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  POLITIQUE EUROPéENNE DE SéCURITé ET DE DéFENSE  -  Sécurité : la recherche dans les starting-blocks

Dans le long cheminement, entamé il y a plus de quinze ans, pour constituer une véritable politique européenne de sécurité et de défense, la coopération sur le terrain de la recherche et de la technologie avance à grand pas. Au-delà des progrès complexes qu'entraîne une solidarité militaire et diplomatique accrue entre Etats membres – traditionnellement souverains en ces matières –, ce domaine est, en effet, propice à la mise en oeuvre d'une politique commune pilotée par l'Union en vertu de ses compétences pour soutenir la recherche. Après les trois années "pilotes" d'une Action préparatoire lancée en 2004, la recherche sur la sécurité sera un chapitre à part entière, pour lequel la Commission a proposé une dotation budgétaire septennale de l'ordre d'un milliard € dans le septième programme-cadre débutant l'année prochaine.

Le 7 juillet 2005, à Londres, trois explosions ont eu lieu dans le métro.

Le 7 juillet 2005, à Londres, trois explosions ont eu lieu dans le métro, à 8h50 et 8h51. A 9h47 un autobus à impériale explosait à Tavistock Square. Bilan de ce début de matinée : 56 morts et 700 blessés.
© De Malglaice-Lafargue/Gamma-Photo News
Exit la seconde moitié du 20ème siècle et l'insécurité d'une guerre dite froide, mais diplomatiquement très "institutionnalisée", basée sur l'équilibre de la terreur nucléaire qui a prévalu jusqu'à la chute du mur de Berlin. En deux décennies à peine a succédé un autre monde, à la fois multipolaire et de plus en plus interdépendant. Sur la toile de fond de la globalisation économique et technologique, la donne géopolitique est en profond bouleversement. La table des puissances mondiales s'est singulièrement diversifiée. Mais si des entités de stabilité, telle l'Europe élargie, se renforcent, on assiste aussi, en de nombreux points de la planète, à une avalanche de tensions, tantôt anciennes, tantôt récentes.

Leurs causes sont multiples et cumulatives. Epousant souvent des clivages ethniques, religieux ou culturels, elles s'alimentent de conflits territoriaux, de disputes pour l'accès à des ressources telles que l'énergie ou l'eau, de confiscations du pouvoir par certaines minorités, de désintégrations, dans certains pays, des structures étatiques au profit de la corruption et du crime organisé. Le tout dans un climat global où la pression démographique, les inégalités socio-économiques et la pauvreté d'un grand nombre s'accroissent et provoquent des mouvements migratoires incontrôlables.

Face aux crises interétatiques ou civiles qui en résultent, les conceptions militaires et classiques de la défense et de la sécurité ont été bouleversées. Comme l'a montré la guerre d'ex-Yougoslavie, les armées de la démocratie européenne ont pour mission de désamorcer les conflits, mais pas d'y prendre part. En même temps, elles doivent être opérationnelles face aux menaces et aux risques mondiaux qui sont en pleine évolution. Le chantage à la prolifération d'armes "locales" de destruction massive – non seulement nucléaires, mais aussi chimiques, biologiques ou radiologiques – a supplanté la guerre des étoiles . Les affrontements militaires prennent de plus en plus la forme d'une lutte contre un terrorisme cosmopolite, nourri par l'exacerbation des intégrismes, capable de frapper aveuglément des civils en tout point du globe et s'affirmant aujourd'hui comme un redoutable facteur de déstabilisation internationale ?

La balle au bond
Ainsi, la question de la défense et de la sécurité de l'Europe a pris, au tournant des années 2000, un tempo nettement plus engagé. Sur la toile de fond du 11 Septembre et du terrorisme international, de l'envahissement de l'Afghanistan et de la guerre en Irak ou encore de l'impossible paix au Proche-Orient – sans parler des autres crises régionales ou internes se multipliant, par exemple en Afrique –, l'Union a adopté, en décembre 2003, le texte politique baptisé A Secure Europe in a Better World. Y est affirmé la volonté européenne de jouer son rôle d'acteur mondial dans un multilatéralisme effectif ainsi que dans une volonté d'engagement préventif pour éviter les crises internationales ou locales.

Saisissant la balle au bond, la Commission européenne s'est attelée à concrétiser cette nouvelle dimension prioritaire dans la mise en oeuvre d'une de ses politiques majeures concernée au premier chef par la sécurité: la recherche et le développement technologique. L'impulsion a été aussitôt donnée par les orientations très claires et synthétiques d'un Groupe de personnalités (GOP) qui a travaillé sous la présidence directe des Commissaires Philippe Busquin (recherche) et Erkki Liikanen (entreprises et société de l'information).

Une expérience préparatoire

Différents essais réalisés par Ineris, partenaire du projet L-surF.Différents essais réalisés par Ineris, partenaire du projet L-surF. © Ineris
Différents essais réalisés par Ineris, partenaire du projet L-surF. © Ineris Différents essais réalisés par Ineris, partenaire du projet L-surF. © Ineris



Différents essais réalisés par Ineris (Institut national de l'environnement industriel et des risques – FR), partenaire du projet L-surF (Large Scale Underground Research Facility on Safety and Sequrity).

a. essais d'inflammation sur peroxyde organique.
b. essai sur citernes contenant des matières dangereuses.
c. essai de non transmission.
d. mesure d'indice de protection sur armoire électrique.
© Ineris

L'objectif – qui est désormais une décision acquise – est de consacrer un volet spécifique à la recherche européenne sur la sécurité dans le septième programme-cadre. Sans attendre, la Commission a lancé, en 2004 et pour les deux années suivantes, une Action préparatoire, dotée de 65 millions €. Vingt-cinq projets de recherche ont été soutenus en 2004-2005 et une troisième sélection doit être finalisée cette année. Cette expérience permet de mettre au point la stratégie de recherche scientifique et technologique correspondant aux besoins de coopération européenne les plus nécessaires et les mieux ciblés.

Les priorités retenues dans le cadre de cette Action préparatoire concernent des recherches visant à assurer, à l'Europe et à ses citoyens, un renforcement concerté d'une protection d'ordre civil et ne revêtent en aucun cas le développement de technologies spécifiquement militaires. Ce dernier domaine est, en effet, du ressort de l'Agence européenne de défense, un organisme intergouvernemental conjoint, créé au sein de l'Union depuis 2004 dans le cadre du développement de la Politique européenne de défense et de sécurité.

Cette étanchéité de compétences étant posée, il faut cependant constater que les technologies actuelles sont entraînées dans une spirale de convergence et que leurs usages sont de plus en plus multifonctionnels. Arpanet, l'ancêtre d'Internet, avait été créé pour relier entre eux les ordinateurs du Pentagone sur le territoire américain. L'observation satellitaire de la Terre et le GPS servent aussi bien à des fins militaires qu'à la gestion des problèmes environnementaux, des transports commerciaux ou privés. Dans son rapport, le GOP constate "qu'il existe aujourd'hui un continuum où les développements en matière de défense, de sécurité civile ou de technologies conçues pour les marchés de consommation donnent lieu à des applications pouvant sauter d'un domaine à l'autre."

La vulnérabilité des réseaux
Un premier domaine sensible de sécurité retenu pour le lancement de ces soutiens européens est la protection des systèmes et réseaux interconnectés. Comme le souligne encore le GOP, "le paradoxe de la technologie, c'est qu'elle est à la fois une partie des problèmes et des solutions". Elle est certes de plus en plus incontournable pour une plus grande sécurité, mais par le fait même qu'elle est désormais inscrite de façon de plus en plus complexe dans tous les rouages du fonctionnement sociétal, elle devient elle-même la source de nouvelles vulnérabilités, générant ainsi des risques inédits et des cibles d'attaques potentielles.

Le cas de l'interconnexion de plus en plus étendue des réseaux d'information et de communication, constamment soumis à des formes sans cesse renouvelées de cybercriminalité, constitue évidemment un domaine parmi les plus sensibles sur lequel travaillent des projets de l'Action préparatoire. Mais bien d'autres infrastructures vitales, tels les systèmes de production et de distribution d'énergie – étudiés par l'un des projets – impliquent le développement de recherches fondées sur une véritable culture de la vigilance face à de telles menaces.

Contrer les menaces du terrorisme
D'autres projets répondent, de façon concrète, à la lutte contre le terrorisme, en particulier pour la protection des réseaux de transports (métros, chemins de fer, aéroports, zones portuaires). Plusieurs recherches sont ainsi menées pour des avancées technologiques sur la surveillance des lieux à forte densité de public et sur les moyens innovants de détection des armes, des explosifs ou des menaces catégorisées CBRN (chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires).

Outre les organismes de recherche publics, académiques ou industriels travaillant sur les innovations technologiques ciblées, les consortiums de participants aux projets impliquent pour la plupart des "utilisateurs" – autorités de transports, services publics ou privés de protection civile, etc. Chargés de mettre en œuvre les renforcements des moyens de sécurisation, ils apportent aux chercheurs les données et les contraintes réelles quant à leur application.

Le management des crises
Ces différents acteurs sont également des partenaires importants d'un troisième volet de recherches concernant les améliorations systématiques à la préparation de la gestion des crises. Dans le cas d'attaques comme celle de Madrid en 2004 ou de Londres en 2005 – mais d'autres types d'événements doivent être envisagés, par exemple dans la catégorie CBRN –, l'organisation des secours et les mesures d'urgence à prendre sont d'une importance capitale pour faire face aux événements et en limiter les dommages. On notera d'ailleurs que cette dimension du management de crise ne concerne d'ailleurs pas seulement les circonstances d'agressions, mais aussi toutes les situations de catastrophes naturelles ou industrielles.

Enfin, dans une Union composée de 25 Etats membres, les dangers encourus peuvent, à tout moment, s'étendre à plusieurs pays. L'un des chantiers ouvert par l'Action préparatoire est donc la question cruciale de l'interopérabilité des systèmes de sécurité nationaux. Cela vaut pour les situations de crise mais c'est, en outre, une composante désormais permanente dans la responsabilité communautarisée de la surveillance des 6 000 km de frontières terrestres externes et des 85 000 km de côtes maritimes qui entourent l'Union.

La sécurité au cœur du septième programme-cadre
L'introduction d'un important volet de recherche Sécurité constitue une des innovations marquantes du prochain programme-cadre 2007-2013. Alors que les négociations triangulaires Commission, Conseil et Parlement européen sont toujours en cours, le septième programme-cadre devrait disposer d'un budget de 48 milliards €. Pour sa part, la Commission a présenté en 2005 une enveloppe financière commune Sécurité & Espace de près de 4 milliards €, dont environ un quart pourrait revenir à ce nouveau domaine. Ce chiffre donne en tout cas une indication sur un seuil dont l'ordre de grandeur devrait se situer au-dessus de 100 millions € en moyenne annuelle. En tout état de cause, il s'agira donc d'un coup d'envoi consistant…

Par rapport aux priorités expérimentées dans l'Action préparatoire, quatre axes de recherches devraient être développés : la protection contre les menaces terroristes et criminelles, la sécurité des infrastructures et des services collectifs, le contrôle et la surveillance des frontières, le management des crises et de restauration de la sécurité. Les activités du programme prendront également en compte les aspects concernant l'intégration et l'interopérabilité des systèmes nationaux européens, les garanties de respect de la vie privée et des libertés et la coordination avec d'autres structures de développement européennes en matière de sécurité – en particulier avec l'Agence européenne de défense.

Pour la préparation et la future gestion du programme, la Commission s'appuie sur une structure consultative de 50 membres – l'European Security Research Advisory Board (ESRAB) –, représentative d'un éventail étendu d'acteurs européens concernés par ce domaine (autorités de défense et de sécurité des Etats membres, monde industriel, monde de la recherche, etc.).


  Expertise de pointe à Ispra  
  Fournisseur de services et prestations scientifiques et techniques intégré à l'Union pour soutenir la mise en œuvre de l'ensemble de ses politiques, le Centre Commun de Recherche possède un Institut pour la sécurité et la protection des citoyens (ISPC), implanté sur le site d'Ispra (IT). Ce dernier développe une excellence multidisciplinaire de premier plan dans des domaines tels que l'analyse des images spatiales, les technologies de l'information et la communication, le domaine nucléaire, ainsi que dans de nombreux aspects d'ingénierie technologique (détection par capteurs et senseurs, radar, systèmes de traçabilité, etc.).

L'ISPC est donc un pôle scientifique important dans le renforcement de la recherche directement concernée par les menaces contre la sécurité civile en Europe(1). Ses activités couvrent plus particulièrement la lutte contre la cybercriminalité, les visées terroristes de type CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire) et le trafic illicite des matières nucléaires, de même que la surveillance des frontières. L'Institut développe aussi une expertise en matière de management de crise. A ces divers titres, il est impliqué dans quatre projets de l'Action préparatoire lancés en 2004-2005. 

(1) D'autres volets des missions de l'ISPC concernent également la prévention et la protection contre les risques naturels et industriels, la sécurité aéronautique, la répression des fraudes, etc.

 


  Se méfier de Big Brother  
  Frappée par l'horreur et la brutalité des attentats aveugles de Madrid en 2004 et de Londres en 2005, l'opinion publique soutient, dans une très large majorité, tous les moyens mis en œuvre pour renforcer la sécurité civile en Europe. Mais ce développement légitime d'une politique de protection entraîne le recours à des moyens technologiques de surveillance de plus en plus sophistiqués et interconnectés qui peuvent également poser très sérieusement la question du respect de la vie privée et des libertés. Loin d'être négligeable, la prise en compte de cet aspect est inscrite dans l'approche européenne de recherche sur la sécurité. Comme le souligne le rapport du GOP, "l'Union a le devoir de protéger ses citoyens, mais en même temps elle doit défendre la spécificité de ses valeurs en tant que société pluraliste, ouverte et démocratique. Assurer l'équilibre entre la sécurité et la liberté est un challenge éthique qui doit être observé en permanence."

Cette problématique est étudiée dans un projet d'évaluation et de recommandation dans le cadre de l'Action préparatoire. "Associant des concepteurs de technologies, des responsables de sécurité publics et privés, des décideurs politiques et des institutions et organisations impliquées dans la protection de la vie privée et des libertés, notre démarche se veut pragmatique, en formulant des critères et des guidelines méthodologiques concrets", souligne son coordinateur Johann Čas, de l'Institut d'évaluation technologique de l'Académie des sciences autrichienne. "Ces outils d'évaluation doivent fournir une grille d'analyse applicable aux technologies de sécurité existantes ou en cours de développement. Il y a des cas dans lesquels une innovation technologique conduisant à un renforcement de la surveillance ne se conjugue nullement avec un gain de sécurité, d'autre encore où les gains potentiels sécuritaires ne justifient pas les risques sérieux de recul des droits individuels."

On entre là dans un débat démocratique où l'arbitre est aussi le public. Ainsi, les résultats méthodologiques de ce projet seront, en finale, testés sous forme de scénarios de renforcement technologique de la sécurité qui seront soumis à des "évaluations participatives de consensus" dans différents pays européens.

 


  Web 2.0 sous la menace  
  Dans le langage internautique, Web 2.0 désigne la mutation représentée par la marée montante généralisée des capacités de flexibilité et d'interactivité de la Toile. A l'origine Internet était avant tout une vaste "librairie" où l'on "exposait" des documents ou des images. Aujourd'hui il est devenu une plate-forme mondiale et multimédias d'échange, de recherche et de construction d'information et de connaissance. Des forums de discussion aux blogs, de Google à l'édification collective de l'encyclopédie Wikipedia, de l'e-culture à l'e-business, s'édifie à une vitesse incontrôlable une architecture de communication d'une complexité telle… qu'elle est devenue en même temps une proie sans cesse plus vulnérable pour des attaques malignes en perpétuelle évolution.

La sécurité sur Internet est une inquiétude majeure et, déjà, les signes d'une méfiance croissante des utilisateurs américains se manifestent de façon claire. "L'enquête Leap of faith Using the Internet Despite the Danger, réalisée par le Consumer Reports Webwtach montre que, d'une façon ou d'une autre, 86% des internautes changent leur comportement en ligne par crainte de 'vol de leur indentité', mentionne Boaz Glebord, expert de l'European Network and Information Security Agency (ENISA). Un peu plus de la moitié refuse de communiquer des informations les concernant et un quart renonce aux achats en ligne."

Au niveau européen, l'ENISA est une agence de l'Union chargée d'assister la Commission, les Etats membres ainsi que les acteurs publics, économiques et privés de l'Union pour assurer et diffuser un maximum d'expertise en matière de protection et de surveillance par rapport aux attaques de plus en plus sophistiquées qui circulent sur la Toile. Véritable "tour de garde" des nouvelles menaces et de risques qui se développent dans un univers Internet en permanente expansion, l'ENISA met en œuvre, au sein de l'Union, un réseau actif et ciblé d'information, de coopération et de formation pour créer une véritable "culture de la vigilance", tant chez les professionnels de l'informatique que chez les usagers.

 


  La sécurité sous Terre  
  S'il est des endroits où la sûreté et la sécurité sont de la plus haute importance et possèdent des impératifs de conception et de protection particulièrement spécifiques, ce sont bien les lieux souterrains, tunnels routiers ou ferroviaires et tous les espaces urbains construits sous les villes. Les vulnérabilités peuvent aussi bien provenir d'accidents que de crimes terroristes.

Il existe en Europe un certain nombre d'instituts nationaux ou régionaux qui possèdent des expertises innovantes en matière d'amélioration de la sécurité souterraine, mais ces efforts restent malheureusement très dispersés. Six d'entre eux ont mis en chantier le projet de développement d'un vaste centre européen, baptisé L-surF (Large Scale Underground Research Facility on Safety and Security)(1). Cette infrastructure de recherche et de développement technologique, dont l'ingénierie sera conçue pour simuler des configurations diversifiées d'espaces souterrains, doit permettre la mise en oeuvre de tests réels d'efficience d'équipements de sécurité (capteurs, matériaux, aération, etc.). La vocation de L-surF est également de devenir un centre de formation et d'éducation des spécialistes de toute l'Europe.

(1) Il s'agit de VSH (Suisse), SP (Suède), STUVA (Allemagne), TNO (Pays-Bas), SINTEF NBL (Norvège) et INERIS (France).

 


  Des chauves-souris dans les aéroports  
  La technologie est née dans le giron des programmes spatiaux de l'ESA. Depuis plusieurs années, la société irlandaise Farran Technology s'est spécialisée dans la conception de composants opérant dans la gamme micro-ondes (30-300 GHz), développés pour les appareillages astronomiques et les systèmes de communication à large bande pour la communication inter-satellites. Ce savoir-faire a permis ensuite de mettre au point, dans un tout autre domaine, un nouveau système de portique de détection micro-ondes, baptisé Tadar, utilisable dans les aéroports. Cette appellation vient de Tadarida, nom d'une chauve-souris connue au Brésil. Comme cette espèce animale, le dispositif utilise l'émission de micro-ondes dont la réflexion lui permet de "visionner", à travers les vêtements, la présence de tout objet d'une certaine densité. Par rapport aux traditionnels détecteurs exclusifs de métaux utilisés aujourd'hui, l'appareil est capable de distinguer les réflexions d'onde caractérisées par la température du corps et celles qui correspondent à des objets non visibles portés par la personne inspectée, y compris des matériaux non métalliques ou liquides.

 


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