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N° 48 - Février 2006 |
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Publier et périrConsidéré comme un pionnier mondial du clonage animal et humain et, jusqu’il y a quelques semaines encore, comme nobélisable, le médecin sud-coréen Hwang Woo-Suk a donc démissionné de ses fonctions à l’université nationale de Séoul, une semaine après avoir demandé le retrait d’un article publié dans Science. Plusieurs de ses résultats, salués par une partie de la communauté scientifique et surtout par les médias, se sont révélés être des faux. Le fait que ceux-ci aient été publiés en partie dans la prestigieuse revue Science n’est sans doute pas étranger à la chute du professeur.
Certes, les manipulations et les fraudes scientifiques ne sont pas exceptionnelles. En science comme ailleurs, les communautés comportent des brebis galeuses. Mais au-delà du cas personnel, le scandale révèle les failles du système de production scientifique actuel. Un article peut donc être scientifiquement correct et potentiellement biaisé. Les financements généreux accordés au chercheur sud-coréen n’ont pas constitué non plus une assurance "Tous risques". Un système dont les scientifiques sont les premières victimes. Et la crainte est que les pressions croissantes qui s’exercent sur les chercheurs – quête des crédits, volonté de publicité et publication quasi-industrielle de résultats – n’encouragent de tels débordements. Ce n’est sans doute pas un hasard que cette tricherie se soit produite dans un pays en plein boom économique.
Le scandale éclabousse tout le territoire de la science. Il répand l’image erronée d’une science qui progresserait sans conscience. Et comme souvent lors de dérives fortement médiatisées, des voix s’expriment pour accroître le contrôle de la recherche et des chercheurs. La confiance en la science et les scientifiques possède désormais un prix.
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