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RDT info logoMagazine de la recherche européenne N° 45 - Mai 2005    
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 SOMMAIRE
 EDITORIAL
 La logique du "bond en avant"
 Profil du septième programme-cadre
 L’avant-poste oriental de l'Espace européen de la recherche
 Naissance d'une recherche dopée par l’Europe
 Out of Africa
 Les campylobactéries mises en examen
 Rendez-vous des mondes lointains
 Sortir de prison. S'en sortir?
 Les chercheurs au-devant de la scène
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RECHERCHE CHYPRIOTE
Title  La tradition agronomique

C’est un gros criquet de l’espèce Schistocerca gregaria,à la robe gracieusement ornée de pourpre, qui pointe une paire d’antennes inquisitrices. Sans doute peste-t-il contre le sort qui l’a fait naître dans cette cage de verre alors qu’à l’extérieur, baignés par le soleil chypriote, poussent citronniers, vignes, légumes... Mais s’il est là, c’est qu’il y a quelques mois ses congénères, débarqués d’on ne sait où, ont entrepris de festoyer sur ces délices végétaux. Et pour trouver une parade à cette invasion impromptue, les agronomes de l’Institut de Recherche Agronomique (ARI) ont aussitôt mis sur pied un prolifique élevage…

Les Schistocerca gregaria sont dans le collimateur des chercheurs de l’ARI. Ces insectes, familièrement appelés Desert Locust, envahissent les régions sèches, principalement d’Asie et d’Afrique. Ennemis des récoltes, ils s’adaptent à de nombreux environnements et se reproduisent à une vitesse vertigineuse.
Les Schistocerca gregaria sont dans le collimateur des chercheurs de l’ARI. Ces insectes, familièrement appelés Desert Locust, envahissent les régions sèches, principalement d’Asie et d’Afrique. Ennemis des récoltes, ils s’adaptent à de nombreux environnements et se reproduisent à une vitesse vertigineuse.
Cette capacité à réagir rapidement à l’apparition de nouveaux problèmes est caractéristique de l’ARI, un des fleurons de la recherche chypriote. Fort de quelque 70 scientifiques, à l’origine de plusieurs centaines de publications, centre d’excellence de l’Union depuis plusieurs années, l'Institut diversifie ses compétences dans de nombreux domaines liés à l’agronomie et à l’environnement. Par exemple dans la gestion de l’eau, un enjeu régional majeur en matière de développement durable. "Cela fait des années qu’il n’y a plus une goutte d’eau d’irrigation qui circule à ciel ouvert dans l’île, affirme avec fierté Ioannis Papadopoulos, directeur de l’Institut. Tout est dans des tuyaux, et les systèmes de distribution aux plantes utilisés sont systématiquement les plus économes, de type goutte-à-goutte. Nous avons une efficacité de transfert d’eau qui dépasse 90%." Un chiffre bien supérieur à celui de la plupart des grands pays agricoles de l’Europe tempérée.

On s’intéresse aussi, à l’ARI, a tout ce qui fait l’actualité agronomique des pays qui bordent la Méditerranée : utilisation d’eaux salines ou usées, gestion des problèmes de métaux lourds qui en découlent, détermination des besoins hydriques précis des différents végétaux, etc. Ces études se mènent souvent dans le cadre de programmes européens, tels que Hortimed ou Irrisplit. L’Institut s’efforce également de suivre les domaines innovants. La biologie moléculaire est couramment utilisée – les chercheurs de l’ARI sont, par exemple, en train de développer un cheptel de moutons et de chèvres de races locales homozygotes pour un gène de résistance à la "tremblante" (ou "scrapie"), cette maladie apparentée à l’ESB particulièrement redoutée par les éleveurs.

L’agriculture biologique fait également l’objet de différents programmes. "Cela fait plusieurs années que l’ARI s’efforce de répondre à la demande sociétale de réduire les pesticides, à la fois pour des questions environnementales et de sécurité alimentaire", explique Nicos Ioannou, directeur du département de la Protection des plantes à l’ARI. Pas facile, dans ce climat chaud où les ravageurs prospèrent – chaque culture majeure de l’île a son destructeur propre, sinon plusieurs. La stratégie consistant à élever des insectes utiles a trouvé ici d’intéressantes concrétisations, bien adaptées au climat local et permettant de réduire considérablement les traitements chimiques. Ainsi une chenille mineuse particulièrement nocive pour les agrumes, Phyllocnistis citrella, serait à présent mal avisée de s’établir à Chypre : ses quatre principales guêpes parasites y ont été implantées et continuent à être élevées dans les laboratoires de l’ARI. Les insectariums des chercheurs recèlent également certains acariens (Phytoseiulus persimilis) et coléoptères (Orius sp.) prédateurs de différents ravageurs.


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    La recherche chypriote bénéficie de l’aide de la Research Promotion Foundation, créée en 1996. Cette organisation non gouvernementale, quoique fondée par l’Etat et reposant sur son aide financière, est sous l’autorité d’un comité directeur indépendant. Ceci lui confère une grande souplesse, à l’aide de laquelle elle s’efforce de promouvoir et faciliter la recherche scientifique de multiples façons. La RPF finance directement certains projets, via le lancement d’appels d’offres. Quelque 20 millions de CYP(1) seront ainsi attribués pour la période 2003-2005. La Fondation facilite également les contacts des chercheurs avec les grands programmes européens (programme-cadre, COST, Eumedis), non sans promouvoir aussi des accords bilatéraux (notamment avec la France, l'Autriche, la Slovénie et l'Allemagne). Elle s’efforce, enfin, d’entretenir des relations avec les chercheurs chypriotes en activité à l’étranger, afin d’utiliser leurs compétences et leurs réseaux pour faciliter les travaux de leurs compatriotes.

    (1) La livre chypriote (CYP) vaut actuellement (mai 2005) 1,7 €.

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