que si
le bénéfice attendu est supérieur aux souffrances qui lui sont infligées",
souligne Bert van Zutphen, spécialiste de la génétique et des modèles
animaux, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université
d'Utrecht (NL). "Reste cependant la question de savoir qui évalue ce rapport
coût/bénéfice, et comment. Dans plusieurs pays européens, comme la Suède,
les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Allemagne ou la France, ce type d'expérimentation
doit être approuvée par un comité d'éthique."
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Le nombre d'animaux utilisés
en laboratoire décroît depuis trente ans. En France, il est passé
de 7 millions à 2,6 millions entre 1980 et 1997. Les rongeurs et
les lapins forment encore 81% des animaux à sang chaud soumis au
rôle de cobaye.
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Espèces
et gènes
Selon une majorité de scientifiques, l'étude de nombreuses maladies et
la recherche de traitements efficaces ne pourront jamais se passer du
recours à l'animal. Les débats les plus vifs concernent alors le choix
des espèces. "La proximité phylogénétique de l'homme et des primates non
humains fait de ces derniers un modèle essentiel pour le développement
de médicaments et de vaccins contre des maladies comme le sida, la malaria
ou la fièvre jaune", estime Jann Hau, du département de médecine comparée
de l'Université d'Uppsala (S). Alors que pour Michael Balls, "plus grande
est la proximité entre les primates non humains et l'homme, plus fortes
sont les raisons éthiques et humanitaires pour ne pas les utiliser." Si
l'on en croit Martha Armstrong, de la Humane Society of the United States,
les personnels de laboratoire semblent, quant à eux, éprouver des réticences
croissantes à travailler avec certains animaux "familiers" - tels les
chats ou les chiens.
Enfin, depuis
quelques années, les techniques de transfert de gènes posent de nouvelles
questions en matière d'utilisation des animaux. "Les technologies et les
objectifs peuvent être très différents et la prudence s'impose", explique
Michael Balls. "On peut, par exemple, imaginer une brebis transgénique
dont le lait contient une protéine d'intérêt. Ce lait sera récolté, la
protéine en sera extraite, et la brebis n'en sera pas affectée. Une toute
autre approche consiste à développer des animaux possédant le message
génétique voulu pour développer une maladie humaine, comme un cancer.
Cette démarche pourrait faire progresser les recherches sur la maladie.
Il n'empêche que nous devons considérer le bien-être des animaux dans
une approche au cas par cas. Mon espoir personnel est que, dans l'avenir,
nous ne les utilisions plus du tout. Cela implique de persuader un nombre
croissant de scientifiques du bien fondé de cette démarche. Et également
de la nécessité de poursuivre des travaux pour que ce souhait devienne
réalité."
(1)
London, Methuen, 1959 .
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Des
alternatives soutenues par l'Union
En
amont des validations coordonnées par l'ECVAM, l'Union soutient
différents projets de recherche visant au développement
de méthodes alternatives à l'expérimentation
animale. Une quinzaine de projets - portant en particulier sur le
développement de tests fondés sur des cultures de
cellules ou de tissus - ont été menés lors
du quatrième programme-cadre. L'incitation à développer
de nouvelles méthodes se poursuit actuellement dans le cadre
du programme Qualité de la vie et gestion des ressources
vivantes. Par ailleurs, la diffusion des techniques in vitro est
encouragée par la plate-forme industrielle IVTIP (In vitro
Testing Industrial Platform) qui réunit les principales firmes
européennes de la pharmacie et de la cosmétique.
Au
Congrès de Bologne, parmi les 200 projets présentés,
Epiflow, développé à l'Institut de Physiologie
de l'Université d'Innsbruck par l'équipe du Professeur
Walter Pfaller et soutenu par l'Union, a été couronné
d'un prix de 2000 dollars, décerné par le RIVM (Institut
national hollandais de la santé publique et de l'environnement)
et l'ICAAT (Centre de l'institut des méthodes alternatives
aux tests sur animaux), destiné à encourager le développement
de techniques alternatives. Il s'agit d'un nouveau système
de culture cellulaire utilisant un échange continu du milieu
et un apport continu en gaz. Le procédé développé
permet le maintien en survie de cultures primaires de cellules différenciées
durant des périodes beaucoup plus longues que les systèmes
conventionnels et de ce fait permet d'effectuer des tests de toxicité
chronique. Cet appareil permet également de réaliser
des co-cultures de deux types cellulaires différents.
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Directives
européennes
La
directive européenne (86/609/EEC) sur la "protection
des animaux à des fins expérimentales ou à
d'autres fins scientifiques" stipule que "la Commission
et les Etats membres devraient encourager la recherche visant à
mettre au point et à éprouver d'autres techniques
susceptibles de fournir le même niveau d'information que celui
obtenu par des expériences effectuées sur des animaux
mais qui utilisent moins d'animaux ou des procédures moins
douloureuses". Si les Etats membres sont, par ailleurs, tenus
à communiquer à la Commission certaines informations
statistiques concernant l'utilisation d'animaux à des fins
expérimentales et scientifiques, ce n'est qu'en 1997 que
les autorités nationales compétentes pour l'application
de la directive se sont mises d'accord sur un ensemble de données
statistiques harmonisées. Les chiffres actuels (1996) reflètent
donc encore des approches dont il est difficile de tirer des informations
réellement comparables.
Par
ailleurs, une directive antérieure (76/ 768/CEE) concerne
le rapprochement des législations des Etats membres relatives
aux produits cosmétiques. Elle stipule, à travers
des amendements récents, que "les Etats membres interdisent
la mise sur le marché de produits cosmétiques contenant
(...) des ingrédients ou combinaisons d'ingrédients
expérimentés sur des animaux à partir du 1er
janvier 1998." Sa mise en application, assujettie au développement
"de méthodes pouvant se substituer de manière
satisfaisante à l'expérimentation animale (...) scientifiquement
validées comme offrant au consommateur un degré de
protection équivalent", a été reportée
à juin 2000.
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