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La connaissance, levier de la croissance"Si nous voulons avoir une chance d’atteindre les objectifs de Lisbonne, il faut agir avec détermination pour que la connaissance soit au cœur de la politique compétitive de l’Europe".
C’est pourquoi Janez Potočnik, spécialiste reconnu de l’analyse économique et du développement et nouveau Commissaire à la science et à la recherche, plaide pour que "l’initiative d’un Pacte pour la connaissance mise au service de la croissance soit lancée dans le cadre des propositions de la Commission pour redynamiser cette stratégie de Lisbonne."
L'ambition est de stimuler conjointement la création des connaissances par la recherche, leur diffusion par l'éducation et la formation, et leur mise en valeur innovante. Un tel pacte fixerait un certain nombre de priorités concrètes auxquelles s'engageraient l'Union et les Etats membres. Ces priorités embrasseraient des avancées micro-économiques ciblées sur des thèmes bien identifiés et les stratégies d'investissement correspondantes. Elles uniraient le souci primordial de la compétitivité et les impératifs de durabilité environnementale et sociale placés au cœur du modèle sociétal européen. Dans cette perspective, Janez Potočnik entend s'appuyer sur le rôle que peuvent jouer les plates-formes technologiques existantes ou en préparation. Les fondements de ce pacte seront discutés au Sommet européen de Luxembourg, en mars 2005.
Financements mobiles pour chercheurs mobilesDouze conseils européens de recherche, regroupés dans Eurohorcs, viennent d'adopter une mesure attendue pour favoriser la mobilité des chercheurs. Un obstacle important est, en effet, constitué par le fait que ces derniers, lorsqu'ils souhaitent mener des travaux à l'étranger, en sont empêchés par l'interruption des financements dont ils bénéficient dans leur institution scientifique d'origine. Ce premier noyau d'organismes a donc signé une convention prévoyant que les crédits accordés à un chercheur dans l'un d'eux puissent l'accompagner quand il est accueilli dans une autre entité du réseau. Les promoteurs de cette innovation espèrent qu'elle sera étendue à d'autres organismes et pays.
Les maths, avec et sans bosseCette année, les Finlandais arrivent en tête de l'enquête sur les "savoirs acquis par les élèves de 15 ans", menée, en 2003, par le programme Pisa (Programme for International Student Assessment) et centrée cette fois sur les mathématiques. Ils étaient déjà les meilleurs dans l'édition précédente (2000), où les questions étaient focalisées sur la compréhension de l'écrit – la "lecture" au sens profond du terme. Désormais incontournable, conduite sous la houlette de l’OCDE, l'enquête Pisa concerne plus de 250000 élèves dans 41 pays.
Pour la "bosse des maths", la Corée, Hong-Kong et le Japon talonnent la Finlande. Les tests proposés visaient notamment à mesurer de quelle manière les élèves étaient capables d'élaborer et d'appliquer des modèles mathématiques pour accomplir des tâches courantes. Sur ce plan, les plus "débrouillards" sont les Belges, les Coréens et les Japonais: ils réussissent des exercices correspondant à un niveau 6, alors qu'un quart des jeunes ne dépassent pas le niveau 1 aux Etats-Unis, en Italie et au Portugal.
Mais l'intérêt de cette enquête réside surtout dans les leçons que l'on peut tirer des performances ou des insuffisances révélées. Le niveau de vie, par exemple, n'est pas nécessairement gage de réussite, même si la majorité des pays industrialisés a de bons résultats.
Les pays qui dépensent le plus pour le système éducatif ne sont pas automatiquement les plus performants et un très bon rapport "qualité-prix" semble apparaître en Australie, en Belgique, au Canada, au Japon, aux Pays-Bas et en République tchèque. Les élèves de milieux culturellement favorisés s'en sortent généralement mieux, mais les écarts ne se ressentent pas partout de la même manière et certains pays redressent la barre de l'égalité. Les moins équitables semblent être l'Allemagne, la Belgique, la Hongrie et la République slovaque. Selon l'origine sociale, les bons résultats varient également d'une école à l'autre, avec une égalité plus largement partagée au Canada, en Europe du Nord, en Irlande et en Pologne. Dans ce pays, notamment, les écarts se sont réduits et les performances améliorées depuis 2000 "grâce à la vaste réforme à laquelle le système éducatif a été soumis en 1999".
Enfin, un dernier facteur clé est la qualité des rapports élèves/enseignants (et l'investissement de ces derniers), les "règles disciplinaires constructives" et "un intérêt dénué d'anxiété pour les mathématiques". Ce problème d'intérêt et "d'anxiété" face aux maths caractérise en tout cas davantage les filles que les garçons, alors qu'elles étaient meilleures que ces derniers dans la précédente enquête "lecture". Cette "fracture du genre" est préoccupante "car elle se reflètera dans les études et la profession vers lesquelles elles choisiront plus tard de s'orienter", notent les rapporteurs. Plus généralement, la moitié des élèves disent s'intéresser à ce qu'ils apprennent en math, mais seulement 38% déclarent qu'ils font des maths par plaisir…
Innovation et investissements en R&DDans l'édition 2004 du Tableau de bord européen de l'Innovation (EIS), la Finlande et la Suède ont consolidé leur statut de pays les plus innovants de l'Union, certains de leurs indicateurs dépassant même les niveaux américains et japonais. Par rapport à la moyenne européenne, l'Allemagne et le Danemark font également un bon score. Aux Pays-Bas, en Irlande et en France, la progression des performances ralentit par rapport aux années précédentes.
Celle des dix nouveaux pays membres de l'Union est très encourageante – en particulier l'Estonie et la Slovénie –, leur situation de départ étant forcément plus faible. Leur prise en compte affaiblit, évidemment, les indices moyens de capacité innovante de l'Union, même si ceux-ci sont, globalement, en progrès au cours des huit dernières années. Comparé aux performances croissantes des indicateurs aux Etats-Unis et au Japon sur le terrain des brevets, des qualifications des ressources humaines et des dépenses de R&D, le différentiel s'accroît.
Parmi les indicateurs préoccupants, ceux du Tableau de bord des investissements industriels en R&D des 500 premières entreprises européennes, portant sur l'année 2003, constituent, en outre, un cru très médiocre, avec une chute de 2% de ces dépenses par rapport à l'année précédente. La baisse a, notamment, été marquée pour 12 des compagnies "EuroTop". En compensation, des dépenses accrues dans la recherche ont été obtenues dans quatre secteurs de pointe – automobile, pharmacie, biotechnologies, technologies de l'information et équipements électriques –, qui représentent les deux tiers des investissements industriels en R&D. On note la focalisation géographique de ces investissements dans les pays où les entreprises ont leur siège social. L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni concentrent ainsi les trois quarts des efforts de recherche industrielle.
Si, dans sept des top dix secteurs en matière d'investissement, le groupe des 500 a un ratio R&D/chiffre d'affaires équivalent aux niveaux des USA et du Japon, cet indicateur est cependant beaucoup plus faible à un niveau global (tous secteurs confondus). Il est de 3,2% dans l'Union, contre plus de 4% chez ses deux grands compétiteurs.
Deux nouvelles plates-formes technologiquesDe l'animal à l'homme L'enjeu de la santé animale s'impose sur les plans médical et sanitaire, économique et éthique. Soutenue par trois Directions générales de la Commission (Recherche, Santé et protection des consommateurs, Développement), en particulier pour le développement de nouveaux tests et vaccins, la plate-forme "Santé animale globale" a été lancée en décembre 2004. Elle associe d'une part une large communauté scientifique interdisciplinaire et, de l'autre, l'industrie alimentaire, vétérinaire et biotechnologique, les éleveurs, les autorités de réglementation.
Fabrique du futur Début décembre, la Commision a apporté son soutien à la création de la plate-forme Manufuture, dont l'objectif est de permettre des initiatives de R&D ciblées sur les progrès des procédés de fabrication dans tous les domaines industriels.
UE/Inde : un partenariat de la connaissanceCe nouveau partenariat, signé à la fin 2004, constitue une première "historique" entre l'Union et ce pays émergent – et démocratique – qui occupe désormais une place de premier plan sur la scène mondiale. Ce renforcement des liens, qui implique des volets politiques et commerciaux, accorde aussi une place primordiale à la coopération scientifique et technologique. Nanoscience : l'ADN ‘velcro’Une équipe scientifique allemande a réussi à créer ce qu'elle baptise l'ADN velcro. Jusqu'ici, on parvenait à attacher des nanoparticules d'or à des brins d'ADN, une technique permettant de construire des nanostructures fonctionnelles. Les chercheurs ont trouvé le moyen de les séparer, ce qui ouvre la voie pour introduire une flexibilité nouvelle dans les "jeux de Lego" nanotechnologiques et l'espoir d'arriver à des matériaux "autoconstruits".
Médicaments : les priorités de l'OMSPriority Medicines for Europe and the World : le rapport publié à la fin de l'année dernière par l'Organisation mondiale de la santé, en coopération avec l'UE, est d'une importance considérable pour les orientations futures dans le domaine de la santé publique à l'échelle mondiale, ainsi que dans les options de recherche du prochain programme-cadre. La liste des médicaments prioritaires en Europe et dans le reste du monde tient compte du vieillissement de la population européenne, de la progression des maladies non transmissibles dans les pays en développement et des maladies qui persistent malgré l'existence de traitements efficaces. Il cerne aussi l'indifférence des lois du marché à l'égard de plusieurs pathologies primordiales – notamment infectieuses – pour lesquelles les capacités de soins sont largement insuffisantes aujourd'hui. Tuberculose : avancée médicamenteuseUne équipe du centre de recherche Johnson & Johnson’s (BE) a élaboré une molécule qui inhibe Mycobacterium tuberculosis, l'agent microbien de la maladie. "Le mécanisme d'action de ce médicament est nouveau et agit sur les lignées de tuberculose dont la résistance à plusieurs médicaments a été vérifiée", affirme Andries Koen, coordinateur.
Les Européens et le nano-avenirD'août à octobre 2004, le réseau thématique européen Nanoforum a procédé à un sondage en ligne sur le développement des nanotechnologies. L'enquête portait sur leur impact, la situation comparative de l'Europe à l'échelle mondiale, les questions de financement et d'infrastructures, ainsi que les éventuelles préoccupations de société et de santé posées par ce développement. 700 réponses, récoltées dans 32 pays, ont été recueillies au sein de la communauté scientifique, du monde des entreprises, mais également auprès de journalistes et d'autres observateurs.
90% des professionnels consultés confirment l'attente, à l'horizon d'une décennie, d'un impact industriel majeur et 80% considèrent que les transformations sociétales seront importantes. Les trois quarts estiment que l'Europe est à la traîne des Etats-Unis, à la fois au niveau de la recherche scientifique et des applications industrielles. Ils appellent à une augmentation significative du financement des recherches interdisciplinaires et des infrastructures européennes dans ce secteur et émettent la crainte d'un manque de ressources humaines qualifiées. La chimie, les matériaux, les technologies TIC, la médecine, les technologies sont désignées comme les domaines porteurs essentiels. En ce qui concerne les préoccupations d'impact sur la santé, l'environnement et la sécurité en général, l'évaluation des risques doit, à un stade précoce, faire partie intégrante des recherches. Un point souligné est la communication et l'information nécessaires du public. 87% des sondés sont ainsi favorables à l'adoption d'un "code de bonne conduite", dans le contexte d'une large et souhaitable coopération avec les pays développés et en développement.
Science & Société : le grand débatIl aura lieu du 9 au 11 mars 2005, à Bruxelles. Six cents participants, représentant la communauté scientifique, le monde politique et la société civile sont attendus à ce forum. Au menu des débats : science, société et stratégie de Lisbonne; science, technologie et démocratie; la culture de la communication scientifique; débats publics, procédures participatives et ciblage des différents groupes sociaux, etc.
Au cours du Forum, une discussion sera engagée sur l'évaluation à mi-course du Plan d'action communautaire Science et Société, établie par un groupe indépendant d'experts.
Recherche & Innovation: le grand salonEn coopération avec la Commission, la France organisera, du 3 au 5 juin 2005 à Paris, le premier Salon Européen de la Recherche et de l’Innovation. Cette manifestation ambitieuse vise à offrir au grand public un vaste panorama des acteurs européens de la recherche et de l’innovation et de leurs découvertes et inventions les plus récentes. Ce grand rassemblement – où se mêleront des chercheurs, universitaires, ingénieurs et entrepreneurs agissant aussi bien dans les institutions publiques que privées, à l’échelle européenne ou locale – sera également une vitrine attrayante, susceptible à la fois de susciter des vocations scientifiques et techniques parmi les jeunes générations en leur présentant l’ensemble des carrières de la recherche et des possibilités de recrutement, de donner de la visibilité aux startups et aux jeunes chercheurs, et d'inspirer des partenariats et des associations.
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