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RDT info logoMagazine de la recherche européenne N° 44 - Février 2005   
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 SOMMAIRE
 EDITORIAL
 Le chercheur et la société ou la double vie d'un physicien-citoyen
 Les “Nobel” en équipe de l’Europe
 Coup de pouce aux jeunes pousses
 Quel est le propre de l'homme?
 Les dessous de la violence
 Autour du 112
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Le média de l'eurogénération

Café babel
Café babel vaut le détour. Et porte bien son nom. Un café, un endroit chaleureux, où traînent des journaux suspendus à des tiges de bois, comme cela se pratique dans le centre de l'Europe. Où l'on peut éventuellement entamer la conversation, comme cela se passe autour de la Méditerranée. Un espace européen qui se décline en six langues (allemand, anglais, espagnol, français, italien et catalan) et qui se veut un magazine virtuel centré sur l'actualité européenne. Pour ses promoteurs, Café babel est un espace de réflexion et d'analyse, un média indépendant, un organe qui "contribue à l'émergence d'une opinion publique européenne."

Il est conçu par un réseau de 16 rédactions locales, situées dans une quinzaine de villes d'une dizaine de pays, travaillant dans leur langue maternelle, renforcé d'un réseau de plus de 350 collaborateurs bénévoles – dont une sérieuse équipe de traducteurs – qui croient tous aux vertus de l'Europe et de la communication.

Café babelse veut le symbole d'une eurogénération qui se réveille, ou peut-être veut-il réveiller l'eurogénération. Son équipe infatigable lance des débats virtuels sur les "grands thèmes" et l'actualité qui prête à réflexion  (la constitution européenne, le clonage, les élections en Ukraine, les petits pays et l'élargissement, l'immigration). Les auteurs viennent d'un peu partout et l'on y trouve des points de vue qui peuvent étonner, détonner, interpeller ou surprendre. Les idées s'entrecroisent, lancées de Padoue, Berlin, Barcelone, Paris, Varsovie, Rome… Ou alors c'est un point de vue solitaire qui se fait entendre, comme celui d'Andrea Fialkova, intitulé "Le mythe des hordes venues de l'Est". Une étudiante en sciences politiques et relations internationales à l'université Charles de Prague qui met le doigt sur la paranoïa, côté emploi, que peuvent ressentir les Européens de l'Ouest. Un point de vue. Chacun peut lui répondre…

Ce site représente aussi une mine d'information, avec des textes rassemblés sous le titre "dossiers caféine", ou "orient espresso", sans que l'on sache très bien la différence. Et, pour ceux qui préfèrent des rencontres plus tangibles, Café babel organise des coffee stormings concrets, à travers des rencontres-débats, en espace-temps réel, dans différentes villes européennes. Il suffit de monter sur le site pour savoir ce qui se trame près de chez vous.


L’espace ? Un jeu d’enfant…

Logo ESA-kids
Comment fonctionne tout ce qui commence par le préfixe "télé" – téléphone, télévision, télécommunications ? Pourquoi la météo est-elle de plus en plus fiable à "long" terme ? Esa Kids est un nouveau site (en six langues) proposé par l’Agence spatiale européenne aux enfants et adolescents. On peut y cliquer sur différentes chroniques : Notre Univers, La vie dans l’Espace, Décollage, l’Espace est utile… Pour ceux qui ont envie de rester sur Terre, on découvre les changements de climat, les catastrophes naturelles, l’importance de l’eau. Pour ceux qui ont envie de décoller dans l’espace, on en sait plus sur les journées des astronautes qui sont "en route" une douzaine d’heures par jour, prennent trois repas, font au moins deux heures d’exercice physique, s’occupent du ménage et des ordures, correspondent par e-mail avec leur famille. On se pose des questions sur la vie, qui pourrait exister sur certaines des lunes de Jupiter, par exemple Titan, qui ressemble à la Terre, en plus froid (un clic, et on comprend mieux). Entre Terre et ciel, du côté des choses sérieuses, on trouve notamment des informations sur la façon don les images satellites peuvent guider les missions humanitaires. Exemple : dans la région du Darfour, au Soudan, environ 1,5 million de personnes vivent dans des camps de réfugiés disséminés dans une zone grande comme la France. Un groupe soutenu par l’ESA, Respond, utilise des images satellitaires pour la production de cartes qui permettent à diverses organisations, telle la Croix-Rouge, d’intervenir où il le faut et de suivre les mouvements des populations. Les cartes donnent des informations précieuses sur les routes praticables, les zones inondées, le niveau de végétation, sur les ressources en bois, indispensables à la survie…

Pour les plus petits, des puzzles interactifs permettent d’apprendre en jouant. Les enseignants peuvent aussi y trouver des informations « attractives » et intelligentes, à partir desquelles en dire plus, comme une carte de la pollution de l’air au niveau mondial, sur base de 18 mois d’observation via le satellite Envisat, qui montre que le niveau du dioxyde d’azote est bel et bien, pour ceux qui en douteraient encore, lié aux activités humaines.


Le virtuel à l'école

Le virtuel à l'école

Passer de l'éducation de l'âge industriel à celle de l'ère de l'information… Tel est l'objectif d'un cursus intitulé Science across the World, proposé aux futurs enseignants par l'Educational Faculty d'Amsterdam (EFA). Les étudiants apprennent à travailler ensemble, correspondre via Internet avec des élèves d’un peu partout, se former aux mystères des présentations Powerpoint et même imaginer des scénarios convaincants pour persuader des responsables d'établissements scolaires, ou d'autres instances éducatives, de tenter cette approche pédagogique.


Google cible la science

Logo Google - Scholar -
L'un des moteurs de recherche les plus utilisés au monde vient de lancer un outil spécifiquement conçu pour l'accès aux informations scientifiques. Destiné aux chercheurs et aux étudiants, scholar.google.com/  est dédié à la recherche de documents on ne peut plus pointus : articles, thèses, rapports techniques, abstracts, citations, etc.  Le "fonds" vient des laboratoires de recherche, hautes écoles, universités, revues spécialisées. La page de résultats donne l'auteur du document, des liens, des sources où il est disponible, ses versions successives existant sur Internet.

Anurag Acharya, ingénieur porteur de ce projet, d'origine indienne, dit connaître les problèmes d'un étudiant en quête d’informations qui ne trouve dans les bibliothèques de son entourage que des grimoires obsolètes – ou rien. Scholar devrait donner accès à la littérature scientifique universelle… Grâce à la coopération des milieux académiques et scientifiques, ainsi que des éditeurs, comme Nature, the Institute of Electrical and Electronics Engineers ou la Online Computer Library Center.

Mais au fond, d'où vient cette étrange appellation "Google" ? Sergey Brin et Larry Page, ses deux créateurs l'ont baptisé ainsi en hommage au nombre googol, soit 1 × 10100 (10 à la centième puissance - le chiffre 1 suivi de 100 zéros). Et pourquoi googol ? Ce nombre a été imaginé par le mathématicien Edward Kasner qui, ne sachant comment l'appeler, a demandé à son neveu de neuf ans de lui trouver un nom. Ainsi fut fait. Googol est symbolique du nombre de pistes que pourrait un jour livrer Google


Le monde de (et selon) Franquin

Le Marsupilami
Franquin ? Le Marsupilami, Spirou et Fantasio, le professeur Champignac, ce savant fou, Gaston Lagaffe, inventeur du quotidien… Les héros d’André Franquin, l’un des talents de la bande dessinée belge, sont exposés jusqu’à la fin de l’été à la Cité des sciences et de l’industrie (Paris). Franquin, ce sont autant d’expériences farfelues, de machines possibles ou impossibles, de technologies innovantes à leur manière mais qui n’étaient pas laissées au hasard. Lecteur de revues de vulgarisation scientifique de haute tenue, ce créateur d’un monde un peu fou se documentait passionnément sur … tout ce qui pouvait engendrer de nouvelles idées.

L’exposition trilingue (français, anglais, espagnol) propose un parcours en six espaces et en six thèmes aux dénominations explicites: une vie d’artiste ; la rédaction ; la chambre noire ; l’atelier ; l’énigme scientifique ; la saga des inventions. Des centaines de dessins originaux, des objets symboliques (le bureau de Gaston, celui des gaffes, où l’on pourra voir fonctionner la machine à bilboquet, le robot tricycle et la lampe flagada à moteur) ou le gaffophone (un instrument pour lequel Franquin s’est inspiré d’une harpe africaine présentée au musée ethnographique de Tervuren, près de Bruxelles). Et puis, bien sûr, on nous invite à une plongée dans la forêt de Palombie, où se niche le merveilleux Marsupilami, entre marsupial et félidé, dont le célèbre cri (Houba…) emprunte pour la circonstance la voix même de son géniteur.

Franquin est mort en 1997. Il avait démarré sa carrière en 1944, comme animateur de dessin animé au studio CBA de Liège (BE), où il rencontrera d’autres jeunes talents, notamment le créateur des Schtroumpfs (Pierre Culliford, dit Peyo) et de Lucky Luke (Maurice de Bevere, dit Morris). Très vite, en 1957, apparaissent Gaston et le Marsupilami. Cette exposition familiale, interactive et dynamique, retrace son parcours et le propose dès le plus jeune âge. Une "aide à la visite pour les enfants non lecteurs", sous forme d’un livret qui permet un parcours ludique basé sur l’observation la création, l’association d’idées, intéressera peut-être également les plus grands. Qui n’oublieront pas de réfléchir un instant devant une série d’albums, moins connus, regroupés sous la série Idées noires qui, pour son auteur, étaient du "Gaston trempé dans la suie". Ce travail à la plume et à l’encre de chine propose un humour noir, parfois très noir, pas toujours dénué d’ambiguïté. "Je crois que c’était toujours fait pour faire rire, mais c’est fait avec méchanceté : certaines sont très méchantes, c’est évident, il y en a certainement qui se foutent de l’espoir."  L’espoir, in fine, Franquin n’en avait peut-être plus beaucoup.

L’exposition qui lui rend un hommage posthume est accompagnée de nombreuses animations. Elle se double d’une présentation en ligne qui pénètre le monde de la BD, bien au-delà des personnages de Franquin.

Le monde de Franquin - Cité des Sciences et de l’Industrie – Paris – Jusqu’au 31 août


Rechercher et montrer

Rechercher et montrer
Les musées des sciences partagent ce double pôle : un rôle scientifique, avec des laboratoires où travaillent des chercheurs. Un pôle muséal, où la science est expliquée et présentée. L’Europe compte ainsi de nombreux centres qui, souvent, sont focalisés sur les découvertes et les écosystèmes nationaux. Le musée national des sciences naturelles de Madrid emploie ainsi 52 chercheurs et 24 techniciens spécialisés, répartis en cinq départements : biodiversité et biologie, écologie, paléobiologie, géologie et vulcanologie. Le musée, où travaillent notamment des doctorants et post-doctorants, reflète ces champs de connaissances. Deux expositions permanentes, The museum museum et At nature’s rythm, présentent, entre autres, de magnifiques fossiles. Ceux-ci se retrouvent également, en plein air, dans un "jardin de rochers" très particulier. Des expositions temporaires, notamment l'une consacrée aux dinosaures, ouverte jusqu'au 20 mars, complètent la visite.

Le musée de Madrid fait partie d’un groupe de 20 musées d’histoire naturelle et jardins botaniques rassemblés dans le Consortium of European Taxonomic Facilities. Cette initiative favorise notamment l’accès aux collections et aux connaissances pour les chercheurs en sciences naturelles européens. Ce projet est soutenu par l’Union (sous le label Synthesys) en tant qu’initiative d’infrastructure intégrée.

Musée national des sciences naturelles – Madrid

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