Magazine de la recherche européenne
Avis juridique important
   
Contact   |   Recherche   
RDT info logo N° 51 - Décembre 2006
Top
 ACCUEIL
 SOMMAIRE
 EDITORIAL
 Homme-machine: de nouvelles communications
 L'e-inclusion, côté pile et face
 Biotechnologies: cote de popularité en hausse
 "Un scientifique parlant vrai peut faire des dégâts"
 Diabète + obésité = diabésité
 L'historique génome de la levure
 Rebelle aux causes multiples
 Sur les traces des sixties
 Graines de Nobel
 BREVES
 PUBLICATIONS
 AGENDA

Télécharger le pdf de en fr
COMMUNIQUER LA SCIENCE Version imprimable


Un expert du Cern à disposition

Chambre à projection temporelle d'ALICE
Peter Glassel, coordinateur technique de la chambre à projection temporelle d'ALICE, pose au centre de cetteTPC, terminée en juin 2006.
© CERN
Pourquoi des particules subatomiques comme les hadrons sontelles utilisées dans le traitement du cancer? Quelle est la différence entre matière noire et énergie noire? Comment crée-t-on le vide dans les accélérateurs de particules? Qu'attendre des nouvelles théories de la physique, comme celle des cordes ou de la supersymétrie? Toutes les questions qui gravitent autour des recherches menées au Cern peuvent être posées, par courrier électronique (1) aux scientifiques qui travaillent dans ce temple de la recherche fondamentale. Il est simplement conseillé de jeter d'abord un coup d'oeil sur les FAQ (Foire aux questions) où se trouve peut-être la réponse souhaitée.

On peut encore, en se laissant guider simplement à travers le site du Cern, prendre la mesure des enjeux du LHC (Large Hadron Collider), cet accélérateur de particules qui sondera la matière plus profondément que jamais et dont la mise en route devrait avoir lieu en 2007. Les scientifiques en attendent des éclaircissements sur l'Univers – pourquoi, par exemple, la matière dominet- elle l'antimatière ou comment la matière a-t-elle évolué juste après le Big Bang. D'ici là, plusieurs expériences testent les équipements du LHC, non pas dans un accélérateur mais dans l'espace naturel, à partir des rayons cosmiques. Ainsi ALICE (voir photo) doit permettre d'étudier de plus près le plasma de quarks et de gluons, un état de la matière qui aurait prévalu juste après le Big Bang.

(1) ask.expert.service@cern.ch

En savoir plus

Making the Modern World

Comment en sommes-nous arrivés ici? Cela pourrait être l'une des questions auxquelles répond ce site britannique qui se fonde principalement sur le savoir et l'iconographie du Science Museum de Londres. On y plonge dans les racines de la science et de la technique, du XVIIIème siècle aux découvertes les plus récentes. Si la page d'accueil rouge/jaune/noir peut sembler plus fonctionnelle que séduisante, il suffit de cliquer sur l'un des six thèmes offerts pour entrer dans un festival d'images et d'histoires passionnantes.

82 scènes animées (Rich media scenes) illustrent une série de découvertes et d'innovations – la double hélice de l'ADN, les radars et les fusées,
Aquarelle de George Walker
Locomotive tractant des wagonnets à charbon aux environs de Leeds. Aquarelle de George Walker (1814).
© Science Museum/Science Museum and Society Picture Library
l'épopée d'Apollo, mais aussi la révolution dans la cuisine ou les nouvelles façons d'enseigner.

116 thèmes à explorer du regard (Icons of inventions) sont regroupés en science, technologie et médecine. Ils permettent de s'attarder sur les plus anciens scanners, les premiers microscopes, stéthoscopes et pacemakers, etc. Chaque image de l'objet, très parlante, est accompagnée d'un texte court.

Huit visites guidées (Guided tours) se centrent davantage sur des relations science-société, tel le rôle des femmes dans les découvertes scientifiques.

25 pages d'histoires (Stories) se focalisent sur de grands moments innovants: développement de l'industrie du charbon et de l'acier, essor des chemins de fer ou de l'aéronautique, Première Guerre mondiale, prise de conscience environnementale, etc.
19 clics (Learning modules) permettent d'approfondir ses connaissances dans différentes disciplines exactes (biologie, chimie, mathématiques) et humaines (psychologie, histoire, géographie).

402 objets quotidiens (Everyday life objects) nous sont présentés dans leur contexte – depuis les pipes, les lunettes et les montres à gousset qui ont surgi autour des années 1750 jusqu'aux actuels rasoirs jetables, pilules contraceptives ou pointes bic.

Fondée sur une vision socio-historique, Making the Modern World se consulte aussi selon une "ligne du temps" dessinant très clairement l'évolution d'un monde où les technologies ne cessent de s'infiltrer.

Images de chercheurs/Images de recherche

Anna-Maria Lennon
Ana-Maria Lennon, chef de l'équipe Protéase et immunité.

© Jérôme Merli
A Paris, en plein air, accrochées aux grilles extérieures de l'Institut Curie, chacun peut découvrir des images jumelles. Les portraits de chercheurs (très sobres, en noir et blanc) côtoient les images scientifiques de leurs travaux sur le cancer. Les surprises du monde cellulaire forment des abstractions étonnantes. Les visages reflètent l'intensité des questionnements, l'espoir de la découverte, les hésitations. Tous ces jeunes chercheurs (33 ans en moyenne) bénéficient, pendant cinq ans, d'un statut indépendant et scientifique offert par l'Institut.

Ces portraits sont signés Jérôme Merli (33 ans également) dont c'est le premier travail en laboratoire, et qui y a trouvé des connivences inattendues. "J’avais une vision du chercheur dans sa blouse bien blanche, fermé et froid, peu disponible, enfoui dans ses pensées incertaines, à la recherche de la clé qui ouvre la porte du savoir, dit-il. L'image m'a révélé tout autre chose. J'ai découvert des personnalités souriantes, entièrement disponibles, pédagogues, calmes et douces. Au fur et à mesure de nos nombreuses discussions, je n'ai pu m'empêcher de faire un parallèle entre leur travail et le mien. Tous deux l'oeil vissé au Leica, les doigts posés sur l'objectif cherchant à faire la mise au point sur l'invisible afin de tenter de découvrir comment tout ça fonctionne, pour apprendre à déchiffrer la complexité que constitue la vie..."
Une très belle idée de mettre ainsi les scientifiques – et le cheminement de la science – au très grand jour.

En savoir plus
  • 20 photographies de plein air - Grilles du campus Curie, rue d'Ulm et rue Pierre-et-Marie Curie, Paris 5ème, jusqu'au 15.12.06

Tom Tits le magicien

Tom Tits Experiment, centre de sciences au sud de Stockholm
Une grande exposition permanente truffée d'expériences où il est le plus souvent recommandé de toucher à tout, des expositions didactiques interactives (la machine, le corps humain, la chimie), un planétarium, un parc d'attractions scientifiques, un espace de présentation de la recherche pour les personnes moins valides, une bibliothèque, des espaces de conférence, une scène de théâtre, le tout complété par un site Internet qui permet à des classes entières des visites virtuelles interactives.

Tom Tits Experiment, centre de sciences près de Stockholm
Situé à Södertälje, à 35 km au sud de Stockholm, Tom Tits Experiment accueille 350 000 visiteurs par an, dont la moitié sont des enfants. Considéré comme l'un des plus passionnants centres de sciences du Vieux Continent, il vient de décrocher le Micheletti Award offert par l'association European Museum Forum. Cette récompense s'explique par une pédagogie souriante, la création d'une école maternelle dans cet environnement stimulant, une attention portée aux seniors et moins valides, la motivation des équipes.

Fort de son expérience, Tom Tits commercialise ses expériences, loue ses expositions clé sur porte et possède un service de consultance ouvert à ceux qui voudraient créer un centre de sciences. Son succès, ainsi que ses services et produits dérivés, lui permet de fonctionner presque intégralement sur fonds propres, avec une aide publique de seulement 10% de son budget.

Presse et science

Enquête chez les "pro"
Le domaine des sciences n'échappe pas aux contraintes de la presse et la première pression qui s'exerce sur ses journalistes provient de la chasse au scoop: être au courant, avant ses confrères, des recherches et des innovations qui pourraient intéresser le public. Telle est l'impression ressentie par la majorité des professionnels, de tous les continents et de tous les médias, qui ont répondu à une enquête menée par l'agence de presse EurekAlert! (USA) et par l'American Association for the Advancement of Science (AAAS). Ce sondage a interrogé, avec des questionnaires spécifiques, 614 journalistes et 445 attachés de presse – les PIO (Public Information Officer). Leurs réponses ont été réparties en deux groupes: les professionnels américains (46% des journalistes et 70% des PIO) et les autres (dits "internationaux"). En Europe, les résultats ont été présentés durant l'Euroscience Open Forum (ESOF 2006) de Munich au cours d'une session au titre quelque peu provocant: Myths of science: Glowing monkeys, wonder dogs, and more.

Une autre difficulté, soulevée de concert par les journalistes et les PIO, consiste à découvrir des chercheurs capables d'expliquer leurs travaux et leur domaine en termes compréhensibles – et, idéalement, dans plusieurs langues. La question du contenu se double aussi de celle de l'image (où se procurer du matériel photographique ou audiovisuel scientifique de qualité?). D'autres défis sont plus spécifiques à ces différents métiers. Côté PIO, il s'agit de convaincre des journalistes, souvent submergés de sujets, de s'intéresser aux informations qu'ils souhaitent voir diffusées. Côté journalistes, il n'est pas toujours simple d'évaluer la fiabilité et l'intérêt des travaux présentés par les chercheurs.

Et le public, qu'en pense-t-il? Aux Etats-Unis, comme ailleurs, les domaines les plus prisés sont la médecine et la santé. Les Américains du Nord sont friands de sciences du vivant, de psychologie et de neurosciences, mais ils sont beaucoup moins attirés par les questions d'environnement que dans le reste du monde. Quant à l'érosion de la confiance dans la science, régulièrement relevée dans nombre d'études, elle prendrait pour une large part sa source dans l'hypermédiatisation de certains sujets. Si 90% des PIO estiment que les chercheurs devraient mieux faire connaître leurs travaux, ils sont presque autant à déclarer que ceux-ci doivent se garder de se "survendre" et tomber dans le battage publicitaire. Présentant cette étude à Munich, Ginger Pinholster, de l'AAAS, a fait remarquer que, même si ce travail ne se fondait pas sur des méthodes scientifiques les plus rigoureuses, il offrait une photographie riche d'informations sur la médiatisation de la science et de la technologie.


En savoir plus
Top