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RDT info logoMagazine de la recherche européenne N° 46 - Août 2005   
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CHAMPS éLECTROMAGNéTIQUES
Title  Le grand bain électromagnétique

Pendant la quasi-totalité du 20ème siècle, la salubrité des effets des champs électromagnétiques (EM) autres que ceux relevant de la radioactivité n'a guère été analysée. Depuis 30 ans, le ton a changé, et l’on a commencé à s'interroger sur la protection contre les radiations non ionisantes. Mais de quelles protections faut-il s'armer alors que, jusqu'ici, les scientifiques s'accordent à constater qu'aucune évidence consistante et convaincante des altérations possibles de la santé humaine n'a pu être détectée, malgré la multiplicité des technologies qui accroissent le smog électromagnétique qui nous environne? Ils reconnaissent cependant que les données, tant au niveau des recherches de laboratoire que de l'épidémiologie et des mesures de l'exposition, sont très incomplètes et insuffisantes pour se prononcer avec certitude.

Les "rayons", même s'ils sont potentiellement dangereux et placés sous haute surveillance, ont permis à la science de faire des progrès énormes dans la mise à jour des anomalies et des maladies et sont devenus, aujourd'hui, des techniques de diagnostic quotidiennes dont l'imagerie à résonance magnétique est une des plus poussées.

Les "rayons", même s'ils sont potentiellement dangereux et placés sous haute surveillance, ont permis à la science de faire des progrès énormes dans la mise à jour des anomalies et des maladies et sont devenus, aujourd'hui, des techniques de diagnostic quotidiennes dont l'imagerie à résonance magnétique est une des plus poussées.
L'électricité est une réalité invisible, mais bien tangible, qui se laisse transporter par des câbles conducteurs. La lampe s'allume, les moteurs en tous genres démarrent, la plaque de cuisson chauffe, le réfrigérateur refroidit, l'écran de télévision ou d'ordinateur s'éclaire, le téléphone sonne, la secousse électrique provoque une douleur instantanée au maladroit qui touche les fils.

Mais tous ces "courants qui passent" ont aussi, de façon inséparable du champ électrique oscillant leur donnant naissance, une composante cachée, extérieures aux conducteurs eux-mêmes et insensible. Ils provoquent, en effet, la création de champs magnétiques ayant la propriété d'induire, à distance, des polarisations des charges électriques présentes dans leur environnement proche.

Depuis les temps pionniers de la fin du 19ème siècle où cette double réalité fut démontrée par le physicien Maxwell – père fondateur de toute la théorie de l'électricité –, cette conjonction fondamentale du champ électrique, nécessaire pour que le courant circule, et du champ magnétique résultant lorsqu'il transite, est combinée dans la notion unique d'électromagnétisme.

Le grand spectre commun et universel
Cette clé conceptuelle de l'électromagnétisme rend compte du déplacement de l'énergie, que ce soit dans la matière concrète d'un support conducteur ou dans l'espace immatériel. Elle a non seulement ouvert la porte au formidable essor de la maîtrise par l'homme des applications de l'électricité mais est devenue en même temps l'un des sésames les plus féconds de la physique moderne.

Elle permit de réaliser que l'Univers entier est, en effet, le siège d'une variété inouïe de modes de propagation d'ondes électromagnétiques oscillantes, qui peuvent se lire sur un gigantesque spectre de fréquences allant de zéro (cas du courant continu ou unidirectionnel) à 1020 hertz (1).

Cette grille commune et unifiée des phénomènes vibratoires du monde atomique et sub-atomique englobe, dans ses sommets fréquentiels himalayens, le rayonnement cosmique, les phénomènes de la radioactivité (différenciés en rayons gamma et en rayons X), les caractéristiques de la lumière visible et des différentes couleurs qui la composent, sans oublier les immense zones qui la précèdent et la suivent dans les zones de l'infrarouge et l'ultraviolet.

Et, dans cette continuité, c'est donc tout au bas de l'échelle, que s'inscrivent les fréquences des applications électriques et électroniques inventées par l'homme. Celles-ci ont pourtant peu à peu gravi l'échelle des oscillations, à des fins des plus en plus diversifiées.

Sur une gigantesque échelle logarithmique des fréquences, le spectre électromagnétique intègre aussi bien les phénomènes primordiaux de l’Univers (rayons cosmiques, radioactivité, lumière) que le développement de la civilisation électrique et les télécommunications inventées par l’homme.
Sur une gigantesque échelle logarithmique des fréquences, le spectre électromagnétique intègre aussi bien les phénomènes primordiaux de l’Univers (rayons cosmiques, radioactivité, lumière) que le développement de la civilisation électrique et les télécommunications inventées par l’homme.
Le précédent de la radioactivité
En se propageant, les ondes électromagnétiques ont, par leur nature même, une influence électrique sur les atomes composant les objets, inanimés ou vivants, qu'elles rencontrent. On se rendit compte de ce phénomène lorsque les chercheurs pionniers de la première moitié du 20ème siècle commencèrent à se passionner, souvent à leurs dépens, pour les propriétés de la radioactivité dont ils ignoraient encore le pouvoir potentiellement nocif au niveau biologique. Dans cette zone du spectre électromagnétique, le pouvoir de pénétration provoque des ruptures des liens atomiques, avec production d'ions. Sur le plan biologique, ceci se traduit par des altérations profondes de l'ADN. Ce groupe, placé sous haute surveillance, prit le nom de "radiations ionisantes".

Même si ce pouvoir pouvait être éminemment mortel, il n'en intéressait pas moins beaucoup la science pour les formidables services qu'il pouvait rendre. Durant la Première Guerre mondiale, à l'arrière des tranchées, Marie Curie mit ainsi toute son énergie à montrer que la radiographie X donnait un moyen sans précédent de "voir" les lésions osseuses des blessés. Elle fut emportée plus tard par les conséquences des rayonnements auxquels toutes les recherches de sa vie l'avaient exposée.

A partir des années 50, avec le développement de l'industrie nucléaire et l'introduction croissante d'applications à caractère radioactif dans la médecine ou d'autres disciplines, toute une science de la radioprotection s'est donc constituée pour étudier les effets des rayonnements ionisants, mettre au point des moyens défensifs les plus efficaces, définir les seuils limites d'exposition, tout en tirant un parti maximum. Créée en 1965, l'IRPA (Association internationale de radioprotection) a commencé à jouer un rôle de forum mondial de confrontation et de dissémination des connaissances et de mise à jour des normes sanitaires de ces familles singulières des ondes ionisantes.

Les nouveaux venus non ionisants
Depuis deux décennies, on assiste à l'explosion et au croisement incessant de signaux électromagnétiques les plus divers.
Depuis deux décennies, on assiste à l'explosion et au croisement incessant de signaux électromagnétiques les plus divers.
Dix ans plus tard, les responsables scientifiques animant les travaux de l'IRPA se demandèrent si les préoccupations de radioprotection ne méritaient pas d'être étendues à d'autres parties du spectre électromagnétique, de plus en plus sollicitées par les technologies nouvelles – depuis la gamme des très basses fréquences de 50 hertz des réseaux électriques traditionnels à celle des radiofréquences de transmission de plus en plus élargies, jusqu'à l'entrée de la zone dite des micro-ondes et celle de l'infrarouge. Il existe, en effet, un lien direct entre la fréquence de l'onde et l'énergie transportée – et donc l'impact potentiel sur la matière.

En 1977, en synergie avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), l'IRPA créa un premier Comité international des rayonnements non ionisants pour étudier et définir les critères d'hygiène relatifs à ces domaines très étendus. En 1992, ce Comité fut détaché de l'Association pour devenir la Commission internationale pour la protection contre les RNI – en initiales anglaises ICNIRP – une instance scientifique indépendante chargée de la coordination mondiale sur ces questions. Ce champ de recherche, resté très ou trop longtemps en friche, a donc commencé à prendre corps, mais en partant de connaissances très limitées.

Le quotidien électrique
A priori, cette tâche de protection attribuée à cette organisation encore fraîchement créée, relève d'un gigantisme qui peut laisser perplexe. Dans la société du "tout électrique" où nous sommes plongés, comment imaginer de s'inquiéter – aucun indice ne le justifierait à ce jour – des innombrables champs électromagnétiques à très basse fréquence induits par la multiplicité des appareils que nous utilisons dans la vie privée ou professionnelle, par les transports électriques, ainsi que par les câblages qui les alimentent. Un consensus très général existe sur la non nocivité de ces champs, dont les mesures d'induction magnétiques et de faible portée dans l'espace doivent respecter des normes fixées à des niveaux très bas.

L'influence des champs est cependant nettement plus étendue et intense lorsque les courants atteignent des valeurs élevées, demandant des normes de distances plus spécifiques. C'est le cas, par exemple, dans certaines applications industrielles hautement énergétiques ou aux points névralgiques des réseaux que sont les centrales, les postes de transformation ou lignes électriques à haute tension. Ces dernières sont, de fait, l'objet d'un débat quant à leur effets sanitaires potentiels – effets que de récentes recherches tendraient à confirmer (voir box).

L'envahissement des ondes
Dans la foulée des recherches sur les radiations ionisantes, le domaine spécifique des ondes ultraviolettes a également soulevé davantage d'attention en relation avec les nombreuses recherches sur les cancers de la peau. Ces radiations ne proviennent guère d'applications techniques – mis à part les bancs solaires – mais sont liées au rayonnement du soleil, dont les effets dangereux ont été largement attestés. L'ignorance insouciante du bronzage estival est désormais combattue par une information de précaution, très médiatisée auprès du public. © Nasa
Dans la foulée des recherches sur les radiations ionisantes, le domaine spécifique des ondes ultraviolettes a également soulevé davantage d'attention en relation avec les nombreuses recherches sur les cancers de la peau. Ces radiations ne proviennent guère d'applications techniques – mis à part les bancs solaires – mais sont liées au rayonnement du soleil, dont les effets dangereux ont été largement attestés. L'ignorance insouciante du bronzage estival est désormais combattue par une information de précaution, très médiatisée auprès du public.
© Nasa
Un autre domaine clé est, par ailleurs, lié au développement des télécommunications. Ici aussi, la mise à profit des capacités de transmission des ondes électromagnétiques ne date pas d’hier. Pendant la première moitié du 20ème siècle, la maîtrise de l'émission et de la réception de ces ondes baptisées hertziennes, dans une gamme de 300 KHz à 300 GHz, a assuré la naissance et le développement de la radiodiffusion, puis de la télévision.

Au fil du temps, cette montée en puissance des télétransmissions "sans fil" s'est aussi affirmée en remontant de plus en plus dans l'élévation dite des "radiofréquences " et en donnant, par exemple, dès la Seconde Guerre mondiale l'invention du radar. Depuis deux décennies, ce croisement incessant de signaux électromagnétiques les plus divers est en train d'exploser. Avec la multiplication des télécommandes, le WiFi ou le BlueTooth, il a envahi notre quotidien domestique ou professionnel. Nous sommes soumis en permanence à des pluies de faisceaux satellitaires. Dans les magasins ou les lieux de transit de voyages, nous passons de plus en plus souvent devant des installations de sécurité (anti-vols, contrôles de contenus, etc.) dites à rayonnement EM pulsé.

Le questionnement des mobiles
Mais, sans conteste, le sommet des innovations dans ce domaine est l'arrivée de la téléphonie mobile et son succès foudroyant. Phénomène de société de notre époque, elle s'est étendue à toutes les classes d'âge – à commencer par les plus jeunes – et à toutes les catégories sociales. Opérant à des niveaux d'intensité et de fréquences d'usage courant par rapport à l'environnement électromagnétique dans lequel nous sommes déjà plongés, cette technologie n'a guère soulevé de prime abord de questionnements originaux.

A deux exceptions près, toutefois. D'abord en raison de la mise en place précipitée de l'infrastructure de réseau de transmission, de plus en plus imbriquée au tissu urbain, nécessité par son essor. Au départ, c'est sur ce dernier point que les inquiétudes et les plaintes ont d'abord porté. Les nombreuses études scientifiques menées à ce sujet s'accordent cependant toutes pour conclure que les effets de voisinage de ces installations, bien qu'à surveiller, ne posent pas de risques nouveaux particulièrement inquiétants. Tout au plus s'ajoutent-elles à la densité déjà grande des sources rencontrées dans l'environnement, sans constituer un facteur aggravant notoire.

Par ailleurs, par la nature même du modus operandi de son usage, collé au conduit auditif, et donc d'une proximité toute particulière avec les organes primordiaux du cerveau humain, la téléphonie mobile pose cette fois aux scientifiques un problème inédit.

En quelques années, le problème de l'exposition croissante aux champs magnétiques quotidiens a pris une telle ampleur qu'il constitue un domaine d'investigation de plus en plus prioritaire. Face à ce défi, plusieurs recherches européennes ont été mises sur pied depuis quelques années, en particulier dans le domaine du système auditif, de la biologie cellulaire et de l'épidémiologie (voir autres articles). Et depuis 2004, l'Union est dotée d'un réseau scientifique de coordination EMF-NET (Electromagnetic Fields Network), centré sur la sécurité de la téléphonie portable et des autres technologies à incidence électromagnétique. EMF-NET vise à canaliser l'accumulation des résultats scientifiques et à en donner des interprétations aussi fiables qu'indépendantes (voir box)

(1) Un hertz (du nom du physicien allemand contemporain de Maxwell) correspond à une oscillation ondulatoire par seconde. Dans une échelle inversée, on s'exprime aussi en longueur d'ondes (par exemple la classe "micro-onde") qui exprime la distance qu'elle parcourt durant un cycle d'oscillation.


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Dossier 1 2 3 4
  Le grand bain électromagnétique
  Les oreilles sécurisées
  Surprenants constats in vitro
  Interphone, la plus vaste enquête au monde

  PLUS DE PRÉCISIONS  
  Innocentes, les lignes à haute tension?

Dans la très basse fréquence des 50 hertz – norme généralisée de la grande distribution électrique classique dans toute l'Europe – on a toujours considéré que toute retombée d'ordre EM était sans aucun danger pour la population. Nous sommes ...
 
  Une tour de contrôle des connaissances

Lancé en 2004, le nouveau réseau européen EMF-NET (Electromagnetic Fields Network) a pour objectif de coordonner, d'évaluer et d'interpréter les recherches de plus en plus nombreuses sur les effets potentiels sur la santé des champs électromagnétiques non ionisants, ...
 
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Ces trois initiales, nées il y a près de 20 ans, concrétisent une longue et persévérante success story de l'Union. Cette réussite est le fruit d'une volonté de coopération constructive et intense entre les entreprises technologiques de la téléphonie ...
 

  POUR EN SAVOIR PLUS  
 
  • Commission internationale pour la protection contre les radiations non ionisantes
  • Organisation mondiale de la santé (Site sur les champs EM)
  • GSM World homepage. An industrial association for mobile telephone operators
  •  


       
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    Dossier 1 2 3 4
      Innocentes, les lignes à haute tension?

    Dans la très basse fréquence des 50 hertz – norme généralisée de la grande distribution électrique classique dans toute l'Europe – on a toujours considéré que toute retombée d'ordre EM était sans aucun danger pour la population. Nous sommes donc habitués à évoluer sous l'immense toile d'araignée des lignes à haute tension qui maillent les territoires, avec leurs nœuds de concentration plus serrés au départ des centrales et à l'arrivée dans les grandes zones urbaines. Certes, quelques voix s'étaient parfois élevées pour mettre en cause l'innocuité des puissants champs magnétiques engendrés par ce type d'autoroutes électriques qui, lorsque leur densité s'accroît, en viennent à avoisiner de près des zones habitées. Longtemps, faute d'études approfondies, ces inquiétudes n'avaient pas été prises au sérieux. Depuis une dizaine d'années, les experts se sont cependant interrogés sur un lien possible entre les cas de leucémies survenant chez des enfants nés et vivant durant de longues périodes à proximité de ces lignes. Des données parcellaires indiquaient une hausse possible des cas et il fut admis que, si cette tendance se confirmait, il fallait y voir "plus qu'un hasard".

    En juin de cette année, le British Medical Journal a publié les résultats beaucoup plus approfondis d'une équipe de l'université d'Oxford. Celle-ci a entrepris un vaste travail épidémiologique comparant quelque 9 700 cas de leucémies d'enfants de moins de 15 ans comptabilisés en Grande-Bretagne avec la carte du réseau des hautes tensions et des quelque 22 000 pylônes correspondants. Le résultat, assez net, indique un risque de leucémie accru de 70% chez les enfants résidant à moins de 200 mètres des lignes. Prudents, les auteurs estiment que si une relation de cause à effet pouvait en être tirée, cela ne représenterait que moins de 1% des cas de leucémies infantiles dans le pays. La nature même de cette relation doit aussi être tempérée par le fait que l'étude globale de ces dernières révèlent très généralement comme origine des altérations de l'ADN préalables à la naissance ou des facteurs environnementaux postérieurs importants, tels une exposition prononcée à des radiations ionisantes. Le chiffre d'augmentation de risque relevée par l'étude britannique, non croisée avec ces facteurs majoritaires, n'a donc qu'une valeur encore très relative. Mais l'on devrait, à l'avenir, rendre plus strictes les normes de distances admises pour les lignes électriques.

      Une tour de contrôle des connaissances

    Lancé en 2004, le nouveau réseau européen EMF-NET (Electromagnetic Fields Network) a pour objectif de coordonner, d'évaluer et d'interpréter les recherches de plus en plus nombreuses sur les effets potentiels sur la santé des champs électromagnétiques non ionisants, et notamment en matière de téléphonie mobile. Il rassemble les meilleures équipes scientifiques européennes travaillant dans les Etats membres ou dans des coopérations appuyées par l'Union.

    De la pénurie qui existait au départ, on passe de plus en plus à l'abondance, sinon à son excès. Un peu partout, le flot de résultats et de données s'égrène en publications nouvelles, en communiqués de presse, en avis d'agences sanitaires autorisées. Dans l'ensemble, ce fleuve en crue suit son cours dans un sens très généralement rassurant. Cependant s'y mêlent aussi quelques bémols, des écarts d'incidences à élucider, des domaines nouveaux demandant d'être investigués, des recommandations de prudence – telles celles qui concernent, par exemple, l'usage excessif du téléphone mobile par les enfants.

    Comment s'y retrouver ? Le premier service à rendre concerne la communauté scientifique elle-même. "L'action de coordination EMF-NET constitue d'abord une sorte de tour de contrôle de la recherche, au sein de laquelle les principaux acteurs européens actuellement impliqués dans ces questions précises peuvent se concerter de façon structurée", souligne Paolo Ravazzani, animateur du nouveau réseau. Nous éditons ainsi une newsletter spécialisée qui procède à un balayage de cette information croissante en l'ancrant dans ses fondements interdisciplinaires les plus sérieux."

    Mais la principale ambition de EMF-NET est l'interprétation. Comment évaluer la signification de telle ou telle annonce émanant d'équipes restreintes de chercheurs, de résultats certifiant l'absence d'effets, ou au contraire indiquant des possibilités de leur existence ? Quelle "opinion scientifique" peut-on en déduire et quelle fiabilité peut-on leur donner ?

    "EMF-NET a adopté un mode conjoint d'évaluation des données d'études et de recherche par des groupes techniques composés d'experts membres du réseau. Ces groupes de travail sont chargés de fournir à la Commission européenne et aux autorités sanitaires des notes d'information et des rapports d'interprétation. En cas de demandes précises et urgentes des responsables politiques, nous avons aussi un système de Fast response team qui permet d'apporter des informations et des commentaires succincts sur les connaissances disponibles sur tel ou tel sujet apparaissant dans l'actualité."

    Si le réseau ne vise aucun objectif de recherche à proprement parler, il se donne cependant des missions de prospective et de veille scientifique et technologique dans plusieurs domaines – et, bien entendu, dans tous les développements des technologies émergentes. "L'attention est loin d'être concentrée uniquement sur les seules questions très médiatisées de la téléphonie. Outre les problèmes de protection générale du public à tous les niveaux de la vie domestique et urbaine, nous voulons mettre au premier plan l'accent qui doit être davantage porté aux effets et aux risques sanitaires dans une très large gamme des occupations professionnelles, qu'elles soient industrielles, médicales ou dans d'autres activités de service. Un autre aspect important est la problématique de la perception et de la communication des risques."

    • Contact
      Paolo Ravazzani, Istituto di Ingegneria Biomedica, Consiglio Nazionale delle Ricerche
    • En savoir plus
      EMF-NET (Effects of the exposure to EMF: from science to public health and safer workplace)
      GSM (Global System for Mobile communication).

    Ces trois initiales, nées il y a près de 20 ans, concrétisent une longue et persévérante success story de l'Union. Cette réussite est le fruit d'une volonté de coopération constructive et intense entre les entreprises technologiques de la téléphonie et de l'électronique (établie dans le cadre de l'initiative EUREKA), les organisations nationales de télécommunication des pays européens et les institutions de l'UE (Commission, Conseil et Parlement européen). Tous ces acteurs ont largement contribué à la réussite des efforts d'harmonisation nécessaires pour que la norme GSM puisse s'épanouir sans se heurter aux obstacles des frontières. La téléphonie cellulaire GSM dessert aujourd'hui 1,3 milliard d'usagers dans le monde.

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