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263°C en dessous de zéro au Cern | | © CERN | Les spécialistes de la cryogénie qui s'occupent du Large Hadron Collider (LHC), l'accélérateur de particules tant attendu des chercheurs abrité par le Cern (Genève), vont de succès en succès. En septembre 2005, un premier essai de mise sous pression et de refroidissement de 600 mètres de la ligne de distribution cryogénique destinée au fonctionnement des aimants supraconducteurs basse température avait été réalisé. En novembre, un secteur complet du LHC (plus de 3 km de ligne, soit un huitième de l'ensemble) commençait à refroidir… La ligne subit d'abord un test pneumatique de mise sous pression et est nettoyée de toute impureté avant que la chute de la température ne s'effectue grâce à de puissants réfrigérateurs installés en surface. Après trois jours, on atteignait -263°C. La température cryogénique est ensuite vérifiée par des thermomètres, des chaufferettes et des capteurs de pression, tandis que les pertes thermiques de la ligne sont mesurées régulièrement.
Le LHC fonctionnera à environ 300 degrés en dessous de la "chaleur" ambiante, soit une température encore plus basse que celle du vide spatial. Avec ses 27 km de circonférence, l'accélérateur sera la plus vaste installation supraconductrice du monde et sondera la matière comme jamais cela n'aura été possible. Démarrage prévu : 2007.
Le nombre de chercheurs…Dans le secteur privé, ce nombre a augmenté de 29% entre 1995 et 2003, avec une belle envolée dans les services (151%), principalement dans le domaine de l'informatique. Les grands pays (Allemagne, Royaume-Uni, France) occupent une majorité de chercheurs dans la grande industrie, les plus petits dans des PME. En Allemagne, par exemple, 80% environ des chercheurs travaillent dans des firmes de 500 employés.
Source : Monitoring Industrial Research : the EU industrial R&D investment scoreboard
Biotechnologies : cent idées à concrétiserAquaculture, bioremédiation, thérapie génique, nanotechnologies, nouveaux médicaments, vaccins, produits vétérinaires, alimentation, chimie fine… Tous ces domaines se retrouvent dans la brochure 100 Technology offers stemming from EU Biotechnology RTD resultsque vient de publier la Commission. Une centaine de recherches menées dans le vaste domaine des sciences du vivant sont présentées, à la manière de fiches, de façon très pragmatique. Chaque projet détaille la technologie développée, son stade d'avancement, les droits de propriété intellectuelle acquis ou souhaités, le potentiel d'exploitation (aspects innovants, avantages des produits, etc.) et les domaines d'application. Le tout se termine par des détails sur l'organisation (université, start-up, industrie…) et des points de contact.
Ces 328 pages rendent compte du travail réalisé ces dernières années par des équipes européennes qui ont bénéficié des soutiens spécifiques accordés par l'Union pour encourager la recherche collaborative dans des domaines "porteurs" susceptibles de déboucher sur des concrétisations industrielles. Les trois derniers Programmes-Cadres (1994-2006) ont intensifié graduellement leurs actions dans cette direction avec le programme Biotech II (1994-1998), l'action-clé Cell Factory (1998-2002) et la partie Biotechnologie et Génomiques Appliquées de la priorité Santé (2002-2006). Une enveloppe de 10 milliards € est proposée pour poursuivre ces soutiens spécifiques dans le Septième Programme-Cadre.
Depuis plusieurs années, le souci de l'Union est de sensibiliser les chercheurs aux questions de propriété intellectuelle et d'innovation technologique. Aussi, les partenaires de projets soutenus par l'UE doivent-ils élaborer un plan de mise en œuvre technologique. La Commission devrait en outre proposer des guidelines visant à accroître les transferts de connaissances entre le monde de la recherche et celui de l’industrie.
Prix Descartes, cuvée 2005On a coutume de les appeler les "Nobel" de l'Europe. Les prix Descartes de l'Union se déclinent en deux volets. Le plus important couronne l'excellence de la recherche mais, à la différence de ses célèbres aînés, ce ne sont pas des individus qui y sont récompensés, mais des travaux de pointe réalisés par des équipes transnationales. L'autre face des Descartes concerne la communication scientifique et récompense, par contre, des individus. Les Descartes 2005 ont été remis à Londres, au siège de la Royal Society, en décembre dernier (1).
Côté recherche, 85 projets avaient choisi de se mettre sur les rangs (plus du triple de l'année 2004), en différents domaines (2). Selon la tradition, un premier panel d'experts extrait une shortlist de 14 équipes nominées qui sont présentés au Grand Jury. Changeant chaque année, celui-ci est composé de personnalités de différentes disciplines et divers horizons – scientifique, industriel, politique – qui sont chargées de choisir cinq équipes lauréates qui sont récompensées chacune par un prix de 200 000 € (voir photos). Cette année, cinq autres finalistes étaient également sélectionnés pour un second prix, d'une valeur de 30 000 €. Le Jury était orchestré par le professeur Ene Ergma, vice-présidente de l'Académie estonienne des sciences et présidente du parlement estonien.
Côté communication, le choix des personnalités récompensées est effectué parmi des candidatures présentées par des associations ou organisations.
Parmi les lauréats, on trouve un Suédois, le Dr Carl Johan Sundberg, professeur de physiologie, pour lequel "la meilleure façon d'apprendre est d'enseigner". Au-delà des auditoires universitaires classiques, le Dr Sundberg a créé des cours de bio-médecine pour les journalistes et des cours de communication de la science pour les doctorants en sciences dures, il tient des conférences dans les écoles, participe à l'élaboration d'expositions dans les centres de science, etc.
Un peu plus au sud, la danoise Anja Andersen, jeune astrophysicienne, mène une carrière de chercheuse, journaliste (notamment comme expert dans l'émission de télévision scientifique Kosmos) et mère de famille. Elle a le don particulier d'expliquer en des termes les plus compréhensibles les données les plus complexes.
Du côté des mots, le britannique Bill Bryson avait déjà reçu le prix Aventis du livre scientifique "grand public" en 2004. Dans un voyage à travers l'espace et le temps, son ouvrage, A Short History of Everything, raconte le développement de l'Univers, du Big Bang à ce que nous sommes aujourd'hui, en ne faisant pas l'impasse sur la théorie de la relativité et la théorie quantique.
Le Belge Jos Van Hemelrijck se situe du côté de l'image et fait le plein des téléspectateurs en leur présentant un scientifique, ou une équipe de chercheurs, qui viennent expliquer leurs travaux, l'objet de leurs recherches et la manière dont ils tentent de s'y prendre pour solutionner les questions les plus "épineuses".
Quant à Michael Seifert, il a été à l'origine du mouvement Kinder-Uni qui a démarré à l'université de Tübingen, ouvrant ses portes aux enfants de 8 à 12 ans durant l'été et leur proposant des débats sur des thèmes aussi différents que les volcans, les différences sociales ou le clonage humain. Les enfants sont pris au sérieux, comme des étudiants adultes, et les professeurs qui leur enseignent, ravis de leur curiosité, sont obligés de s'expliquer clairement.
Ces cinq lauréats se sont partagés une récompense de 200 000 €.
(1) Voir aussi Publications . (2) 17 propositions concernaient la recherche fondamentale; 22 les sciences du vivant; 10 les sciences de la Terre: 8 les sciences de l'information; 15 l'ingénierie; 13 les sciences sociales et économiques.
Exel. Des physiciens grecs, allemands, turcs et américains ont élaboré une nouvelle classe de méta-matériaux artificiels (les LHMs – Left-Handed Materials) ou NIMs (Negative Index Materials) qui pourraient trouver des applications dans le domaine de l'imagerie médicale ou des télécommunications.
Ceca (Norvège, Allemagne, Russie) concentre ses recherches sur les conséquences du changement climatique dans l'Arctique et a été couronné pour ses avancées dans la compréhension de la fonte des glaces dans cette région particulièrement vulnérable à la pollution.
Pulse rassemble des chercheurs britanniques, italiens, allemands, néerlandais et grecs qui tentent de percer les lois de la physique fondamentale ayant présidé à la naissance de l'Univers. Ils ont démontré l'impact de l'étude européenne des pulsars sur la physique moderne.
Le projet EES a mis au point de nouvelles méthodes d'enquêtes transnationales permettant d'évaluer les changements dans les attitudes et les aspirations des citoyens au niveau européen.
Dans le domaine médical, Euro-Pid a mené des travaux de recherche sur les PIDs (Primary immunodeficiencies), un groupe de plus de 130 maladies génétiques rares. Sept équipes européennes ont travaillé sur des essais cliniques et ont progressé vers l'identification de solutions de thérapie génique.
26 citoyens pour la ville de demainUn groupe de 26 personnes, venues de chaque pays de l'Union et de la Roumanie, s'est réuni successivement à Vienne, Rome et Bruxelles, en septembre et octobre derniers. Sont-elles représentatives des habitants des villes de l'Union? Elles avaient en tout cas été sélectionnées sur 570 "candidats" dans le cadre du projet Raise et formaient une petite "conférence de consensus". L'objectif de ces rencontres était d'évaluer les différents projets de recherche soutenus par la Commission dans le cadre de l'action-clé "Ville de demain et héritage culturel" et de débattre plus largement sur ce thème. L'analyse des "26" a débouché sur une déclaration commune, présentée au Parlement européen en décembre 2005.
Comme on pouvait s'y attendre, le texte défend les transports publics ("nous représentons 10% des pays les plus riches du globe, et pourtant c'est nous qui respectons le moins les principes du développement durable"), la marche à pied et le vélo, la préservation du patrimoine ("notre passé culturel doit faire partie de notre présent"), l'amélioration des politiques urbaines, notamment grâce à une plus grande participation des citoyens ("une mauvaise gouvernance ne peut donner de bons résultats").
"Les décisions responsables doivent tenir compte de l'avis des personnes concernées. Des initiatives comme cette déclaration sont inestimables car elles donnent la parole à ceux qui vivent et travaillent dans nos cités", déclarait Janez Potočnik, commissaire responsable de la science et la recherche, à propos de cette intervention. Sa parole a certainement encouragé les membres de Raise, un consortium rassemblant des partenaires italien (Institute of Studies for the Integration of Systems -ISIS), autrichien (The Interdisciplinary Centre for Comparative Research in the Social Sciences - ICCR), belge (Ramboll Management), roumain (Impact Consulting Ltd.) et polonais (The Foundation for European Scientific Cooperation - FEWN).
Giove-A, premier pas vers Galileo | Giove-A © ESA | Pour finir en beauté avec 2005, Giove-A, le premier satellite de démonstration du système Galileo a été mis en orbite le 28 décembre. Fruit d'un partenariat entre l'Agence spatiale européenne et la Commission, Galileo est essentiel pour l'Europe puisqu'il lui assurera son propre système de navigation satellitaire à l'échelle mondiale. Il sera compatible avec le GPS américain et le russe Glonass, desquels notre continent est tributaire actuellement. "Tous" les domaines de la vie quotidienne dépendent en effet, peu ou prou, de la "veille" incessante qui se déroule dans l'espace – des transports aux télécommunications en passant par la météo, la protection civile, l'agriculture ou le bâtiment. Ethique : bilan et réflexions du GEE"Le GEE ne se charge pas de ce qui peut être fait, mais bien de ce qui devrait être fait. (…) Ses analyses ne sont pas figées dans le temps mais tentent au contraire de jeter un regard sur l’évolution de la science et de la société et d’anticiper les éventuels progrès à venir", écrit le président de la Commission, José Manuel Barroso. Il introduit ainsi le dernier rapport d'activité du Groupe européen d'éthique des sciences et des nouvelles technologies, qui vient de sceller son second mandat (2001-2005).
Lancée en 1997, cette instance indépendante, pluraliste et pluridisciplinaire, est chargée de donner des avis à la Commission (à la demande de celle-ci ou suivant sa propre initiative) pour l'éclairer dans l'élaboration de législations ou la mise en place de ses politiques. Les plus récents de ces avis portent sur la brevetabilité des inventions impliquant des cellules souches humaines, la recherche clinique dans les pays en développement, les tests génétiques dans le cadre du travail, les banques de sang du cordon ombilical et les implants TIC dans le corps humain. Le Groupe a également rédigé un Rapport sur les aspects éthiques de la commercialisation des produits issus de l’ingénierie du tissu humain.
Ces analyses, destinées à la Commission, suscitent un intérêt qui va bien au-delà des seules attentes de son destinataire. Les textes du GEE, disponibles sur Internet, offrent une mine de réflexion qui n'a pas échappé à tous ceux qui s'intéressent à leur "environnement" – dans tous les sens du terme – et le site du groupe connaît un succès croissant. En 2004, quelque 120 000 visites des seuls citoyens de l'UE ont été enregistrées. La moitié de ces internautes déclarent utiliser régulièrement cette source d'information. Leur intérêt pour les questions éthiques, et la position que pourrait prendre la Commission dans ce domaine, devrait faire plaisir à Göran Hermerén, président du GEE. A ses yeux, "les normes et valeurs joueront un rôle primordial dans l’intégration des membres de l’Union européenne". Et de préciser que "ce ne sont donc pas les valeurs en soi qui sont typiquement européennes, mais plutôt la hiérarchie spécifique qui en est faite".
Budget UE 2007-2013: la recherche en hausseL’accord du Conseil européen sur le budget 2007-2013 de l’Union, intervenu le 17 décembre dernier, rabotait de 24% les besoins initiaux évalués par la Commission. Il a ensuite été remis en cause, dès janvier 2006, par le Parlement européen, qui a estimé que ce compromis ne permettait pas de mettre en œuvre les politiques ambitieuses dont l'Union a besoin.
Inquiet du contretemps entraîné par la négociation d'une nouvelle solution financière, le Commissaire Janez Potočnik, en charge de la science et de la recherche, considère que les travaux de mise au point et de lancement du septième programme-cadre doivent se poursuivre sans délai. Sans cela, prévient-il, il y aura une interruption dommageable des soutiens européens au secteur de la recherche dans moins d'un an.
Même réduit, le cadre financier, tel que l'a concocté le sommet des "chefs" de l'Union, prévoit une croissance des moyens alloués à la recherche européenne en 2013 représentant, en termes réels, une hausse de 75% par rapport au niveau de 2006*. Si ce n'est pas le "doublement" souhaité, c'est à tout le moins une avancée certaine. Et Janez Potočnik assure que, dans le cadre d'un tel budget, la structure et la philosophie des priorités du programme, telles qu'elles sont proposées, ne sont pas affectées. Il presse donc les acteurs politiques de l'Union – gouvernementaux et parlementaires – de formuler au plus vite leur position commune sur les voies et moyens et de la politique européenne de recherche d'ici à 2013.
* Par ailleurs, le Conseil européen a marqué son soutien à la proposition de la Commission de créer un nouveau mécanisme financier d’une valeur de 10 milliards d’€, en coopération avec la Banque européenne d’investissement (BEI), pour renforcer les investissements en R&D en Europe.
Nouveau directeur à la DG RechercheDepuis le 1er janvier 2006, la DG Recherche de la Commission européenne a à sa tête José Manuel Silva Rodrigues. Il dirigeait, depuis 1999, la DG Agriculture et Développement rural. Son prédécesseur, Achilleas Mitsos ne quitte pas la DG Recherche, où il conserve un poste important de conseiller hors-cadre.
Agé de 55 ans, José Manuel Silva Rodrigues a, au départ, une formation d'ingénieur agronome. Après avoir fait partie, de 1983 à 1986, de la délégation qui a négocié l'adhésion de l'Espagne à l'Union européenne, il a été membre du cabinet du Commissaire Manuel Marin. Il a ensuite intégré la DG Agriculture où il a mené toute sa carrière de fonctionnaire au sein de la Commission européenne.
Voitures (plus) propres – les normes Euro 5Les nouvelles limites Euro 5 pourraient entrer en vigueur en 2008… Les émissions de particules des véhicules à moteur diesel seraient alors réduites de 80% (grâce à des filtres ad hoc) et celles d'oxyde d'azote (NOx) de 20%. Pour les voitures à essence, les émissions de NOx et de composites volatils devraient être réduites de 25%. Le projet de proposition concocté par la Commission, qui doit encore être examiné par le Parlement européen et le Conseil, a été mis au point après une consultation très large des parties prenantes, ainsi que du public, via Internet. Pour Günter Verheugen, vice-président de la Commission chargé de la politique des entreprises et de l'industrie, "les nouvelles normes d'émission maintiendront la position concurrentielle de notre industrie automobile". Deux jours de réflexions sur les sciences "douces""Sans l'accès à des sciences sociales et humaines de qualité, l'Europe sera tout simplement incapable d'interpréter sa propre situation dans un contexte global", rappelait Björn Wittrock, professeur à l'université d'Uppsala (SE), lors de la conférence Social Sciences & Humanities in Europe organisée en décembre dernier par la DG Recherche. Cette rencontre constituait une première, symbolique de l'intérêt et de la reconnaissance croissante de l'Union pour les "sciences douces". Après avoir été intégrées dans le sixième programme-cadre, celles-ci devraient connaître une impulsion nouvelle dans le septième programme-cadre. Durant deux jours, des acteurs des sciences sociales et humaines ont défriché différentes pistes pour une stratégie européenne de recherche. Les thèmes analysés en ateliers portaient sur les trois grands champs qui seront ciblés dans le prochain programme-cadre et qui étaient proposés à la réflexion: la croissance, la compétitivité et l'emploi dans une société basée sur la connaissance; les tendances sociétales et les citoyens européens; l'Europe et le monde.
Ces débats ne se sont pas arrêtés à des suggestions concrètes dans ces différents domaines mais ont été, pour de nombreux orateurs, l'occasion d'une réflexion sur la nature et l'évolution des sciences humaines. La frontière séparant traditionnellement les sciences naturelles des sciences humaines a, par exemple, été évoquée par le linguiste Alain Peyraure, spécialiste des langues d'Asie orientale, qui a montré combien cette fracture s'effrite avec l'évolution des connaissances, prenant pour exemple les sciences cognitives et les sciences de la complexité. "Elles n'ont pas été développées sur la base de découvertes empiriques et n'ont pas émergé à la suite d'une découverte majeure, mais elles ont contribué à soulever une foule de questions sur les relations entre l'âme et le corps, la pensée et la matière. Elles seront dans l'avenir en très bonne position pour participer à la révolution épistémologique résultant d'une synergie entre les quatre grandes technologies maîtresses du XXIème siècle : les nano-sciences et les nanotechnologies, la biologie et les biotechnologies, les sciences et les technologies de l'information et de la communication, et la cognition."
Dans cette évolution, les spécialistes des sciences humaines deviennent des acteurs incontournables de la gouvernance. "Lorsque certaines conditions sont remplies, les scientifiques en sciences sociales peuvent produire un travail qui est à la fois de haute qualité académique et qui contribue de manière significative au débat public", soulignait Christopher Whelan, professeur à l'institut de recherche économique et sociale de Dublin.
Quant à Helga Nowotny, professeur à l'ETH Zurich et présidente de l'Eurab (European Research Advisory Board), elle a souligné l'importance à donner aux sciences sociales et humaines dans une époque marquée par les incertitudes et les inquiétudes. A ses yeux, celles-ci résultent de deux processus simultanés et en interaction. D'une part, l'impact de plus en plus sensible de la globalisation – dans les domaines des délocalisations, de l'emploi, de la finance, des mouvements migratoires ou des problèmes environnementaux – ébranle le modèle bâti sur l'Etat-nation, alors que des formes nouvelles d'organisation politique et socio-économique répondant à cette évolution peinent à se mettre en place. D'autre part, la science et la technologie transforment de plus en plus notre rapport au monde, induisent des mutations sociétales et – en particulier à travers les sciences du vivant – changent la perception que nous avons de la nature, de nous-même et de notre corps. Ainsi, "la question est de savoir comment notre système collectif de recherche et de production de nouvelles connaissances prendra en compte la représentation d'un nouvel ordre naturel et quels liens vont s'établir avec l'ordre social".
Ces journées doivent permettre à la Commission de peaufiner les programmes de travail sur lesquels seront basés les premiers appels à projets du septième programme-cadre qui doit démarrer en 2007. La qualité de ces rencontres incite les organisateurs à renouveler de tels débats.
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