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L'œil de CorvajaVisages, paysages, moments saisis dans une foule, arbres et villes… Les photographes nous ont habitués à ces sujets. Il en va tout autrement pour Stéphane Corvaja, franco-italien, passionné depuis l'enfance par l'espace et les "machines" liées à sa prospection. Tout commence lorsqu'il visionne, un peu par hasard, un film et des photos des missions Apollo. "J'avais 7 ans et ce fut un réel choc." Corvaja est fasciné par l'immensité du cosmos et la volonté des hommes de s'y aventurer et de le comprendre. Il sera photographe et commencera par travailler à Kourou, au service optique du centre spatial guyanais, en 1989. On se trouve alors dans une époque d'intense activité pour Ariane – huit opérations par an, à chaque fois plus de 3 000 photos. Corvaja sait combien les lancements se ressemblent et quelles astuces doivent être développées pour mettre en valeur, à chaque fois, ce moment pourtant unique. Un angle, une lumière… Négocier avec les services de sécurité pour se trouver au bon endroit, au bon moment: "Il faut toujours être à l'affût et profiter de tous les instants pour capter l'image qui fera la différence. Il faut être patient. Lorsqu'un événement de campagne est prévu, il faut arriver à l'avance et repartir en retard, sinon on rate plein de choses."
Corvaja, responsable du service photographique de l'ESA, vient de remporter les trois premiers prix de la catégorie espace décernés par le magazine américain Avion week & Space pour les meilleures photographies 2004. La plus impressionnante : la verticalité pleine de promesses du lanceur de Rosetta.
Au sud de la recherche
 | Promastigote de Leishmanie © IRD/Christian Bellec | La recherche, l'expertise, la formation. Ces trois missions de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) font de cet organisme français un partenaire privilégié des pays de l'hémisphère Sud, mais également un "intermédiaire" permettant (aux enseignants, aux chercheurs, au grand public) de mieux connaître ces régions. L'IRD met ainsi à la disposition des professeurs des dossiers pédagogiques synthétisant des problèmes scientifiques qui intéressent une grande partie de la planète : l'activité volcanique, les ressources en eau douce, les maladies virales émergentes, etc.
D'autres thèmes font se rencontrer les différentes régions du monde, comme un "état des lieux de 19 métropoles" qui permet de comprendre le phénomène urbain (architecture, mentalité des habitants, politiques publiques, ségrégation…) de villes aussi différentes que Sao Paulo ou Moscou, Paris ou Delhi, Montréal ou Johannesbourg. L'IRD propose également des fiches scientifiques, très explicites et très complètes, qui expliquent les recherches les plus récentes sur des phénomènes atteignant principalement les régions en développement. Exemple : les leishmanioses, ces maladies parasitaires qui atteignent un demi-million de personnes chaque année et nécessitent des traitements hospitaliers difficiles à effectuer dans la plupart des régions où elles sévissent. De nouvelles recherches, menées notamment par des scientifiques du CNRS (FR) et des chercheurs de l'IRD en Amérique du Sud, permettent de solides espoirs grâce à des travaux ethnopharmacologiques.
D'autre part, l'IRD a lancé le site Sida@pilote, qui s'adresse à des jeunes de 15 à 25 ans, à partir duquel ceux-ci peuvent trouver une réponse à leurs questionnements. Une manière d'en savoir plus sur l'état de la recherche, mais également d'échanger des informations et des pratiques à ce sujet. Le site a rapidement permis de dépasser son thème initial pour déboucher sur des questions sur l'environnement, les maladies de la pauvreté, les moyens de lutte contre ce fléau.
Notons encore que l'IRD publie Sciences au sud, un journal bimestriel qui analyse les principaux travaux de recherche menés par l'Institut dans un langage clair et accessible aux non spécialistes.
En savoir plus
(Site bilingue français-anglais, mais avec une grande majorité de documents publiés en français)
Le dictionnaire de la culture scientifique7 000 articles, 5 000 notices, 2 000 biographies, des centaines d'illustrations, des traductions en anglais de tous les termes, et une approche interactive qui vous lance d'un mot à l'autre avec une multiplicité de liens pour explorer davantage.
S'adressant en premier lieu aux lycéens et aux étudiants, mais offrant également des modes d'accès "professionnels" et "grand public" (culture scientifique), le Dictionnaire interactif des sciences et des techniques, publié par les Editions de l'Analogie, est accessible sur CD-Rom (68€) et par Internet, avec une formule d'abonnement annuel (25€). L'achat du CD-Rom se double d'une inscription aux services personnalisés en ligne.
Ce dictionnaire est "né de la volonté d'appliquer au domaine des sciences et des techniques la méthode analogique mise en œuvre par Paul Robert, dans le dictionnaire de langue française qui porte son nom. Cette méthode consiste à utiliser les associations d'idées ou analogies pour enrichir les articles et les relier entre eux." Elle permet, à partir d'un concept, de le situer dans un contexte plus large et d'offrir une véritable dimension culturelle au savoir scientifique.
Comestible et comBUStible
 | | Recycler l'huile alimentaire… dans un moteur | A Valence (ES), un bus municipal sur deux (200 véhicules) circule… à l'huile domestique usagée. Cette innovation s'inscrit dans le projet européen Ecobus, soutenu par le programme Life Environment. Un système de collecte de l’huile végétale utilisée est opéré dans 600 établissements : 528 cafés, restaurants et caterings, 42 hôtels, 30 écoles et hôpitaux. Tous ces "donneurs", signalés par un sigle Ecobus, reçoivent un conteneur ad hoc. Retraitées dans une unité de transformation, les huiles alimentaires entrent dans 5 à 30% du mélange diesel/ecodiesel. Un contrôle très strict de leurs différentes émissions (CO, CO2, HG, NOx, etc.) et de leurs performances, notamment sur le plan de la consommation, est opéré régulièrement. Ce projet pilote est étudié sur trois angles : les effets environnementaux, les coûts et la rentabilité.
Le succès de cette opération est largement dû à une campagne de sensibilisation tonique auprès des habitants. Slogan fédérateur : "les huiles usagées sont notre comBUStible". Des séances d'information ont eu lieu dans les écoles, des publicités placées dans les abribus, des écobus décorés ont sillonné la ville, des expositions ont permis d'expliquer l'intérêt de l'opération. Tout ceci a permis de récolter très rapidement l’accord des "donneurs" potentiels et de récolter beaucoup plus de combustible potentiel que prévu.
L'objectif des promoteurs du projet ne s’arrête pas aux frontières de Valence. Ce qui s'avère un succès ici peut tout aussi bien fonctionner ailleurs, principalement dans les pays méditerranéens où l'huile végétale fait partie des traditions culinaires.
Einstein ou l'aventure de la découverte
 | | Albert Einstein et Oskar von Miller, fondateur du Deutsches Museum, Berlin, 1930 | Année mondiale de la physique, 2005 consacre également le centième anniversaire de la "wonder year" (annus mirabilis), durant laquelle Albert Einstein publie quatre articles majeurs. Le premier (qui lui vaudra le prix Nobel de physique en 1921) est une analyse révolutionnaire de la lumière, dont il estime qu'elle se comporte à la fois comme une onde et comme un flux de particules. Le second, sur le mouvement brownien, apporte une preuve théorique de l'existence des atomes et des molécules. Le troisième concrétise la rupture avec la physique de Newton en considérant que l'espace et le temps sont relatifs. Le quatrième, qui consacre la relativité restreinte, révèle la formule universellement connue : E=mc2.
L'exposition du Deutsches Museum propose un parcours historique permettant de pister l'aventure scientifique d'Einstein à travers ses intuitions, ses découvertes, les différentes étapes des travaux qui ont mené au développement de la théorie de la relativité et de la théorie quantique. Ce trajet ne s'arrête pas à Einstein lui-même et présente les retombées scientifiques de ses idées et les nouvelles notions sur le temps, l'espace ou encore la causalité qu'elles ont entraînées. Il y a quelque chose d'Einstein dans les manières actuelles d'appréhender la naissance de l'Univers, mais également dans les lasers, la microélectronique, les GPS et les recherches sur l'atome. Einstein fut incinéré, mais son cerveau conservé, et analysé sans que l'on ne lui trouve des "dimensions" particulières.
"Je suis un solitaire qui aime l'humanité", disait ce génie qui était tout sauf un scientifique hors de son temps. L'exposition de Munich éclaire la façon dont il s'est situé dans l'histoire, intéressé à la politique, a refusé les conventions et les idées reçues ("il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome"). Enfant dyslexique, considéré comme un "très mauvais esprit", il claqua la porte de son collège pour préparer en solo le concours d'entrée à l'école polytechnique (le déjà célèbre ETH) de Zurich. Il commença très pragmatiquement par gagner sa vie à l'Office des brevets de Berne, ce qui lui laissait l'esprit libre pour explorer ses propres idées. Juif et pacifiste dans l'Allemagne des années trente (il est alors président de la Ligue des Droits de l'Homme), il partira aux Etats-Unis durant l'hitlérisme et deviendra citoyen américain en 1940. Ben Gourion lui aurait demandé d'être président d'Israël, mais le défi lui semblait impossible : "sans coopération honnête avec les Arabes, pas de paix ni de prospérité".
On sait son goût pour le violon, le peu d'estime qu'il accordait aux femmes, et le sens de la formule qui traverse les innombrables citations que l'on peut trouver de lui sur de nombreux sites Internet. S'il fallait en retenir une… "Le hasard, disait-il, c'est Dieu qui se promène incognito."
The Adventure of Discovery. Albert Einstein and 20th Century Physics.
Deutsches Museum – Munich – 7 mai au 31décembre 2005
Le CIRS : un portail vers la scienceQuatre langues ouvrent ici les portes de la recherche : l'anglais, l'espagnol, le français et l'arabe. Les informations et les liens sont recensés par le Centre international pour la recherche scientifique (CIRS) qui se présente comme "le seul service d'utilité publique, entièrement gratuit et ouvert à tous, diffusant l'information scientifique au plan international." L'information se décline en différents "chapitres" très clairs: de petits textes sur l'actualité scientifique, des informations sur les chercheurs (prix, découvertes), des références aux journaux et aux ouvrages scientifiques, des liens vers les organismes scientifiques, les académies des sciences, les universités et les centres de recherche, les bibliothèques spécialisées. Le CIRS travaille "en temps réel" et au niveau mondial, remettant sa base de données à jour en permanence et comptant sur la collaboration d'un réseau planétaire de correspondants qui relèvent les informations sur la science. Tous les sujets de recherche sont les bienvenus, dans tous les domaines, dans toutes les langues et "la seule condition pour être référencé est d'avoir une activité purement scientifique". L'objectif : faciliter l'accès aux sources d'informations qui peuvent aider les spécialistes, les chercheurs, les étudiants ou les simples "curieux de science".
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