Problèmes cardiaques, accidents de la circulation, tremblements de terre, incendies, attentats… Cent millions d'urgences médicales sont dénombrées chaque année en Europe. Comment sont gérées ces situations ? Comment fonctionnent les centres d'appels et les services médicaux des différents pays ? Les treize partenaires du projet Hesculaep, lancé dans le cadre de l'initiative ERA-NET, confrontent leurs expériences et leurs connaissances pour améliorer le fonctionnement de ces centres vitaux.
Centrale d'appel
On en use. On en abuse parfois. Si les services d'urgence européens voient défiler 300 000 arrêts cardiaques et 40 000 accidents de la circulation par an, ils accueillent aussi de nombreuses personnes dont les problèmes pourraient être résolus par une visite à un généraliste, voire un pharmacien. Comment gérer ces demandes, prévoir les "pics" d'affluence, réagir efficacement en cas de catastrophe ferroviaire, d'attentat terroriste ou de canicule? Peut-on espérer le même accueil indépendamment du pays, de la région, de la ville ou l'on vit ?
L'unique SOS commun à tous les Etats membres est le 112, ce numéro d'appel à composer sur un téléphone portable, n'importe où, à n'importe quel moment, en sachant qu'on obtiendra toujours une réponse "de proximité".
On peut néanmoins se demander pourquoi le 112 possède le monopole dans certains pays alors qu'ailleurs d'autres numéros d'appel s'y ajoutent. Une question de gestion…
Des recherches sur le management des services d'urgence sont menées un peu partout. Elles le sont parfois de manière répétitive, sans coordination et sans communication, souvent sans connaître les résultats de ce qui se fait ailleurs. C'est pour éviter cette dispersion des travaux et des intelligences et renforcer la coopération entre centres concernés par les mêmes questions qu'est née l'action de coordination Hesculaep, dans le cadre d'ERA-NET (voir box). Le projet réunit treize partenaires de huit pays (Espagne, France, Royaume-Uni, Italie, Slovénie, République tchèque, Islande, Suède). Ses membres sont des représentants de ministères et des agences de la santé, des opérateurs de services d'urgence, des hôpitaux, des organisations internationales comme l'OMS et la Croix-Rouge.
Etalonnage des performances
Intervention en montagne
Objectifs d'Hesculaep : mettre au point un processus de comparaison et d'étalonnage des performances des études nationales sur l'amélioration des services d'urgence et identifier des thèmes communs de recherche méritant d'être développés. A partir de ces évaluations, des études de faisabilité seront lancées en commun. En outre, quatre projets de recherche devraient étudier de manière plus approfondie plusieurs types d'urgences médicales, suite à de grandes catastrophes aussi bien qu’à des demandes individuelles.
De nombreuses questions se posent, en effet, aux centres d'urgence. Quelle est la taille idéale d'un centre par rapport à la population environnante ? Est-il intéressant, ou non, de concentrer les appels dans de vastes lieux uniques ? Ou comment évolue le profil professionnel des personnes qui y travaillent ? Ou encore, comment interfèrent les nouvelles technologies (système d'alerte à domicile, télémédecine, etc.) dans la gestion des centres ?
Ces questions seront largement débattues, en mars prochain, au cours d'une conférence organisée par le réseau Hesculaep . Six thèmes seront plus particulièrement analysés: les expériences des services d'urgence dans l'Union ; les centres d'appels d'urgence; les projets pilotes; les technologies de communication, telle que la télémédecine ; l'intégration des services d'urgence en Europe.
Conférence Hesculaep - Rencontre sous l'égide de l'Unesco - Paris, 14-15 mars 2005
PLUS DE PRÉCISIONS
ERA-NET
Nouveauté du sixième programme-cadre, l’initiative ERA-NET soutient la coordination de différents programmes nationaux ou régionaux de recherche, dans les domaines les plus divers. Elle s'adresse, non pas à ...
Michel Baer SAMU 92, Assistance Publique, Hôpitaux de Paris (FR)
ERA-NET
Nouveauté du sixième programme-cadre, l’initiative ERA-NET soutient la coordination de différents programmes nationaux ou régionaux de recherche, dans les domaines les plus divers. Elle s'adresse, non pas à des chercheurs, mais à des gestionnaires de programme appartenant à des organisations (ministères, services publics, agences de développement et de financement, etc.). Cette coopération permet notamment de financer la mise en réseau transnationale d'activités, l'ouverture mutuelle à des programmes, le lancement d'activités conjointes, etc. ERA-NET bénéficie d'un budget global de 148 millions € pour la période 2003-2005.