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RDT info logoMagazine de la recherche européenne N° 48 - Février 2006   
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 SOMMAIRE
 EDITORIAL
 Conclave scientifique et ouverture publique
 A deux voix, à propos des cordes
 Deux mois à l'horizontale
 Le joker de la production distribuée
 Branle-bas de combat pour l'in vitro
 Le "parler vrai" de Wolfgang Heckl
 Valeur ajoutée, mobilité
 Analyse d'une constitution en panne
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Bionet : explorer et débattre

Bionet : explorer et débattre
Est-il vraiment intéressant de prolonger la vie humaine grâce à de nouveaux médicaments? Que penser du clonage (humain ou non) et où poser ses limites? Et les OGM?

Pour choisir, il faut comprendre. Pour comprendre, il faut s'informer. Sur tout ce qui touche aux sciences de la vie – sujet à la fois personnel et collectif, délicat s'il en est –, voyez Bionet. Créé par huit centres de sciences européens, cet espace virtuel qui se veut "d'exploration et de débat" – et qui y réussit – met en lumière les découvertes les plus récentes de la biologie, les nouvelles performances des biotechnologies et l'avenir que celles-ci peuvent laisser imaginer.

Premier atout "d'audience" : Bionet est polyglotte et travaille en dix langues (castillan, catalan, danois, allemand, anglais, français, italien, portugais, finnois, suédois). Second joker : sa clarté. Les thèmes se déclinent sous des titres qui pourraient faire la couverture de magazines grand public : "cellules à tout faire", "vivre plus longtemps", "être séropositif", "un bébé sur mesure", "se nourrir demain", "qui possède vos gènes?". En haut de l'écran, pour chaque domaine, des propositions conviviales invitent à approfondir le sujet: "quoi?", "comment?", "les lois", "pour et contre", "savoir plus". Le langage reste toujours parfaitement clair, concis, précis, transparent, évitant tout jargon.

Si l'on s'interroge sur le rôle des gènes, par exemple, on trouvera des explications sur l'hérédité, l'ADN, les chromosomes, les maladies héréditaires, etc. Des jeux interactifs permettent de mieux comprendre les différents aspects du problème – ainsi, pour s'offrir virtuellement un bébé sur mesure, faudra-t-il cliquer sur le "bon" spermatozoïde en balade sur l'écran. De petits films éclairent également les mécanismes sophistiqués, comme ceux des cellules souches.

Pour chaque chapitre, ceux qui le souhaitent approfondiront les enjeux éthiques et compareront les législations en vigueur dans les différents pays européens. Ainsi informé, on peut tester ses connaissances et entrer dans le débat, donner son avis, le comparer à celui des personnes de même nationalité, de même sexe, de même âge – et également à la moyenne de la totalité des opinions reçues. En quittant Bionet, on se sent lesté d'idées nettement plus claires…

Pédagogie

Des questions sur la science? On trouve beaucoup de réponses sur le site britannique Schoolscience qui s'adresse en priorité aux élèves et aux professeurs. Pour les premiers, il suffit de cliquer sur les matières au programme du secondaire (biologie, physique, sciences des matériaux) pour voir se dérouler une liste de chapitres divisés en thèmes précis (une trentaine, par exemple, dans le domaine de la santé – du système immunitaire à la croissance en passant par la cigarette et les bactéries) leur permettant d'approfondir leurs connaissances et de les tester. Des schémas, photos, petits films, quiz, discussions interactives complètent le tout. Chacun peut ainsi participer à un débat sur l'énergie nucléaire ou zoomer à l'intérieur d'une cellule pour découvrir des chromosomes ou de l'ADN. Une section est réservée aux enseignants qui y trouveront une mine de documents pédagogiques à télécharger ou à commander sur CD-Roms. Et pour les partisans de la "formation tout au long de la vie", l'endroit est idéal pour s'offrir des rattrapages à domicile.

Conférence publique Solvay : une expérience à renouveler…

"Cette séance publique était très intéressante et m'a décidé à lire plusieurs livres pour comprendre les enjeux de la physique contemporaine." "Pour moi, cela a été un moment inoubliable de me retrouver en face de scientifiques réputés et très bons vulgarisateurs" "La conférence était d'un très haut niveau tout en étant accessible à tout le monde et agréable à suivre."

Conférence publique Solvay : une expérience à renouveler…


Ces commentaires proviennent de certains de ceux qui ont assisté à la Conférence qui s'est tenue après le prestigieux Conseil de physique Solvay (voir Conclave scientifique et ouverture publique). 29% des auditeurs étaient des scientifiques, 24% des étudiants, les autres formant un public très diversifié (dont 10% de retraités). Ces réactions proviennent d'un questionnaire d'évaluation envoyé aux participants qui avaient dû s'inscrire via Internet. Les réponses (nombreuses) donnent un taux de satisfaction très encourageant. Ont particulièrement été appréciés les capacités de vulgarisation des orateurs (93% de satisfaits), l'intérêt des exposés (90%) et l'organisation même de l'événement (86%). Ce dernier était le fruit d'une collaboration entre l'Université libre de Bruxelles, siège des Instituts Solvay et la Commission européenne. De nombreux messages invitent les organisateurs à renouveler cette expérience qui prouve, si besoin était, que la science, même dans ses matières réputées les plus abstraites, peut et doit rencontrer la société.

Mastères en communication de la science

© Image courtesy of Science Communication Group, Imperial College London
© Image courtesy of Science Communication Group, Imperial College London
L'Imperial College London a mis en place, depuis quelques années, une unité en communication de la science (Science Communication Group). Celle-ci propose des programmes de formation très pointus pour ceux que leurs activités professionnelles amènent à populariser les questions de S&T (journalistes de la presse écrite ou de l'audiovisuel, porte-parole d'institutions scientifiques ou d'entreprises impliquées dans la R&D, collaborateurs de musées ou centres de sciences, etc.). L'intérêt des formations de l'Imperial College réside dans un enseignement qui tient compte des spécificités du média envisagé et donc des besoins précis des différentes pratiques de communication. Une option plus généraliste (Science communication) s'adresse à ceux qui voudraient ajouter une corde à leur arc scientifique, une autre vise le monde des médias (Science Media Production) tandis qu'une troisième voie, originale, s'est ajoutée en octobre dernier. La nouvelle section Creative non-fiction writing devrait intéresser ceux qui souhaitent écrire – on est ici dans le domaine littéraire et pas dans celui de la presse – en abordant des thèmes scientifiques ou techniques (médecine, nouvelles technologies, environnement…) sur lesquels ils sont supposés posséder des connaissances.

Ces mastères peuvent être réalisé en un an, à temps plein, ou deux ans à mi-temps. "Ces cours entraînent un travail exigeant mais les étudiants y trouvent également beaucoup de plaisir. Les diplômés de notre programme réussissent à décrocher des premiers emplois qui peuvent être le seuil d'une carrière dans ce monde compétitif de la communication professionnelle, estime Nick Russel, directeur du groupe. Nous estimons que la théorie et la pratique ont une importance égale et nous croyons que l'effort combiné et l'excellence dans ces deux domaines sont nécessaires pour réussir dans ce secteur."

Les différents programmes, qui mélangent judicieusement l'analyse académique et les travaux personnels et créatifs, sont présentés sur le site du College.

CST 060606 – Parlons sciences sous le soleil de minuit

CST 060606 – Parlons sciences sous le soleil de minuit
Présenter la science sous toutes ses facettes et susciter des vocations… Du 6 au 9 juin, l'université de Tromsø, située au nord du cercle polaire (NO), organise une première conférence internationale sur la communication de la science, doublée d'un festival audiovisuel (CST 060606). "Nous avons déjà organisé des événements semblables, au niveau norvégien, et cette nouvelle dimension représente une étape importante, qui est à la fois un suivi et un élargissement de notre travail antérieur, souligne Bjørn Solheim, l'un des organisateurs. Nous réalisons que l'avenir économique et le développement culturel de l'Europe dépendent beaucoup des connaissances des nouvelles générations dans le domaine de la science et de la technologie." C'est pour réveiller le goût de ces matières chez les jeunes que ces journées s'adressent tout particulièrement aux enseignants, aux étudiants, aux médias, aux responsables politiques, mais également au monde des entreprises – notamment les PME high tech – qui auront l'occasion de préciser les compétences dont elles ont besoin et les opportunités de carrière qu'elles proposent.

Einstein et la physique débordent sur 2006…

Einstein et la physique débordent sur 2006…
Einstein, l'autre regard semble prolonger les festivités qui ont émaillé le centenaire de "l'année miraculeuse" d'Albert Einstein (1905). L'autre regard est celui que cet homme porte à la science et au monde en les "pensant autrement". L'exposition se veut pédagogique, ludique, "expérimentale". Ses organisateurs déclarent ne pas avoir l'ambition d'expliquer des concepts aussi complexes que la relativité et la mécanique quantique mais bien de "faire ressentir la nouveauté de ces modes de pensée, leur importance, y compris dans notre vie quotidienne, provoquer l'émerveillement, l'envie d'aller plus loin…"

Le scénario de l'exposition, comme un film efficace, varie les "pics" et les temps de pause. Après avoir traversé un paisible laboratoire "d'époque", on plonge dans le "temposcope", spectacle où l'on est invité à entrer dans l'univers d'Einstein en se laissant bombarder d'images fusant d'un écran circulaire de 170°. Suit une pause-souvenir (la présentation des quatre petits articles de 1905 qui bouleversèrent nos notions de temps, d'espace et de matière précédant les salles thématiques consacrées à ces questions : les quanta, les atomes, la relativité et la cosmologie.

Ici, l'interactivité est de rigueur. Les visiteurs sont invités à refaire l'expérience de Brown, voyant alors des cristaux en suspension s'agiter sous la frappe des atomes et les atomes se déplacer au cours d'une réaction chimique. Ils peuvent pédaler, se transformant ainsi en accélérateur de particules et offrant leur propre énergie jusqu'à créer de la masse. Pour percevoir la relativité restreinte, ils se laisseront bombarder par des muons, ces particules qui se déplacent à une vitesse proche de la lumière et nous atteignent depuis l'espace, alors que leur temps de vie ne le permet en principe pas.

L'exposition se termine sur un "espace souvenir" évoquant divers aspects de ce savant que l'on dit solitaire, pacifiste, mélomane, généreux, sexiste… Une réplique de Little Boy, la bombe qui détruisit Hiroshima, rappelle qu'il cosigna, en 1939, avec les physiciens Leo Szilard, Edward Teller et Eugen Wigner, une lettre expliquant au président Roosevelt les risques qu'engendrerait la possession de l'arme atomique par l'Allemagne nazie. Ce fut alors la réalisation du Manhattan Project – auquel Einstein ne participa jamais – qui aboutit à la réalisation des monstres qui frappèrent Hiroshima et Nagasaki.

Site de Tour & Taxis – Bruxelles, jusqu'au 1er mai 2006

La santé passe par le mental

Un adulte sur quatre souffre d'une maladie mentale dans l'Union européenne. Ce mal-être prend des formes très diverses (de dysfonctionnements associés au stress jusqu'aux symptômes de démence), mais les maladies les plus fréquentes sont les troubles de l'anxiété et la dépression. L'OMS estime que cette dernière pourrait devenir la première cause de morbidité dans les pays développés.

Les pays de l'Union sont diversement touchés et différemment armés contre ces maladies particulières. Si les troubles psychiques sont à l'origine de la majorité des suicides (58 000 décès par an), leur nombre varie considérablement d'un pays à l'autre : 44 par 100 000 habitants en Lituanie contre 3,6 en Grèce. Le nombre de placements non volontaires en établissement psychiatrique est 40 fois plus élevé en Finlande qu'au Portugal. La part des budgets nationaux de santé consacrée aux maladies mentales varie également, allant de plus de 13% au Luxembourg à quelque 2% en Slovaquie.

A la suite d'une conférence ministérielle sur la santé mentale organisée par l'OMS, en janvier 2005, la Commission a publié un Livre Vert dans le but de cibler une stratégie européenne en la matière. Elle propose notamment le lancement d'une plate-forme sur la santé mentale qui analyserait les moyens d'intégrer celle-ci dans différents secteurs et politiques de l'Union et de développer des aspects éthiques comme les droits fondamentaux des victimes de ces maladies. Les propositions concernent également le renforcement des moyens d'information, le suivi des tendances, la collecte de données et le relevé des meilleures pratiques.

  • Livre Vert - Améliorer la santé mentale de la population : Vers une stratégie sur la santé mentale pour l'Union européenne – Document téléchargeable.
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